lun. Juil 20th, 2026

Près de vingt ans se sont écoulés, mais certains moments restent gravés à jamais dans la mémoire des supporters de La Cerámica. L’échec au penalty de Juan Román Riquelme face à Lehmann lors de cette mythique demi-finale de Champions League entre Villarreal et Arsenal, le 25 avril 2006, continue de hanter les esprits. L’Argentin avait l’occasion d’égaliser et d’envoyer le match en prolongations, mais le sort en a décidé autrement, plongeant depuis les fidèles « jaunes » dans un souvenir amer.

Peut-être que les plus à même de se remémorer cette action sont les retraités qui, les samedis matin de juin, se retrouvent au bar La Tribuna, juste à côté du stade, pour une partie de cartes. Ce tableau simple et chaleureux illustre bien l’âme du Villarreal : un club de village, qui a grandi en gardant son humble identité.

La Cerámica
Le stade La Cerámica

Dans les environs de La Cerámica, pas de restaurants chics ni de boutiques branchées pour attirer les touristes, mais des bars modestes et des maisons qui semblent avoir toujours vécu aux côtés du stade.

Un stade historique rajeuni

Alors que Villarreal s’apprête à renouer avec la plus grande scène européenne la saison prochaine, son antre s’est offert un coup de jeune efficace. Après une rénovation achevée entre juin et décembre 2022, le stade a gagné en modernité avec une couverture unifiée sur toutes les tribunes, une grande nouvelle enceinte pour les écrans, et un éclairage LED qui lui confèrent un style résolument européen, sans oublier une silhouette extérieure élégante.

Ce lifting, estimé à environ 35 millions d’euros, a aussi occasionné quelques mésaventures logistiques, puisque les supporters ont dû migrer temporairement au Ciutat de València, le stade du Levante, à 65 kilomètres de là, avant de pouvoir retrouver leur « chez-eux ».

Fort d’un effectif fidèle d’environ 23 500 personnes, ce petit écrin correspond quasiment à la moitié de la population de Vila-Real (50 000 habitants), ce qui donne une belle idée de l’attachement local au club.

Le Villarreal disputera donc sa cinquième campagne de Ligue des champions. Pas forcément un exploit digne des plus grands en nombre d’éditions, mais peu peuvent se targuer d’avoir atteint deux fois les demi-finales et gardé un noyau dur de supporters si proche de leur stade, avec même des retraités assidus aux cartes à la porte de La Cerámica.

Points à retenir

  • Riquelme, ce nom qui fait vibrer autant que pleurer les supporters de Villarreal, reste une légende indélébile, même avec ce penalty manqué.
  • L’atmosphère simple et chaleureuse qui entoure La Cerámica tranche avec les enceintes surdimensionnées et impersonnelles que l’on voit ailleurs.
  • Le club est un beau modèle d’authenticité locale réussie, qui a grandi sans sacrifier ses racines ni sa proximité avec ses fans.
  • Les rénovations récentes montrent que même les petits peuvent faire peau neuve et se jouer des critères du football moderne.
  • Délocaliser les supporters à 65 kilomètres pour 6 mois ? Une période nomade peu enviable, mais visiblement parfaitement assumée par une fanbase fidèle.
  • Un stade dont la capacité correspond à peu près à la moitié de la population locale, voilà qui garantit une ambiance plus intime que dans les grandes métropoles.

En somme, Villarreal prouve qu’il est possible de mêler modernité et tradition, matches européens et parties de cartes entre amis devant le stade. Un club singulier, où la grandeur du football se mesure aussi à la taille de l’âme du village. Et si certains rêvent de géants aux voiles immenses, moi, je me demande si ce ne sont pas les petits qui ont le plus beau rôle dans cette comédie qu’on appelle la Ligue des champions. À méditer, entre deux coups de dés à La Tribuna.


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