Les penalties, véritables héros de l’Euro 2025 en Suisse, ont particulièrement marqué les quarts de finale. L’Angleterre a éliminé la Suède lors d’une séance riche en erreurs plus qu’en réussites. L’Espagne a pris le dessus sur la Suisse malgré deux penaltys manqués. La Norvège s’est inclinée face à l’Italie, elle aussi en ratant un tir au but. Quant à l’Allemagne, après avoir raté un penalty en cours de match, elle a validé son ticket pour les demi-finales après une séance interminable de 14 tirs au but. Au total, 17 penalties sur 41 ont été ratés, soit un taux d’échec de 48 %, faisant de cette édition la plus pénalisée de toute l’histoire de l’Euro.
Montse Tomé, entraîneuse de l’équipe d’Espagne, explique : « Je ne sais pas ce qui se passe dans les autres sélections, mais chez nous, on a travaillé les penalties toute la semaine. Toutes les joueuses ont tiré un penalty, certaines, plus spécialisées, ont répété l’exercice les jours suivants. Pour choisir qui tire, c’est moi qui décide. Mariona est notre tireuse principale, puis on alterne selon l’état du moment avec Alexia, Aitana, Vicky, Athenea… »
Lors du match contre la Suisse, nos meilleures tireuses n’ont pas été à la hauteur. Mariona a expédié le sien au-dessus dès la 9e minute, tandis que Livia Peng a repoussé celui d’Alexia à la 90e minute. Pina, malgré sa belle frappe et ses deux buts marqués de loin, ne semble pas encore entrer dans la rotation des tireuses. « On peut rater un penalty, mais il faut garder la même mentalité et continuer à insister jusqu’à marquer », insiste Laia Aleixandri, qui rappelle avec pragmatisme : « Seules celles qui tirent peuvent les rater. » Vicky López, elle, relativise : « On les pratique à l’entraînement, mais un match, c’est différent. Un penalty raté, ça arrive. »
Le dernier penalty tiré par l’Espagne remonte à décembre 2024 lors d’un amical contre la France à Nice, où Mariona avait brillamment réussi son tir. En août, aux Jeux Olympiques de Paris, Alexia avait manqué un penalty face à l’Allemagne lors du match pour la médaille de bronze. Plus tôt dans cette même compétition, les quarts de finale contre la Colombie s’étaient soldés par une séance parfaite, où Mariona, Eva Navarro, Salma et Aitana avaient toutes transformé leur tir au but. Pendant les qualifications à l’Euro, Mariona a également raté un penalty en juin 2024 à Tenerife, quelques jours après en avoir marqué un face à la même équipe au Danemark.

La malchance aux penalties ne concerne pas que l’Espagne. Ce tournoi est clairement marqué par leur rôle décisif. Ada Hegerberg, par exemple, est la joueuse la plus en difficulté : elle a raté ses deux tentatives, une face à la Suisse lors du match d’ouverture (sans empêcher la victoire norvégienne) et une autre contre l’Italie en quarts, match qui a scellé l’élimination de son équipe. « Ce n’était pas suffisant, je n’ai rien à ajouter », a-t-elle déclaré à la télévision norvégienne.
Le match entre l’Angleterre et la Suède, réglé aux tirs au but, a été le plus marquant, avec 14 tentatives pour seulement cinq buts réussis. Peter Gerhardsson, sélectionneur suédois, a pointé du doigt le manque de tireuses habituelles dans ses rangs : « Sur une liste de 23 joueuses, peu tirent régulièrement des penalties en club. Combien sont vraiment décisives ? Au mieux une seule. »

Sarina Wiegman, coach de l’Angleterre, qualifie cette séance de « la plus chaotique » qu’elle ait jamais vécue. « À la fin, il faut évaluer qui reste sur le terrain avec la confiance nécessaire pour marquer. On a réglé ça rapidement, car c’est une tâche qui mobilise tout le staff », précise la Néerlandaise, double championne d’Europe au poste d’entraîneuse avec les Pays-Bas (2017) et l’Angleterre (2022), et bien au fait des détails qui font la différence.
Pour mémoire, l’Euro masculin de 2016 en France détient le précédent record de manque de réussite aux penalties, avec seulement 63,6 % de réussite (7 buts sur 11 tentatives comptabilisées, hors tirs au but). Le record semble donc fragilisé, voire sur le point d’être battu.
Points à retenir
- Pratiquer les penalties est une chose, les réussir en match en est une autre, surtout avec la pression et la fatigue.
- Une équipe peut compter beaucoup de joueuses mais guère plus d’une ou deux vraies spécialistes aux tirs au but.
- Les chiffres montrent que les « stars » ne sont pas à l’abri d’un loupé, même Ada Hegerberg n’a pas brillé au bon moment.
- Le chaos, cette bonne vieille compagne du football, trouvera toujours sa place dans les grands moments, surtout à 11 mètres.
- Une séance de penalties à rallonge n’est pas forcément un spectacle agréable, sauf pour les analystes ultra-fins de l’UEFA, qui peuvent s’en donner à cœur joie dans les statistiques.
En résumé, il semblerait que le football féminin européen nous offre un nouveau chapitre imprévisible sur les penalties, sorte de loterie émotionnelle où même les stars les mieux rodées peuvent faire chou blanc. Au fond, on pourrait penser que la prochaine étape serait de confier la décision à la roue de la fortune… ou mieux encore, au lancer de pièce. Mais bon, où serait le fun dans tout ça ?