Valentin Rongier est désormais officiellement un joueur du Stade Rennais. Son transfert a immédiatement enflammé les passions au Roazhon Park, non pas à cause de ses qualités sportives ou de son âge, mais bien à cause de son passé. Formé au rival historique, le FC Nantes, Rongier avait même publiquement tourné en dérision le club breton. Huit ans plus tard, le destin footballistique le propulse de l’autre côté de la barrière, laissant une partie du public encore rancunier.
Le milieu de terrain a signé un contrat de trois ans, après six saisons passées à l’Olympique de Marseille. Son arrivée s’inscrit dans une double opération avec Quentin Merlin, également issu de l’OM et lui aussi passé par le centre de formation nantais. Rennes a déboursé au total 18,5 millions d’euros (hors bonus) pour les deux joueurs. Mais c’est véritablement leur passé commun qui alimente les débats.
« C’est un club qui ne m’attirait pas du tout… Je ne pourrais pas y aller. Je ne sais pas si j’y serais bien accueilli. »
Une rivalité marquée… et une histoire de chèvres
En 2017, alors qu’il évoluait encore au FC Nantes, Rongier avait posté une story Instagram avec une photo de chèvres, accompagnée du message « Coucou les Rennais », juste avant un derby. En 2018, dans une interview accordée à nos amis d’Ouest-France, il affirmait clairement son attachement à Nantes et son aversion pour Rennes : « Étant Nantais depuis toujours, c’est un club que je vois comme un ennemi. Ce n’est pas un club qui m’attire du tout. Ce n’est pas comme si j’étais de passage ici. C’est ma dix-huitième saison, le club est en moi. Je ne pourrais pas aller là-bas. Je ne sais pas non plus si j’y serais bien accueilli. »
Mais le football, métier imprévisible, a fait son œuvre. Pour apaiser la situation, le Stade Rennais a joué la carte de l’humour en offrant à Rongier une chèvre miniature lors de sa présentation officielle. Entre sourire crispé et résignation, le joueur s’est prêté au jeu : « Je rejoins les GOAT (les meilleurs) ! J’adore ça ! Voilà le football, ce qu’on aime, voilà la vie. Merci pour ce joli cadeau, les gars ! »
Les ultras réagissent vivement
Pour autant, l’accueil n’a pas été aussi léger pour tous. Le groupe ultra Roazhon Celtic Kop 1991 a publié un communiqué sévère, qualifiant le recrutement d’« affront » et affirmant que Rongier « n’a, à nos yeux, aucune légitimité à porter nos couleurs ». Les ultras critiquent aussi sévèrement la direction du club, pointant une « hypocrisie flagrante » après avoir célébré l’identité rennaise quelques semaines auparavant, pour accueillir aujourd’hui un joueur incarnant tout le contraire.
De son côté, Rongier a cherché à désamorcer la tension, déclarant dans une interview relayée par le club : « Je comprends leur réaction. À l’époque, c’était un autre contexte. J’étais joueur du FC Nantes et quand on passe par un centre de formation, on essaie de cultiver un peu cette rivalité, ce derby, qui fait aussi la beauté du football. Mes paroles et mes plaisanteries ont toujours été amicales. Je n’ai jamais voulu manquer de respect à l’institution rennaise ni à ses supporters. »
« Je n’ai jamais voulu manquer de respect à l’institution rennaise ni à ses supporters. »
Mercato : Merlin bientôt en renfort
L’arrivée de Rongier ne sera pas la seule à faire parler. Dans les prochains jours, le Stade Rennais officialisera également la signature de Quentin Merlin, un latéral gauche de 23 ans qui débarque lui aussi en provenance de l’Olympique de Marseille. Le club avait déjà laissé entendre une suite dans sa vidéo d’accueil avec la mention « Chapitre 1 ». Le contrat de Merlin s’étendra jusqu’en 2029.
Le derby déjà programmé
Le calendrier est sans pitié : Nantes et Rennes s’affronteront dès la 5e journée, fin septembre, à La Beaujoire. Un rendez-vous chargé de symboles, puisque ce sera le retour de Rongier dans son ancien fief… vêtu du maillot de l’ennemi.
Points à retenir
- Le football est parfois une grande boucle, vu que Valentin Rongier, ex-nantais virulent, finit par signer à Rennes, le rival juré.
- Offrir une chèvre miniature à Rongier marque une tentative d’apaisement aussi insolite qu’amusante.
- Les ultras, quant à eux, préfèrent continuer la bagarre verbale, preuve que la passion dépasse la raison.
- Quentin Merlin rejoint aussi Rennes dans ce remake du feuilleton « ex-OM ». On est à peu près sûrs que le club a une saison entière de rebondissements en tête.
- Le derby à La Beaujoire promet d’être électrique, surtout quand un ancien Nantais portera les couleurs adverses.
Au final, cette histoire illustre bien le paradoxe du foot moderne : les joueurs changent de maillot comme de chemise, mais les supporters gardent leurs rancunes comme des trésors. Après tout, si valser entre rivalités et transferts fait partie du spectacle, il ne reste qu’à espérer que le terrain saura offrir un vrai show. Et moi, entre deux éclats de rire devant cette histoire de chèvre miniature, je me demande : qui aura le dernier mot, le joueur ou le kop ? Suspense…