L’Ultimate Fighting Championship (UFC) n’est pas étrangère aux combattants qui cultivent des rituels avant leurs affrontements pour renforcer leur moral et faire face à leurs adversaires. Alex Pereira, surnommé « Poatan », est sans doute l’un des plus connus, arborant un couvre-chef en plumes traditionnel et peinturant son visage lors des pesées. Jiri Prochazka suit quant à lui des rites samouraïs avant ses combats. Parmi ces athlètes singuliers, on retrouve aussi le challenger au titre des poids mouches, Kai Kara-France.
Originaire de Nouvelle-Zélande, Kai puise ses racines dans la culture maorie. Avant ses combats, il sort la langue lors des pesées, un geste qui intrigue souvent. Juste avant son duel contre Alexandre Pantoja, il a pris le temps d’expliquer ce rituel : ce n’est pas une simple démonstration, mais un lien profond avec son héritage, source de force dans l’octogone.
Kai Kara-France dévoile ses rituels spirituels avant l’UFC 317
Lors de chaque pesée, Kai porte un collier vert que l’on reconnaît à peine tant il lui témoigne du respect, comme s’il s’agissait de son bien le plus précieux. Cette pierre, nommée Pounamu, est extraite des rivières de Nouvelle-Zélande. Si elle sert souvent de bijoux, pour Kai, elle possède une signification bien plus profonde.
Dans une interview accordée à l’UFC, il a déclaré : « Pour ceux qui ne savent pas ce que je porte le jour de la pesée, c’est le Pounamu, un taonga naturel d’Aotearoa, la Nouvelle-Zélande. Cette pierre verte ne se trouve que chez nous, dans nos lacs et rivières. C’est une matière magnifique que nous utilisons pour fabriquer des bijoux, et généralement, on reçoit un Taonga en cadeau. Celui-ci m’a été offert par ma mère. »
Ce collier symbolise la force et la guidance que lui transmettent ses ancêtres, une aide précieuse avant d’entrer en combat. Le visage tendu, yeux grands ouverts et langue sortie, Kai adopte le Pukana, un geste destiné à impressionner ou défier son adversaire. Parfois, il exécute également le Haka, cette danse guerrière maorie, héritée des générations précédentes.
Surnommé « Don’t Blink », Kai compte bien puiser dans cette énergie spirituelle, culturelle et émotionnelle pour détrôner Alexandre Pantoja lors de l’UFC 317. Son engagement dépasse la simple compétition : il s’appuie sur ses valeurs culturelles pour aborder ce défi. Mais l’une de ses priorités dépasse même son travail de combattant.
La famille avant tout, même avant l’UFC pour Kai Kara-France
Après plusieurs obstacles tout au long de sa carrière, Kai a finalement son moment de gloire. Sa victoire par KO au premier round contre Steve Erceg lui ouvre la porte du combat pour le titre contre Pantoja. Selon lui, cette réussite est aussi le fruit de ses valeurs culturelles et de son dévouement au MMA. Pour autant, il tient à rappeler que ce sport ne le définit pas complètement : son identité véritable est ancrée dans ses racines et sa famille.
Il confie avec émotion : « C’est ma superpuissance. Être Maorie, c’est ce qui nous rend uniques. Combattre sur la plus grande scène mondiale, c’est porter ma culture et mes gens avec moi. C’est mon identité. Le MMA et l’UFC, c’est mon boulot, mon Mahi. Mais ce n’est pas tout. Ce qui compte vraiment, c’est ma Whanau (ma famille). »
La famille a toujours été une source majeure de force pour nombre d’athlètes, et ce n’est pas différent pour Kai. Mais il semble puiser encore plus loin, au-delà du soutien familial, jusqu’à l’énergie de ses ancêtres. Ce sera sûrement nécessaire face à Pantoja, dont le règne semble jusqu’ici presque intouchable. Il faudra plus que des compétences pour lui chiper cette ceinture.
Points à retenir
- Les combattants de l’UFC ont souvent recours à des rituels puissants pour canaliser leur énergie, allant bien au-delà du simple spectacle.
- Kai Kara-France incarne cette tradition avec ses symboles maoris, notamment le port du Pounamu et le rituel du Pukana, mêlant culture et intimidation.
- Le Haka, cette danse de guerre ancestrale, n’est pas qu’une prouesse physique : c’est aussi un cri d’identité et une affirmation de soi avant de se battre.
- Malgré son engagement dans le MMA, Kai ne se définit pas uniquement par son sport : la famille et les racines culturelles occupent une place primordiale dans sa vie.
- Face à un champion solide comme Pantoja, toutes les forces sont bonnes à mobiliser – y compris celles du passé, des ancêtres et de la tradition.
En fin de compte, il y a quelque chose d’appréciable chez ces combattants qui se la jouent un peu chamans avant d’entrer dans l’arène. Un mélange d’étincelle mystique et de bon vieux pragmatisme sportif. Mais entre nous, est-ce que ce sera suffisant pour déloger Pantoja ? Ou faut-il commencer à réfléchir à un rituel spécial pour Kai, avec un peu plus de piment et pourquoi pas, une cape de super-héros made in Aotearoa ? Wait and see, comme on dit…
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