Antonio Carlos Zago : “Je me reconnais en Mancini, il a l’esprit combatif et sait jouer.”
À Rome, on l’a surnommé “Terminator” pour son style de jeu intrépide, mais Antonio Carlos Zago, au-delà d’être un défenseur “dur”, a marqué l’histoire. Pendant ses cinq saisons à la Roma, il a été un acteur clé du titre de champion de 2001 et a porté les couleurs de la Seleção à 37 reprises. Sa carrière l’a conduit à jouer dans des pays tels que la Turquie, le Japon, l’Espagne et le Brésil, avant d’entamer une carrière d’entraîneur. Récemment, Zago est revenu à Rome avant de retourner à São Paulo, promettant : “Je reviendrai dès que possible, c’est ma deuxième maison.”
Après 25 ans, la Roma va-t-elle enfin décrocher un quatrième titre ?
“Chaque année, j’espère que ce sera la bonne, ça fait trop longtemps. Mais cette année, je crois que c’est le bon moment. Gasperini doit rester en tête jusqu’à décembre et avec quelques renforts, l’objectif est réalisable. Le championnat est très équilibré.”
Comment a-t-elle compris à la Roma qu’il était temps de gagner ?
“C’est arrivé avec l’arrivée de Batistuta, on sentait que quelque chose changeait. La victoire contre le Parma a été le déclic, mais on savait déjà avant le début de la saison qu’on pouvait accomplir de grandes choses. Avec des joueurs comme Samuel, Emerson, et un Totti en pleine évolution, on avait une équipe de champions.”
“Eh bien, il y avait la défaite face à la Lazio l’année précédente. On ne l’a pas digéré, on voulait rendre le sourire à nos supporters.”
Qu’est-ce qui s’est réellement passé avec Simeone lors du derby ?
“Il cherchait à provoquer, et je défendais mon coéquipier Marcos Assunçao. Cela a dégénéré, et j’ai commis un acte que je ne suis pas fier d’avoir fait. Je sais que les supporters se rappellent ce moment avec nostalgie, mais pour moi, ce n’est pas le cas.”
Concernant les accusations de racisme au Brésil en 2006 ?
“À ce moment-là, j’étais hors de moi, et je n’ai pas réfléchi à ce que je disais. Je me suis excusé, je ne suis pas raciste. Mes meilleurs amis sont Aldair, Cafu et Cesar Sampaio.”
Avec sa capacité à relancer le jeu, est-ce que vous vous reconnaissez en un joueur actuel ?
“Je vois ce même genre de qualité chez Mancini. Il a l’esprit combatif et sait très bien jouer. J’espère qu’il pourra encore progresser, car il pourrait devenir un grand capitaine pour la Roma.”
Quel joueur vous a le plus frustré ?
“C’est moi qui les rendais fâchés. Le plus difficile à marquer était Ronaldo, je me souviens encore du 4-5 à l’Olympique. Imprenable. Shevchenko était également préoccupant, mais on avait aussi Totti.”
On dit qu’il parlait dans son sommeil, cela vous a-t-il dérangé ?
“C’est vrai ! Lors de ma première année, j’ai été logé avec lui et c’était un honneur. Mais la nuit, il ronflait et parlait fort. Une fois, il s’est exclamé : ‘Passe-moi la balle !’. J’ai dû le calmer, mais j’étais épuisé et j’ai demandé à changer de chambre. L’année suivante, Totti est dormi tout seul.”
Pourquoi n’êtes-vous pas resté longtemps à la Roma ?
“Je désirais profondément rester à la Roma, il n’y a jamais eu de lieu où je me sois senti aussi bien. Malheureusement, en 2002, ils ont décidé de ne pas renouveler mon contrat, sans explication. Cela m’a permis d’apprendre de nombreuses cultures, celle du Japon étant instructive pour leur organisation.”
Quels adjectifs donneriez-vous à Zeman, Capello et Lucescu ?
“Zeman savait voir au-delà. Capello était un compétiteur, mais aussi un bon gestionnaire d’individualités. Lucescu est un maître, il a formé des joueurs tout en les éduquant à la vie.”
Être entraîneur est-il plus difficile que d’être joueur ?
“Il n’y a pas photo, être joueur est plus simple. En tant qu’entraîneur, il faut gérer de nombreux caractères, et chaque joueur a sa personnalité. Trouver la clé qui marche est un vrai défi.”
Qu’en pensez-vous d’Ancelotti à la tête du Brésil ?
“C’est le meilleur entraîneur. Je suis convaincu qu’avec lui, le Brésil remportera la Coupe du Monde, que ce soit l’année prochaine ou en 2030. La Seleçao traverse une période difficile, tout comme l’Italie qui doit impérativement se qualifier.”
Avez-vous des doutes après la défaite contre la Norvège ?
“En tant qu’ancien défenseur et supporter de l’Italie, ce qui m’inquiète, c’est leur incapacité à préserver un résultat. L’Italie est connue pour ça depuis des décennies, c’est perplexe de voir ce changement. Ce n’est pas un manque de talent, mais un changement d’attitude.”
Points à retenir
- Zago évoque son souvenir d’un groupe uni à la Roma.
- Il rappelle les hauts et les bas d’une carrière teintée d’émotions.
- Le football moderne, entre talent et mentalité, semble en pleine évolution.
- La passion des fans, toujours intacte, est cruciale pour les équipes.
Avec un regard sur ces souvenirs, je me demande : Où en est le football d’aujourd’hui ? Les défenseurs sont-ils encore capables de rivaliser avec la fougue d’antan ? À travers ces témoignages, on réalise que le sport dépasse le simple jeu, il est un reflet de notre société. En tant que journaliste engagé, je ressens la nécessité de continuer à questionner et à explorer cette passion qui nous unit tous.