Roberto Mancini a confié qu’il serait prêt à revenir en Premier League « à tout moment » alors qu’il se prépare à reprendre du service en tant qu’entraîneur. Dans un entretien exclusif et riche avec le prestigieux média Transfermarkt, le technicien italien de 60 ans s’est livré sans détour sur ses ambitions, son passage à Manchester City, l’ascension de Vincent Kompany et son regard sur la Serie A.
Sans club depuis son départ de la sélection saoudienne en octobre 2024, Mancini avoue ressentir un « manque total d’être sur le banc ». Selon Transfermarkt, plusieurs pistes de retour lui ont été proposées, mais le coach attend l’opportunité idéale. Rappelons que Mancini a marqué l’histoire de Manchester City en remportant pour eux le premier titre en championnat anglais en 44 ans, en 2012.
Roberto Mancini : entretien exclusif
Interrogé sur un éventuel retour en Premier League, il répond : « À n’importe quel moment. Chaque championnat a sa spécificité. J’ai beaucoup apprécié la Premier League et les années passées au Royaume-Uni. Chaque entraîneur rêve de revenir y coacher un jour. Mais j’estime également avoir accumulé des expériences précieuses en Turquie, en Russie et en Arabie Saoudite. Aujourd’hui, dans le football, il faut aller chercher des expériences dans des cultures, des traditions et des mentalités différentes, pour ensuite conjuguer tout cela avec les diverses nationalités présentes dans le vestiaire. »

Le but dramatique de Sergio Agüero à la dernière minute face à QPR, qui a offert le titre à City, reste l’un des instants les plus emblématiques de l’histoire de la Premier League. Mancini estime que le recrutement de l’Argentin, venu d’Atlético Madrid, est la meilleure signature de sa carrière. Selon lui, son travail à City a pavé la voie au succès exceptionnel de Pep Guardiola. « Ce fut l’un des moments les plus intenses et les plus beaux de ma carrière sportive. L’intensité incroyable de la Premier League chaque week-end a culminé avec ce titre. Nous avons mis en place un projet sur le long terme, qui s’est poursuivi avec Guardiola, jusqu’à atteindre l’apogée avec la victoire en Ligue des Champions en 2023. »

Mancini a décliné plusieurs propositions pour revenir en Premier League après avoir mené l’Italie au titre de l’Euro 2021 contre l’Angleterre à Wembley. S’il a entraîné à plusieurs reprises en Serie A – Fiorentina, Lazio, Inter Milan – il ne souhaite pas y revenir pour son prochain défi. « Le coaching me manque énormément. La Serie A, c’est ma maison, mais je veux découvrir de nouvelles expériences ailleurs. Cette Ligue traverse un changement radical de mentalité et de structure. C’est la fin d’une époque où les propriétaires finançaient leur club par passion. Le football est devenu une industrie internationale, et cela se reflète dans la gestion des clubs italiens. Pour réussir, il faut que les supporters, la presse, et tout l’écosystème comprennent et s’adaptent à ces mutations. »
Mancini avait fait de Vincent Kompany le capitaine de Manchester City, et le Belge s’est depuis lancé dans une carrière d’entraîneur. Sa nomination à la tête du Bayern Munich l’été dernier a surpris plus d’un, mais il a offert au club bavarois un titre en Bundesliga lors de sa première saison. Mancini n’est pas étonné par cette évolution. « Quand il jouait sous mes ordres, il était trop jeune pour penser à une carrière d’entraîneur. Mais son passage ne me surprend pas ; c’était un leader sur le terrain. Je lui souhaite beaucoup de réussite dans ce club d’élite. »
Points à retenir
- Roberto Mancini n’a jamais caché son attachement à la Premier League, qu’il considère comme un rêve pour tout entraîneur, histoire d’ajouter une ligne prestigieuse à son CV.
- Le titre historique de 2012 à Manchester City, remporté grâce au fameux but d’Agüero, reste le joyau de sa carrière en Angleterre.
- Malgré ses racines italiennes bien ancrées, Mancini semble de plus en plus attiré par les défis internationaux, loin des affres et des changements tumultueux de la Serie A.
- Il insiste aussi sur l’importance d’intégrer diverses cultures, un point bien vu dans un football qui n’en finit plus de jouer les melting-pots multiculturels.
- L’émergence de Vincent Kompany en coach est logiquement saluée, Mancini voyant en lui un leader naturel, ce qui n’est jamais une mauvaise carte à jouer dans le monde très politique du football.
Au fond, Mancini nous rappelle que le football ne cesse d’évoluer, d’un terrain à un vestiaire, et d’un pays à un autre. Reste à savoir si les entraîneurs continuent de courir après la Premier League comme d’autres derrière le Graal – ou si la réalité d’un marché mondial, trop politisé et parfois impersonnel, transformera ces rêves de retour en simples doux souvenirs. Mais qui sait, peut-être qu’à 60 ans, Manci n’est pas prêt de raccrocher les crampons, et qu’il prépare déjà la prochaine surprise ? Un coach qui ne veut pas choisir son camp, c’est parfois ce qu’il faut pour pimenter ce grand théâtre qu’est le football. Allez, moi je dis, vivement la suite !