« Marseille est l’endroit parfait pour moi : la ville, la passion du football, tout me convient », confie Roberto De Zerbi dans un entretien accordé au très respecté quotidien français L’Equipe, à la veille de sa deuxième saison à la tête de l’Olympique de Marseille. Ce club, emblématique par ses 72 saisons passées en première division, incarne à ses yeux un cadre idéal.
À 46 ans, l’entraîneur italien a pris les rênes de l’OM en juin 2024. Lors de sa première saison, l’équipe phocéenne a terminé deuxième du championnat derrière le Paris Saint-Germain, mais avec un écart de 19 points face à l’équipe de Luis Enrique, le très habile entraîneur espagnol.
« Nous souhaitons rivaliser avec le PSG bien mieux que l’an passé. Je ne dis pas qu’ils sont supérieurs à Marseille, mais ils ont montré plus de force jusqu’à présent », analyse De Zerbi, conscient du triple titre (Ligue 1, Coupe de France, Ligue des champions) récemment remporté par le club parisien.
Il n’hésite pas à louer son homologue espagnol : « Luis Enrique a été remarquable. Malgré les départs de grandes stars comme Messi, Neymar ou Mbappé, il a su bâtir une équipe qui fonctionne mieux ». Cette dynamique justifie, selon lui, la domination de Paris dans les confrontations directes face à Marseille.
« Le véritable classique est Juventus-Inter : sur dix matchs, l’Inter en a gagné quatre, la Juventus dix, et un nul. Entre PSG et Marseille, en vingt-trois rencontres, Paris s’impose dix-neuf fois, le match nul trois fois, et Marseille ne gagne qu’une fois. Pour moi, ce n’est pas un classique », souligne De Zerbi avec sa franchise habituelle.
Il revient aussi sur les rumeurs publiques liées à un possible retour en Italie, dans le célèbre Calcio, mais précise avoir refusé cette option : « J’avais déjà commencé à travailler avec mes joueurs, la saison était lancée, ça n’aurait pas eu de sens ».
L’entraîneur raconte aussi sa satisfaction de revenir à la routine du football : « Quand on passe 30 ans de sa vie à vivre pour ce sport, ses règles et ses exigences, changer de rythme donne envie de revenir à sa vraie vie. Sinon, les gens pensent qu’on est fou ».
De Zerbi évoque ensuite les compliments issus de joueurs expérimentés comme le milieu Adrien Rabiot, qui apprécie d’avoir appris de nouvelles perspectives tactiques auprès de lui.
« Je cherche avant tout à faire réfléchir mes joueurs pour qu’ils trouvent la meilleure solution, qu’ils saisissent la logique derrière chaque choix. Souvent, ils me disent : ‘Je n’avais jamais pensé à ça’ », partage le technicien.
Son but est de donner aux joueurs plusieurs options sur le terrain, afin qu’ils sélectionnent celle qui leur semble la plus adaptée.
« Comprendre va de pair avec la passion. Ce n’est pas des mathématiques ou de l’algèbre, c’est du football. Si tu as la passion, tu comprends », conclut-il en insistant sur l’importance d’un engagement total.
« Si tu arrives à l’entraînement à 10h et pars à 13h comme à l’usine, tu ne sais pas pourquoi on fait ceci ou cela. Celui qui est passionné capte tout plus vite », termine Roberto De Zerbi.
Points à retenir
- Marseille demeure pour De Zerbi un lieu où la passion du football se conjugue à un cadre de vie idéal, loin des turbulences d’autres championnats.
- Le PSG reste une machine redoutable, même après le départ de ses superstars, sous la houlette d’un Luis Enrique salué pour son sens de l’organisation.
- Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la rivalité PSG-OM est plus déséquilibrée qu’un véritable “classique” à l’italienne, où la Juventus domine largement l’Inter.
- De Zerbi valorise l’intelligence tactique et l’autonomie des joueurs, qu’il encourage à réfléchir plutôt qu’à suivre aveuglément des ordres.
- La passion semble pour lui une condition sine qua non à la compréhension et au succès, farouchement opposée à une approche mécanique de l’entraînement.
- Enfin, il illustre avec une pointe d’humour que quitter ses habitudes ne signifie pas perdre la tête, mais plutôt retrouver ses repères.
En somme, voilà un entraîneur qui, tout en respectant l’ordre établi sur le terrain, invite ses joueurs à réveiller leur esprit critique. Si l’on devait tirer une leçon, ce serait peut-être qu’au football comme ailleurs, il vaut mieux penser un peu par soi-même. À moins que certains préfèrent continuer à applaudir aveuglément – dans ce cas, je vous souhaite bon spectacle, j’arrive avec du popcorn !