Personne ne doute que Scottie Scheffler est le numéro un mondial. Ce statut ne se limite pas à un simple chiffre dans le classement officiel, il se traduit par une domination incontestable sur le terrain. À Royal Portrush, lors de l’Open britannique, il affiche un jeu d’une maîtrise impressionnante, avec 14 coups sous le par, devançant Haotong Li de quatre coups, Matt Fitzpatrick de cinq, et Rory McIlroy ainsi que trois autres joueurs de six coups. Jon Rahm, loin derrière à -2, semble à des années-lumière, à la veille de la dernière journée prévue ce dimanche.
Scheffler impose son rythme : un eagle au 7, deux birdies, et une domination sans partage. S’il reste une incertitude, c’est uniquement parce qu’il s’est permis de ne pas conclure le tournoi plus tôt, malgré de nombreuses opportunités. Quoi qu’il arrive, il paraît peu probable qu’il ne soulève pas la Jarra de Clarete.
Parmi les autres protagonistes, Haotong Li vise à devenir le premier golfeur chinois à remporter un majeur, tandis que Fitzpatrick et McIlroy souhaitent ramener le trophée en Europe, ce qui n’est pas arrivé depuis Lowry en 2019. Mais pour l’instant, tout dépend de Scheffler, qui à 29 ans cherche son quatrième majeur, après ses victoires au Masters en 2022 et 2024, et au Championnat de la PGA cette année. S’il s’impose dimanche, il ne lui restera plus qu’à conquérir l’US Open pour réaliser le Grand Chelem, rejoignant ainsi Tiger Woods, l’unique autre joueur à avoir remporté le British tout en étant numéro un mondial.
De retour à une réalité plus terre-à-terre, Jon Rahm continue de souffrir sur le putting. Son dernier putt réussi, à deux mètres et demi, fut son plus long depuis le jeudi, après une longue série d’échecs plus ou moins courts. Samedi, malgré un changement de look – pantalons violets et polo clair – son jeu est resté bloqué. Une double visite au bunker sur une approche difficile lui a valu un bogey précoce. Ses putts ratés s’enchaînent au fil des trous, même s’il a réussi quelques moments de légèreté avec des échanges complices avec Lowry, qui partageait son parcours, et un geste sympathique envers une spectatrice. Rahm a néanmoins inscrit quelques réussites sur les trous suivants, mais sans retrouver sa meilleure forme.

Rahm semblait accélérer, mais a rapidement ralenti au 12, un par 5 statistiquement le plus facile du parcours, qu’il n’a jamais réussi à dominer cette semaine. Son putting a encore failli sur des distances courtes à moyennes, entrecoupé d’un birdie au 16. Avec un score final de -2, il signe son meilleur résultat cette semaine, mais insuffisant pour espérer le trophée. Le successeur de Seve Ballesteros devra encore patienter.
“J’ai plutôt bien joué, mais sans assez de réussite. Le driver fonctionnait très bien, les swings étaient bons, mais mes putts souvent trop courts ou déviés juste sur la fin,” a analysé Rahm. Après des places d’honneur aux Masters, PGA et US Open, il devra redoubler d’efforts dimanche pour progresser.
Sergio García a quant à lui terminé sa journée dans le par, avec un birdie au 12. Il espère ainsi renforcer ses chances d’être sélectionné pour la Ryder Cup.
Un moment particulièrement insolite a retenu l’attention au 11 : alors que Rory McIlroy jouait son deuxième coup depuis le rough sur un par 4, une balle enfouie a soudainement surgi du sol sous son club. La collision a projeté la balle dans les airs, laissant le Nord-Irlandais et les spectateurs médusés, illustrant parfaitement la surprise de cet Open britannique où règne Scottie Scheffler.
Points à retenir
- Scottie Scheffler incarne ce que signifie être numéro un mondial : contrôle, régularité et domination incontestée.
- Haotong Li vise à ouvrir une nouvelle page du golf asiatique en décrochant son premier majeur.
- Malgré un léger sursaut, Jon Rahm reste prisonnier de son putting capricieux, un vrai casse-tête.
- Sergio García, fidèle au poste, joue sa carte Ryder avec un jeu solide mais sans éclat.
- L’incident improbable de McIlroy rappelle que sur un parcours aussi prestigieux que Royal Portrush, le golf peut parfois se montrer… surprenant.
En somme, l’Open britannique ressemble à une pièce où Scottie Scheffler tient la vedette sans partage, les autres jouant des seconds rôles parfois un peu maladroits. Il est fascinant de voir à quel point un sport aussi stratégique peut parfois paraître aussi simple entre les mains du bon joueur. Mais au fond, ne sommes-nous pas tous un peu comme Jon Rahm avec nos putts ratés ? Plus sérieusement, attendons la dernière journée avec impatience, même si on se doute que Scheffler ne va pas décevoir. Sinon, ce serait comme regarder un film d’action sans la scène finale… Avouez, ce serait dommage, non ?