
L’un des instants les plus marquants et gênants de l’UFC 315 a eu lieu lorsque Bruno Silva a quitté l’Octogone après avoir été mis KO par Marc-André Barriault, lors des combats préliminaires. Quelques jours après l’événement, Silva ne fait plus partie de l’effectif actif de l’UFC.
Le parcours de Bruno Silva à l’UFC avant l’UFC 315

Silva, 35 ans, a rejoint l’UFC en 2019. Cependant, ses débuts ont été retardés de deux ans à cause d’un test antidopage positif. Un arbitre avait alors conclu que la présence de boldenone dans son urine, prélevée hors compétition en mai 2019, ne pouvait être imputée à une simple contamination alimentaire.
Ancien champion middleweight de M-1 Global, Silva a débuté son parcours à l’UFC en 2021 avec trois victoires par KO.
Mais l’année 2022 fut plus difficile pour le Brésilien. Il a débuté avec une défaite aux points face à Alex Pereira, futur champion UFC sur deux catégories, puis une autre par soumission face à Gerald Meerschaert, avant de connaître un revirement en 2023 avec un KO réussi contre Brad Tavares.
Bruno Silva face à Marc-André Barriault à l’UFC 315
Après sa victoire sur Tavares, Silva a enchaîné quatre défaites consécutives avant d’affronter Barriault à Montréal. Silva n’a pas réussi à faire le poids, arrivant à 187 livres pour un combat middleweight prévu.
Barriault a mis fin au combat en seulement 87 secondes, en assénant plusieurs coudes contre la cage puis en enchaînant avec des frappes au sol.
Silva est resté étendu longuement sur le tapis après le KO et a quitté l’octogone sur une civière, le cou immobilisé, par mesure de précaution après des douleurs cervicales signalées.
Examiné et relâché de l’hôpital de Montréal le soir même, Silva a rassuré ses fans en portugais : « Je passe juste pour dire que je vais bien. Je suis allé à l’hôpital, j’ai passé des examens, tout va bien. »
Bruno Silva évoque ses difficultés psychologiques et son parcours à l’UFC
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Dans un entretien accordé à MMA Fighting, Silva a ouvertement parlé des troubles psychologiques qu’il a rencontrés après sa défaite aux points face à Ismail Naurdiev à l’UFC 308 en octobre 2024.
« Je suis rentré chez moi après ce combat d’Abu Dhabi en ayant la certitude que j’allais me faire virer. Quatre défaites d’affilée, et pas seulement des défaites, mais vraiment de mauvaises performances. Je ne me battais plus pour gagner, mais juste pour tenir. Et ce dernier combat était le pire. Je voulais juste que ce soit fini. »
Silva a ensuite parlé avec Alex Pereira, avec qui il a évoqué ses craintes de voir sa carrière arriver à sa fin.
Celui-ci lui a conseillé de prendre contact directement avec le matchmaker de l’UFC, Mick Maynard, pour expliquer sa situation et demander une dernière chance.
Malgré la réponse assez froide de Maynard au départ — impossible de faire quelque chose avec quatre défaites de suite — Silva n’a pas lâché et a insisté, expliquant qu’il n’avait jamais refusé un combat et qu’il voulait surtout temps pour se soigner mentalement.
Finalement, Maynard lui a accordé un dernier combat, le mettant face à un ultimatum : s’il perdait, ce serait la fin.
Silva s’est alors entièrement consacré à sa santé mentale, refusant qu’on le réduise à une simple dépression. « J’aime la vie, je ne voulais pas ça, mais il fallait que je me batte. Au lieu de demander une guérison, j’ai demandé de l’aide pour faire au mieux. »
Récemment, il a été rapporté par Borrachinha Depot que Bruno Silva ne figure plus sur la liste officielle des combattants UFC. On ignore pour l’instant s’il a été libéré ou si son contrat est simplement arrivé à échéance.
Points à retenir
- Bruno Silva a connu un parcours mouvementé à l’UFC : un début perturbé par un contrôle antidopage, un temps prometteur en 2021, puis une pente descendante difficile à remonter.
- Son dernier combat, une défaite rapide face à un Canadien au sommet de sa forme, semble avoir marqué la fin d’un cycle.
- Chez les combattants, les coups ne sont pas que physiques : la santé mentale reste un élément capital, souvent mis de côté dans ce monde ultra-compétitif.
- La gestion des carrières à l’UFC, si elle est parfois humaine, peut aussi paraître implacable : quatre défaites et vous êtes sur la corde raide.
- Dans le cas de Silva, la résilience a pris le pas, et sa volonté de soigner ses blessures invisibles illustre une dimension souvent méconnue du sport de combat.
Au final, on se demande si la dureté du milieu n’est pas un peu contre-productive : entre clauses contractuelles et gestion psychologique, où se situe vraiment la ligne entre la carrière et le burn-out ? En tant qu’amateur de ce sport impitoyable, je dirais que parfois, il vaut mieux faire un pas de côté avant de finir KO… non pas au sol, mais dans sa tête. Mais bon, le spectacle doit continuer, hein ?
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