Un avocat représentant les hommes poursuivis par Jack Nicklaus pour diffamation a fait rire aux éclats le jury en suggérant qu’il pourrait remettre en question la crédibilité de la légende du golf pour avoir déclaré que Happy Gilmore 2 est “en réalité drôle”, selon un rapport.
Nicklaus est actuellement engagé dans un litige complexe avec ses anciens partenaires commerciaux, dont le financier milliardaire Howard Milstein, ainsi que la société qu’il a cofondée, Nicklaus Companies LLC.
Ce conflit a émergé des efforts de l’illustre champion, qui a remporté 18 titres majeurs, pour récupérer le contrôle de son nom, de son image et de sa notoriété professionnelle dans la conception de parcours de golf après son départ de la société en 2022.
Ce différend a culminé avec une victoire de Nicklaus, maintenant âgé de 85 ans, contre l’entreprise portant son nom.
Cependant, insatisfait de cette issue, il a décidé d’intenter une action en justice contre Milstein, Andrew O’Brien et Nicklaus Companies LLC pour diffamation.
Les avocats de Nicklaus soutiennent que des histoires mensongères ont été véhiculées à son sujet, indiquant que les déclarations diffamatoires ont été incluses dans la demande initiale et répétées dans plusieurs publications, nuisant à sa réputation.
Les déclarations diffamatoires alléguées sont :
- Que Nicklaus aurait tenté de négocier un contrat de 750 millions de dollars pour devenir la figure de proue du LIV Golf soutenu par l’Arabie Saoudite.
- Que Nicklaus ne serait plus apte à gérer ses affaires.
- Que Nicklaus souffrirait de démence.
Jack Nicklaus témoigne
Selon le Palm Beach Post, Nicklaus a témoigné devant un jury cette semaine.
Le rapport indique qu’au lieu de chercher à prendre Nicklaus en contradiction, les avocats des défendeurs ont tenté de montrer que l’Ours d’Or est encore admiré.
En d’autres termes, il est toujours perçu comme le meilleur de tous les temps, et sa réputation n’a pas été ternie.
L’avocat Barry Postman a soutenu que si l’entreprise et les défendeurs avaient réellement voulu semer la controverse sur Nicklaus, ils auraient simplement “publié un communiqué de presse.”
Le juriste aurait ajouté que Nicklaus organise chaque année le Memorial Tournament sur le PGA Tour, apparaît à la télévision et continue de percevoir des honoraires de présence.
La joute verbale a également comporté un moment de pure comédie lorsque Postman a souligné que Nicklaus avait un rôle dans Happy Gilmore 2.
Cette comédie, avec Adam Sandler, mettait en avant une pléthore de golfeurs professionnels actuels et anciens.
Le fait que Nicklaus ait été invité à participer souligne sa pertinence continue, comme l’a fait observer Postman.
Nicklaus a informé le juge, Reid Scott, que le film est “en réalité drôle”.
Postman a plaisanté sur le fait qu’il pourrait contester la crédibilité de Nicklaus pour avoir dit cela, provoquant le rire du jury.
Les plaidoiries de clôture dans ce procès devraient avoir lieu le 20 octobre.
Explication de la situation juridique de Jack Nicklaus
Jack Nicklaus a cofondé Nicklaus Companies en 2007 et a vendu une participation minoritaire à Milstein pour 145 millions de dollars.
Milstein a finalement pris le contrôle total, mais Nicklaus a démissionné en 2017.
Un accord de non-concurrence dans son contrat l’a empêché de s’engager dans la conception de parcours de golf de manière indépendante pendant cinq ans.
Après l’expiration de cet accord, Nicklaus a demandé un arbitrage pour clarifier ses droits.
En juillet 2024, un juge a statué que Nicklaus n’était plus lié par la non-concurrence.
Un mois plus tard, il a poursuivi Milstein, O’Brien et Nicklaus Companies pour diffamation.
Dans les documents judiciaires initiaux, il était affirmé que Nicklaus envisageait de rejoindre le LIV soutenu par le PIF mais qu’il devait être “sauvé de lui-même”.
Nicklaus a soutenu que ces déclarations ont nui à sa réputation et à ses perspectives professionnelles.
Le procès a débuté début septembre.
Points à retenir
- Jack Nicklaus, membre de la légende du golf, se retrouve dans un imbroglio juridique un peu cocasse. Qui aurait pensé qu’un tel personnage puisse être concerné par des accusations de diffamation ?
- D’où vient ce besoin de remettre en question la santé mentale des grands champions ? Peut-être une manière subtile de les réduire à des caricatures ?
- La comédie s’invite au tribunal : un avocat qui évoque Happy Gilmore 2 pour faire rire le jury, c’est l’ironie du sort.
- Le procès remet en lumière la pertinence des figures publiques, mais à quel prix ?
En tant que journaliste, cette affaire soulève des questions intéressantes sur la nature de la réputation et la façon dont elle peut être manipulée. Peut-on vraiment appréhender la vérité dans un monde où les rumeurs et la désinformation semblent régner ? J’invite chacun à réfléchir à la fragilité de notre image publique dans une époque où le vernis peut facilement se fissurer.