La Premier League, vue à travers un prisme singulier en Corée du Nord.
Dans le pays de Kim Jong-un, la diffusion de la Premier League anglaise (APL) a été autorisée, mais, bien sûr, avec quelques restrictions. Selon certains médias occidentaux, le dirigeant nord-coréen a personnellement validé cette initiative. Cela semble plausible, compte tenu du fait qu’aucune décision majeure à Pyongyang ne peut être prise sans l’aval du “glorieux camarade” Kim Jong-un. L’accès à internet en Corée du Nord est limité à un ensemble restreint de sites approuvés, et la télévision demeure le principal moyen de divertissement. Cela signifie que le contenu des programmes télévisés revêt une importance cruciale pour l’État.
Alors, quelles sont ces autorisations et interdictions imposées par Kim Jong-un ?
La règle principale est que les matchs de l’APL ne peuvent pas être diffusés en direct ; toute diffusion doit être préalablement “éditée”. Curieusement, les Nord-Coréens ont décidé de réduire la durée des retransmissions de 90 à 60 minutes, coupant donc au moins 30 minutes de chaque match. Kim Jong-un se révèle ainsi visionnaire, réalisant ce que certains esprits avant-gardistes en Europe murmurent depuis longtemps. Déjà, Andrea Agnelli de la Juventus avait exprimé ses préoccupations quant aux capacités d’attention de ses enfants, souvent distraits par leurs téléphones pendant les matches. À Pyongyang, les distractions sont moindres, mais le grand leader a choisi d’anticiper.

Dans l’ensemble, les retransmissions de l’APL à la télévision nord-coréenne rappellent celles que l’on découvrait en Russie dans les années 90. À l’époque, la chaîne REN-TV avait acquis les droits de diffusion du championnat britannique, mais la plupart des matchs étaient diffusés avec un certain retard : souvent, des matchs d’une saison précédente ou même de différentes années étaient présentés. Les commentaires étaient assurés par Alexander Elagin, dont la voix reste associée à la “première ligue rétro” pour de nombreux téléspectateurs russes.
Restrictions sur les diffusions de l’APL en Corée du Nord :
- Tous les textes en anglais visibles dans le stade doivent être masqués par des graphiques nord-coréens.
- Les scènes incluant des joueurs sud-coréens doivent être coupées. Actuellement, il n’y a qu’un joueur sud-coréen dans l’APL, Hwang Hee-chan des Wolverhampton.
- Toutes les scènes montrant des symboles LGBT seront également censurées, le mouvement étant considéré comme extrémiste et interdit.
Enfin, il convient de noter que Kim Jong-un est un grand amateur de basketball, en particulier de la NBA. À plusieurs reprises, le leader nord-coréen a reçu Dennis Rodman, légendaire joueur et personnage hautement médiatisé, connu pour ses frasques diverses. Rodman a même eu des relations avec Madonna, ce qui témoigne d’un goût pour le spectacle !
Points à retenir
- Si vous voulez suivre la Premier League en Corée du Nord, préparez-vous à des edits… et beaucoup de coupures.
- Réduire un match à 60 minutes, c’est comme prendre un bon livre et en supprimer les chapitres inintéressants.
- Les graphismes nord-coréens vont remplacer les publicités d’origine. Peut-être une nouvelle tendance…?
- Les restrictions imposées ressemblent à un programme de censure auquel même les amateurs de télé-réalité n’auraient pas pensé.
En fin de compte, cette initiative de diffusion soulève des questions fascinantes sur la culture des médias dans un pays aussi unique. Peut-être que, en matière de football, la vraie bataille ne se joue pas que sur le terrain, mais aussi dans la manière dont les histoires sont racontées. Ce qui nous amène à réfléchir : jusqu’où serions-nous prêts à aller pour suivre nos passions, même au prix de quelques coupes brutales ? Une invitation à débattre, n’est-ce pas ?