La France a laissé une impression impressionnante dès le début de la Coupe du Monde, au point que même le Maroc, une équipe d’attaque débordante de talents et de confiance, paraissait battu avant même le coup d’envoi de leur quart de finale, jeudi à Foxborough, dans le Massachusetts.
Le Maroc aurait dû faire preuve d’une audace frôlant l’arrogance pour affronter la France, mais ils ont plutôt renoncé au style offensif exaltant qui les avait rendus l’une des formations les plus captivantes du tournoi.
Leur dispositif en 4-5-1, Brahim Díaz isolé en pointe, témoignait d’une prudence calculée. Peu d’équipes oseraient livrer bataille à la France, dont la vitesse en transition a été sans égal tout au long de la compétition et qui a désormais inscrit 16 buts — huit de Kylian Mbappé et cinq d’Ousmane Dembélé.
Mais le Maroc a fait plus que gérer le risque. Il est revenu à la solidité défensive qui les avait portés jusqu’aux demi-finales en 2022, plaçant sa confiance dans le gardien Yassine Bounou.
Bounou, connu sous le surnom Bono, a arrêté un penalty peu puissant de Mbappé à la 28e minute, mais l’approche du Maroc était vouée à faillir alors que la France faisait tourner patiemment le ballon autour de la surface.
Après les mots et les promesses selon lesquelles ils étaient venus pour gagner la Coupe du Monde, le Maroc n’a pas tenu son rang sur le terrain.
« Dans les phases où nous n’avions pas le ballon et les avions continuaient à le garder, nous avions le sentiment qu’ils n’étaient pas dangereux et que nous n’avions rien à craindre de cette équipe, » a dit le milieu français Adrien Rabiot. « C’était le sentiment que nous avions sur le terrain. »
Frappe enroulée
Le premier tir cadré du Maroc est venu à six minutes du terme, alors que les frappes enroulées de Mbappé et la frappe ras-de-terre de Dembélé avaient déjà scellé le match.
L’écart de deux buts ne reflétait pas pleinement l’écart entre les équipes. Rabiot et Manu Kone ont dirigé le milieu, tandis que Ayyoub Bouaddi du Maroc peinait à s’imposer et perdait trop souvent le ballon sous la pression française.
« Nous savions qu’ils pouvaient marquer plus tôt. Nous aurions aimé résister un peu plus longtemps sans encaisser, pour voir comment la France réagirait, » a déclaré l’entraîneur marocain Mohamed Ouahbi. « Je leur ai dit qu’ils devaient sortir la tête haute. »
Ce fut loin d’être le cas.
La France se qualifie pour une troisième demi-finale consécutive de Coupe du Monde, où elle croisera la Belgique ou l’Espagne. L’Espagne n’a pas encore encaissé de but dans le tournoi et représenterait un nouveau défi redoutable pour l’équipe de Didier Deschamps.
« Il ne faut pas relâcher, » a déclaré Mbappé, qui a été remplacé à la 77e minute après avoir ressenti une légère douleur à la cheville. « Il y a encore un long chemin à parcourir, et ce qui nous attend sera encore plus difficile, mais nous nous rétablirons bien. »
Rédaction Julien Pretot, révision Ed Osmond
Bon à savoir
– La France a inscrit 16 buts dans le tournoi à ce stade, dont 8 par Mbappé et 5 par Dembélé; le reste des buteurs a été distribué entre d’autres joueurs.
– Le prochain adversaire en demi-finale sera soit la Belgique, soit l’Espagne, et ce duel marquera une étape clé dans la qualification pour la finale.
– Le penalty arrêté par Bono a été une illustration du rôle crucial du gardien dans l’ouvrage défensif marocain, même s’il n’a pas suffi à changer le cours du match.
– Mbappé a été remplacé vers la fin après une douleur mineure à la cheville, une situation à suivre avant les prochains rendez-vous du tournoi.
– Le Maroc a misé sur une organisation défensive pour contenir l’adversaire le plus rapide et prolifique du tournoi, une approche qui a réduit les ouvertures, mais a aussi limité les opportunités de leur propre attaque.