jeu. Août 6th, 2026

UEFA maintient son boycott du Mondial et réaffirme ses conditions pour toute évolution du football mondial

L’UEFA — l’instance qui réunit 55 fédérations européennes — a annoncé jeudi qu’elle poursuivrait son boycott de la Coupe du Monde, prolongeant ainsi la pression sur le président de la FIFA, Gianni Infantino, après l’échec d’un projet visant à vendre des parts du tournoi à des investisseurs privés.

Le projet visait à créer une entité distincte chargée des activités commerciales de la Coupe du Monde et d’autres compétitions, puis à céder une partie de cette société à des fonds privés. Infantino disait vouloir mobiliser des fonds redistributibles à l’échelle mondiale, mais la proposition a déclenché une levée de boucliers chez les responsables du football et a été perçue comme une privatisation de la compétition. Face à l’opposition mondiale, Infantino a dû renoncer partiellement à son idée, même si l’UEFA a déclaré qu’elle ne lèverait pas son boycott tant que des garanties claires ne seraient pas données.

Des critiques internes à la FIFA

L’un des coups les plus lourds pour Infantino est venu de l’intérieur de la FIFA : un conseiller de haut niveau a démissionné et un cadre, dans une publication à l’Associated Press, a pris publiquement position contre le plan, indiquant qu’il avait été élaboré sans consultation interne. Depuis, Infantino a abandonné le projet, mais l’UEFA a affirmé sa préférence pour des garanties fermes afin que la FIFA n’essaie plus jamais de commercialiser la Coupe du Monde de cette manière.

Réactions et enjeux

La FIFA a été contrée par plusieurs voix importantes du football. L’UEFA a rappelé que ses conditions de non-participation dans les compétitions FIFA demeurent valables tant que les propositions de cession ne sont pas retirées et que des garanties suffisantes ne sont pas données pour éviter toute tentative similaire à l’avenir. De son côté, FIFPRO, l’organisme représentant les joueurs du monde entier, a également dénoncé la démarche et appelé à des réformes de gouvernance.

Infantino se retrouve désormais dans une posture délicate. Alors qu’il avait annoncé son intention de se représenter à la présidence de la FIFA lors des élections prévues en mars, jusqu’à présent aucun candidat n’a encore émergé pour le contester.

Réactions au niveau des fédérations

La FIFA a, pour sa part, tenté de s’unir après des consultations internes, mais l’UEFA a rejeté une déclaration faisant état d’un rapprochement des positions et d’un apaisement rapide. D’autres grandes voix du football, comme l’English FA, ont aussi appelé à la démission d’Infantino, tandis que CONMEBOL, l’organisme représentant les fédérations sud-américaines, n’a ni explicitement demandé sa démission ni exprimé son soutien.

Perspective européenne et répercussions

Une retenue européenne durable constituerait une menace sérieuse pour la FIFA et Infantino. Avec la Coupe du Monde féminine prévue au Brésil l’année prochaine et la prochaine Coupe du Monde masculine largement disputée entre l’Espagne, le Portugal et le Maroc, avec des matchs imaginés en Argentine et ailleurs en Amérique du Sud, l’enjeu est de taille. Le déploiement d’un boycott soutenu par l’Europe pourrait influencer fortement l’équilibre du pouvoir et le financement du football mondial.

Image associée

L’image accompagnant cette actualité montre Gianni Infantino s’exprimant lors du Semafor World Economy 2026 à Washington, D.C., le 15 avril 2026. Crédit: Alex Wong/Getty Images.

Bon à savoir

Bon à savoir

– Le conflit autour de la propriété et du contrôle des compétitions majeures expose les tensions entre Fédération européenne et FIFA sur la répartition des revenus et le pouvoir décisionnel.
– Les conditions posées par l’UEFA en cas de participation future incluent le retrait des propositions de vente et des garanties contre toute tentative de privatisation à l’avenir.
– FIFPRO appelle à des réformes de gouvernance pour renforcer l’indépendance et l’intégrité des décisions dans le football mondial.
– Le poids des associations européennes dans le contrôle des compétitions peut influencer l’évolution des formats et des calendriers internationaux.
– L’évolution des congrès et des élections à la FIFA en mars pourrait redistribuer les alliances et les soutiens au sein du football mondial.
– L’impact sur les compétitions prévues dans les années à venir dépendra des engagements pris par la FIFA et des réponses des fédérations nationales.
– Les enjeux financiers et contractuels doivent être équilibrés avec les attentes des joueurs, des clubs et des ligues afin de préserver l’accès équitable et l’intégrité sportive.


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