Après l’arrivée d’un nouvel attaquant, le talentueux joueur turc retrouve son poste naturel et se distingue. Cependant, pour son entraîneur, « il pourrait faire mieux »
Un éclair de lumière dans la nuit sombre du Maradona. Ce n’est pas une « fusée dans la nuit », comme le dirait Spalletti, car son but n’a pas modifié le cours du match pour la Juve, qui n’a pas récolté de points. Dans ce stade dédié au plus grand numéro 10 de l’histoire du football, Kenan Yildiz, le 10 de la Juve, a tout de même été la seule satisfaction pour l’équipe de Spalletti. Une soirée qui complique sérieusement la quête des Bianconeri pour une qualification en Ligue des champions. Avec son but à la 59e minute, une merveille issue d’une action qu’il a lui-même initiée, il a franchi une étape mémorable dans son jeune parcours : il devient le deuxième joueur de la Juve (après Del Piero en 1994-95) à marquer au moins cinq buts lors de ses quinze premières apparitions en Serie A avant de fêter ses 21 ans. En prime, il revient à marquer en dehors de l’Allianz Stadium pour la première fois depuis la dernière rencontre de la saison passée à Venise et, à 20 ans et 217 jours, il est le deuxième joueur de moins de 21 ans à inscrire un but face au Napoli depuis 2000, après Pogba. Désormais, il est à égalité avec Vlahovic en tête des buteurs de la saison, avec six réalisations.
Le Test
Cependant, les débuts de Yildiz au Maradona n’ont pas été de tout repos. Aligné pour la première fois par Spalletti en tant que faux avant-centre, le même rôle qui a fait le succès de Francesco Totti sous ses ordres, il a vite souffert de la pression de Di Lorenzo et Beukema, ayant du mal à trouver sa place. Cela s’est traduit par 12 ballons perdus et seulement 40 touches de balle (moins que lui, seuls Cabal et Conceiçao parmi les titulaires). Malgré tout, il a été l’un des rares à se battre : c’est lui qui a tiré le premier, même si c’était très large, et il a réalisé les deux seuls centres dans la surface napolitaine, ainsi qu’une belle passe non exploitée par Kelly, qui était de plus hors jeu. En seconde période, libéré par l’entrée de David, il a repris le jeu et s’est retrouvé au cœur de l’action qui a conduit la Juve à l’égalisation : il reçoit la balle au-delà du milieu de terrain, échange avec Conceiçao, passe à McKennie, lui montre la voie, s’infiltre entre Buongiorno et Olivera, et inscrit un tir croisé d’une précision remarquable. Encore une fois, il prouve que le leader technique de la Juve, c’est incontestablement lui. Pourtant, cela ne suffisait pas à Spalletti. « À plusieurs moments, il était avec un homme dans le dos sans avoir la bonne sensation, et il n’a pas pleinement exploité ses qualités, » a critiqué l’entraîneur. « La décision de le remplacer ? Il y a une semaine, vous m’avez demandé s’il avait besoin de repos… À un quart d’heure de la fin, puis-je vraiment mettre Openda, un joueur pour qui nous avons dépensé 45 millions ? C’est toujours ce jeu de synonymes et d’antonymes. Yildiz n’était pas en mauvais état, mais il doit faire plus. Il a contribué avec son but, mais l’équipe a besoin d’étincelles et d’intuitions, et lui aussi doit s’en approcher. » Un éclair, donc, mais de rare intensité, ne suffira pas.
Points à retenir
- Yildiz a impressionné avec son but, mais cela n’aura pas suffi à changer le sort du match pour la Juve.
- Son positionnement en faux avant-centre reste un défi, malgré quelques moments de brillance.
- Spalletti met en avant la nécessité d’une plus grande utilisation des talents de Yildiz sur le terrain.
- À 20 ans, Yildiz commence à écrire son histoire dans l’un des clubs les plus prestigieux d’Italie.
Au fond, cette situation soulève une question : devons-nous toujours chercher à évaluer le potentiel d’un jeune joueur en fonction des attentes élevées de l’entraîneur ou devrions-nous lui donner le temps de se développer sans pression ? Rien n’est simple dans le football moderne, et c’est cette complexité qui captive les fans. Je me demande quelle direction la Juve prendra et si Yildiz pourra vraiment s’épanouir dans ce cadre exigeant. Ce débat mérite d’être approfondi, car après tout, chaque joueur a son moment de gloire, et sa recherche est souvent tout aussi instructive que ses succès.