Roland-Garros : Alexander Zverev remporte enfin son premier Grand Chelem contre Flavio Cobolli
Alexander Zverev n’avait encore jamais gagné un tournoi du Grand Chelem. Désormais, le Hambourgeois décroche le titre à Roland-Garros, en battant l’outsider Flavio Cobolli en finale. Sur le court Philippe-Chatrier, le numéro un a vécu une victoire qui ressemble à un aboutissement : « Maintenant, c’est enfin un happy end », a-t-il déclaré.
Un moment de “Happy End” sur le Philippe-Chatrier
Quand Alexander Zverev a reçu la Coupe des Mousquetaires, il l’a embrassée, l’a caressée avec une tendresse presque cérémoniale, puis l’a tenue contre lui comme un bébé. Au moment de la remise des prix, il a ajouté en direction de son équipe : « On a été, un moment, des perdants dans les instants décisifs… mais au final, on est maintenant champions du Grand Chelem. Et c’est ça qui compte. »
Grâce à un parcours de finale particulièrement nerveux, le joueur de 29 ans, visiblement contraint physiquement, s’impose en cinq manches : 6-1, 4-6, 6-4, 6-7 (5-7), 6-1. Une victoire arrachée, et donc d’autant plus lourde de sens, tant elle efface l’étiquette du “presque” qui lui collait depuis trop longtemps.
Après avoir converti sa deuxième balle de match au terme de 4 h 16 de jeu, Zverev s’est laissé tomber sur le sable, épuisé, en laissant échapper des larmes. Puis il a réconforté son adversaire au lieu de savourer en mode triomphateur. Une façon de dire : “ok, c’est un trophée… mais ça reste du sport”.
Un titre attendu depuis longtemps outre-Rhin
Depuis le début de l’ère Open, aucun joueur allemand n’avait triomphé à Roland-Garros. Zverev, lui, a résisté à la pression d’un moment historique et devient le premier Allemand à soulever un Grand Chelem sur les vingt-cinq dernières années — un record qui remonte à Boris Becker, sacré à l’Open d’Australie il y a trente ans.
Selon le Deutsche Tennis, la réussite est aussi passée par la constance : il a fallu 41 tentatives à Zverev pour gagner enfin dans l’un des quatre tournois majeurs. Trois fois, il s’était déjà arrêté en finale, parfois de manière cruelle. Cette fois, le final a basculé de son côté.
Un “trauma” de finale mis de côté (mais sans faire semblant)
À partir du quatrième set, Zverev a montré qu’il pouvait encore lutter, malgré des signaux physiques inquiétants. Il a transformé sa patience en carburant, après des défaites, des blessures et des doutes qui n’avaient pas vraiment épargné son parcours.
Le contexte du tableau a aussi joué : la sortie précoce de têtes d’affiche comme Jannik Sinner et Novak Djokovic, ainsi que l’absence de Carlos Alcaraz, blessé, ont ouvert une fenêtre. Et Zverev a fait ce qu’on attend d’un champion : il a pris sa chance au moment où elle existait.
Cobolli a cru, Zverev a maintenu
Sur le plan du jeu, Zverev a démarré avec plus d’impact et plus de précision. Son service a notamment fait la différence : il a breaké trois fois dans le premier set pour s’imposer.
Flavio Cobolli, finaliste pour la première fois, arrivait avec une histoire particulière. En demi-finale, il avait bénéficié d’un forfait de Matteo Arnaldi, malade. Sur le plan du corps, c’était un avantage. Sur le plan mental, ça s’est vu : au début, le joueur classé au 14e rang mondial semblait moins “présent” et multipliait les erreurs gratuites.
Le public l’a toutefois poussé, avec des applaudissements et des encouragements. Et effet immédiat : dès le deuxième set, Cobolli a retrouvé de l’énergie. Zverev a vacillé après avoir perdu son service pour passer à 3-4. Cobolli en a profité avec des coups gagnants presque à chaque occasion, et il a arraché le deuxième set.
Physiquement, Zverev n’était pas en mode “facile”
Au moment où Cobolli a tenté d’imposer un rythme plus risqué, Zverev a mieux anticipé. Il remporte le troisième set grâce à un break. Mais au quatrième, ses jambes ont ralenti : il bougeait moins bien et son premier service perdait de sa fiabilité.
Dans le tie-break, il a finalement cédé le passage, avec une pause pendant laquelle il s’est fait masser les cuisses sur le banc. On peut gagner une finale… mais on ne gagne pas forcément la partie “confort”, c’est un détail.
Dans le cinquième set, la tendance reste la même : Zverev est visiblement amoindri, mais c’est Cobolli qui commet davantage d’erreurs. Zverev ne s’est pas emballé lors des breaks : il a gardé son énergie, sans se donner en spectacle — efficace, et un peu prudent, comme un bon réflexe de survie.
Le succès sur terre battue à Paris rend l’histoire encore plus cohérente. En 2022, Zverev avait quitté Roland-Garros en victime d’une blessure grave en demi-finale contre Rafael Nadal, évacué dans un fauteuil roulant. Quatre ans plus tard, c’est lui qui sourit sur le Philippe-Chatrier.
Points à retenir
- Zverev remporte enfin son premier Grand Chelem après de nombreuses finales manquées : l’attente, elle, était bien réelle.
- Le service a été un levier décisif, surtout au début, avant que le match ne se transforme en lutte d’endurance.
- Cobolli a eu un vrai temps fort au deuxième set, porté par le public : quand ça s’allume, ça ne s’éteint pas tout de suite.
- La finale ne s’est pas jouée sur la seule confiance : les jambes de Zverev ont compté, et il a dû économiser son émotion.
- Le contexte a aidé, mais ce genre de “fenêtre” ne reste ouvert qu’un temps. Cette fois, Zverev l’a traversée.
Et si je dois donner mon impression de journaliste : je trouve que cette victoire dit quelque chose de plus large qu’un trophée. Elle rappelle que le talent ne suffit pas toujours, et que le sport, parfois, récompense surtout ceux qui continuent d’y croire même quand ça n’a “pas marché”. Pour ma part, je vois dans ce sacre un signal : la résilience n’est pas une posture, c’est un travail de fond. Et franchement, c’est exactement le genre d’histoire qui mérite qu’on s’en saisisse… au-delà du score.