En 1996, Judy Bell, décédée à l’âge de 89 ans, est devenue la première femme présidente de l’Association américaine de golf (USGA). Il a fallu attendre 102 ans pour qu’une femme accède à ce poste, mais son arrivée a marqué un tournant positif.
Bell était non seulement une golfeuse talentueuse, mais également une administratrice et une diplomate hors pair.Elle savait discuter du golf avec passion et expertise. Pendant son mandat de présidente, de 1996 à 1999, elle a œuvré pour l’extension du golf dans des zones jusqu’alors négligées, comme les centres urbains.
Dès son intégration au comité exécutif de l’USGA en 1987, elle a parcouru des milliers de kilomètres chaque année, advocate de la création de structures publiques accessibles. Bell a aussi contribué à l’établissement de parcours courts pour initier les enfants à ce sport. Elle a déclaré : « Si nous n’essayons même pas, nous laissons passer une occasion unique de rendre le golf véritablement inclusif. L’USGA doit être au service de tous les golfeurs. »
Ses opinions étaient rafraîchissantes au sein d’une institution souvent perçue comme ancrée dans les mœurs et traditions du vieux monde, et l’inquiétude qu’elle pouvait susciter ne l’a jamais empêchée de se faire entendre. Étonnamment, elle affirmait ne jamais avoir ressenti d’hostilité. « Je ne considère pas le golf d’un point de vue de genre. J’ai grandi avec trois frères et j’ai toujours joué avec des garçons », confiait-elle.
Née à Wichita, Kansas, Judy était la benjamine d’une fratrie de quatre enfants, la seule fille d’une mère engagée dans la communauté et d’un homme d’affaires. Elle s’est initiée au golf dès l’âge de sept ans avec des clubs à hampe en hickory. Elle aimait raconter qu’elle avait remporté son premier tournoi avec un score de 72, une victoire à nuancer en précisant qu’il s’agissait d’une compétition de neuf trous, sans adversaires féminines.
Son humour l’a accompagnée tout au long de sa carrière amateur, lors de deux participations à la prestigieuse Curtis Cup, où elle a joué pour l’équipe américaine victorieuse en 1960 et 1962. Bien que sa performance ait connu des hauts et des bas, sa bonne humeur a laissé une empreinte durable.
Au fil des années, elle a également occupé des rôles administratifs au sein de l’USGA, chair de son comité féminin, trésorière, secrétaire puis vice-présidente, avant de devenir la 54e présidente de l’USGA. Notablement, elle a été la première présidente à ne pas être invitée à devenir membre du Royal and Ancient Golf Club, une décision qui a suscité des réactions vives, mais qui n’a pas entamé son élégance et son intégrité.
Judy Bell a été intronisée au World Golf Hall of Fame en 2001, et en 2015, elle est devenue membre honoraire du R&A, après un changement de politique en 2014. Elle laisse derrière elle trois nièces et quatre neveux.
Points à retenir
- Une pionnière du golf qui a su allier passion et actions concrètes.
- Une présidence marquée par l’inclusion et la volonté de démocratiser le sport.
- Son humour et son franc-parler, des atouts dans un monde parfois trop sérieux.
- Une carrière caractérisée par des distinctions tant sportives qu’administratives.
Judy Bell démontre qu’un simple coup de club peut résonner bien au-delà du green. Elle a fait évoluer le golf en véritable vecteur d’inclusion, prouvant qu’un sport peut se jouer en toutes circonstances, même celles qui défient les conventions. Réflexion faite, qu’attend-on pour saisir cette belle occasion d’ouvrir les portes de ce sport à un plus large public ?