Deprivilégiés de leur meilleur buteur de la saison précédente et dans l’incapacité de signer un remplaçant, Angers n’a eu d’autre choix que de faire appel à deux attaquants de 18 ans issus de leur académie. Sidiki Chérif et Prosper Peter ont prouvé qu’ils auraient dû être le choix unique de l’équipe.
La saison a débuté par une victoire pour Angers, mais une victoire qui a suscité plus d’inquiétude que d’espoir. Esteban Lepaul a inscrit le seul but de la rencontre face au Paris FC. Ce Français avait été une révélation lors de la seconde moitié de la saison dernière, avec ses neuf buts ayant assuré la sécurité de l’équipe, malgré être la deuxième plus faible attaque de Ligue 1. Cependant, Rennes rôdait et il a été transféré à la fin août.
Angers a essayé de trouver un remplaçant et semblait avoir réussi avec Rémy Labeau-Lascary, qui avait déjà posé avec le maillot d’Angers et s’entraînait avec ses nouveaux coéquipiers. Mais la DNCG, le gendarme financier du football français, a annulé le transfert. Angers ne pouvant pas augmenter sa masse salariale, il est retourné à Lens avant de partir en prêt à Brest. Un transfert pour Steve Mounié a également échoué pour la même raison. Ne pouvant recruter, ils ont dû se tourner vers leur académie. “Nous devons développer des joueurs”, a confié Lamine Mbaye, l’entraîneur adjoint d’Angers.
Ce fut un tournant, une sorte de bénédiction déguisée, car cela signifiait que Chérif et Peter – deux « garçons attachants » selon Mbaye – ont dû être propulsés sous les projecteurs. Les adolescents ont marqué six des dix buts de l’équipe en championnat cette saison (trois chacun). Mbaye souligne l’« affinité » qui lie le duo, une complicité née de leurs années passées ensemble.
Chérif a eu sa chance en premier. Il a fait ses débuts à 16 ans avant que des blessures ne ralentissent sa progression. “C’était une expérience formatrice”, dit Mbaye. “Il a réalisé que ses performances n’étaient pas parfaites et loin de celles d’un joueur de haut niveau, notamment en matière de récupération.” Cette épreuve lui a permis de comprendre énormément de choses. Depuis, il a toujours suscité de grands espoirs.
Ce sentiment est partagé par Julien Sourice, entraîneur de Saumur FC, qui a entraîné Chérif au niveau des jeunes. Sourice raconte qu’il a eu du mal à convaincre le jeune attaquant de partir. “Il voulait rester avec ses amis, ce que j’ai compris, car il était jeune, mais il était tellement bon que tout le monde le voulait.” Chérif était destiné à évoluer rapidement en Ligue 1 mais a laissé une empreinte durable sur son ancien entraîneur, qui le décrit comme un attaquant “rafraîchissant et insouciant”. “Il fait avancer l’équipe, il cassé les lignes et gagne des mètres pour ses coéquipiers. Il a toujours marqué.”
Sourice a observé les caractéristiques qu’il avait remarquées des années auparavant lors de la performance de Chérif contre Auxerre ce week-end. Sa course et son centre ont conduit Clément Akpa à marquer un but contre son camp, offrant ainsi l’avantage à Angers ; c’est Peter qui a achevé le travail en inscrivant le deuxième but alors que le coup de sifflet final approchait. “Ce sont deux attaquants qui ont le sens du but”, note Mbaye, qui a travaillé avec le duo à différents niveaux.
Mbaye a particulièrement été impressionné par la maturité des performances de Peter : “Il m’a surpris par sa capacité d’adaptation rapide, ce qui n’est pas toujours facile. Être le buteur de l’équipe à 18 ans, c’est un défi.” Les deux joueurs se complètent bien. Chérif préfère jouer sur les ailes et “jaillir dans l’espace”, tandis que Peter est “plus un joueur central”, un joueur de pivot qui excelle dans les airs et cherche à se positionner dans la surface. Il a montré cet instinct d’attaquant dimanche, suivant le tir initial de Lilian Raolisoa qui avait été détourné sur le poteau.
La victoire 2-0 contre Auxerre propulse Angers à la 13e place de la Ligue 1, alors qu’ils espèrent de nouveau défier les attentes pour éviter la relégation. Chérif et Peter seront des éléments cruciaux pour atteindre cet objectif. À l’avenir, ils pourraient également jouer un rôle essentiel pour répondre aux besoins économiques du club. Jean-Mattéo Bahoya, maintenant à l’Eintracht Francfort, et Mohamed-Ali Cho, qui évolue à Nice, ont quitté le club contre des indemnités considérables. Vendre leurs jeunes talents n’est pas seulement une stratégie à Angers, c’est une question de survie ; il semblerait que des clubs d’Angleterre, d’Espagne et d’Allemagne montrent déjà un intérêt pour Chérif.
“Nous avons fait un pas dans l’inconnu,” a déclaré l’entraîneur d’Angers, Alexandre Dujeux, dimanche. “Mais nous ne savions pas jusqu’où ils pourraient aller.” Le temps nous le dira, mais nous ne nous poserions peut-être pas la question si le club avait réussi à signer ses cibles cet été. Un grand merci à la DNCG !
Points à retenir
- Angers semble avoir trouvé de l’or dans son académie avec Chérif et Peter.
- Les blessures d’un ancien joueur ont ouvert la voie à une nouvelle génération.
- Les choix difficiles des clubs peuvent parfois mener à des découvertes inattendues.
- Les performances des jeunes peuvent redonner espoir à des équipes en difficulté.
En tant que journaliste, je trouve fascinant de voir des clubs comme Angers mettre en avant de jeunes talents. Cela nous rappelle que le football, au-delà des transactions faramineuses, reste un sport où l’humain et le développement personnel jouent un rôle central. Que réserve l’avenir à Chérif et Peter ? La discussion est ouverte, et on peut s’interroger si la quête de jeunes talents ne devrait pas devenir une priorité pour tous les clubs. La passion du jeu ne se limite pas à la célébrité, mais à la capacité d’un joueur à s’épanouir. Je reste engagé à suivre cette aventure !