La Ligue des champions reste le graal pour le Real Betis. Plusieurs voix proches du club regrettent que, malgré l’une des meilleures périodes de son histoire sous la houlette de Manuel Pellegrini, le club andalou n’ait pas encore foulé la scène européenne la plus prestigieuse. Personne n’en parle ouvertement pour éviter la pression, mais l’objectif est bel et bien dans toutes les têtes. Pour y parvenir, un défi majeur s’impose : renforcer la solidité défensive. Depuis l’arrivée de l’« Ingeniero », les statistiques de buts encaissés laissent entrevoir la possibilité de jouer la Ligue des champions, mais jamais sur toute la saison. Cette saison, bien que le Betis ait pu espérer une cinquième place, l’écart final avec Villarreal est de dix points, auquel s’ajoute la différence de buts.
En cinq saisons récentes, le Betis a concédé respectivement 60 (2024/25), 45 (2023/24), 41 (2022/23), 40 (2021/22) et 50 buts (2020/21). Or, pour accéder à la Ligue des champions, la moyenne de buts encaissés se situe en dessous de la barre des 40 (38,4 précisément). Par exemple, le 4e de la dernière saison, l’Atlético Madrid, n’a encaissé que 29 buts tandis que Villarreal, 5e, en a pris 51, un chiffre compensé par une attaque prolifique (71 buts marqués). En 2023/24, l’Atlético a vu entrer 43 fois le ballon dans ses cages, La Real Sociedad a encaissé 35 buts en 2022/23. Quant au Séville FC de Lopetegui, il affichait 30 buts encaissés en 2021/22 et 33 en 2020/21. Cette statistique montre qu’atteindre la Ligue des champions requiert une quasi-perfection défensive. Sans cela, la lutte est trop rude.
Pour renforcer cette assise défensive, le Betis a recréé un bloc solide avec deux gardiens – Álvaro Vallés et Pau López – deux défenseurs centraux, Natan et Valentín Gómez, ainsi qu’un latéral gauche, Junior. Un milieu défensif est également en cours d’arrivée. Pellegrini prône l’équilibre et la rigueur derrière, conscient que la quête d’une place en Ligue des champions en dépend entièrement. La stratégie de recrutement illustre parfaitement cette philosophie. Offensivement, améliorer Bakambu serait nécessaire, mais ce n’est pas la principale faiblesse. Lors de la saison 2021/22, pourtant plus offensive que le 4e Séville (62 buts contre 53), le Betis avait payé son déficit défensif — 10 buts de plus encaissés — avec 65 points contre 70 pour les Sévillans. Voilà le véritable défi si le club veut franchir ce palier tant espéré.
Points à retenir
- Le Betis vise la Ligue des champions, mais la solidité défensive reste son talon d’Achille.
- En moyenne, un club qui aspire à la C1 doit encaisser moins de 40 buts par saison.
- Les recrutements récents montrent une volonté claire d’améliorer la défense, plus que l’attaque.
- Une équipe peut marquer beaucoup, mais sans une défense rigoureuse, les rêves européens s’envolent.
- La comparaison avec des clubs proches du Betis souligne l’importance d’un équilibre quasi parfait pour atteindre l’élite.
Au final, on pourrait presque croire que dans le football moderne, mieux vaut être une forteresse inviolable qu’une hydre à buts. Pellegrini a parfaitement compris que, si le Betis veut grandir, il faudra d’abord ressembler à un mur plutôt qu’à une passoire. Reste à voir si le club et ses supporters sont prêts à adopter cette austérité défensive au risque d’en décevoir certains amoureux du spectacle offensif. Quoi qu’il en soit, la route vers la Ligue des champions s’annonce aussi passionnante que corsée. Et pour moi, qui aime bien un bon suspense teinté d’un soupçon d’ironie, suivre cette quête n’en sera que plus savoureux.