mar. Juil 21st, 2026

CLUB ALL ENGLAND, LONDRES — Il y a vingt ans cette semaine, Venus Williams s’imposait face à Lindsay Davenport lors d’une des finales les plus mémorables de Wimbledon.

Davenport menait le match au service dans le deuxième set, avec un point de match dans la troisième manche, mais Williams s’est imposée dans un duel 100% américain, 4-6, 7-6(4), 9-7, après deux heures et 45 minutes d’un combat acharné. Cette finale reste la plus longue de l’histoire du simple dames à Wimbledon, et l’une des plus grandes finales en Grand Chelem qui soient.

Après la finale épique entre Carlos Alcaraz et Jannik Sinner au dernier Roland-Garros, les conversations ont naturellement tourné autour de la place des finales dans la légende du tennis. Wimbledon a vu passer d’autres rendez-vous d’anthologie : le duel Borg-McEnroe en 1980, le Nadal-Federer en 2008, et même le triomphe improbable de Goran Ivanišević en 2001. On se souvient aussi de la rivalité Graf-Seles à Roland-Garros en 1992, ou la finale Sharapova-Halep en 2014.

Les finales masculines, jouées en cinq sets, laissent davantage de latitude pour des matchs qui s’inscrivent dans la durée et dans l’esprit collectif. Pourtant, le tennis, qui se targue d’une égalité plus large que d’autres sports, reste marqué par un fossé entre les formats hommes et femmes. Ces dernières jouent en trois sets, un facteur qui limite non seulement la longueur des rencontres, mais aussi leur place dans la mémoire du grand public.

Qualité et quantité ne sont pas synonymes. Bien que les matchs en cinq sets puissent parfois ralentir le rythme et connaître des creux, le format en trois sets présente des avantages pour la dynamique et le suspense. L’exception récente reste la finale Roland-Garros Sinner-Alcaraz. Mais dans la culture populaire, le mythe du cinq sets reste dominant et occulte l’exposition des matchs féminins, moins longs à l’écran, particulièrement lors des moments clés des plus grands tournois.

Une piste de réforme consisterait à adopter les trois sets lors des quatre premiers tours pour les hommes et les femmes, puis le format cinq sets à partir des quarts jusqu’à la finale dans les quatre tournois majeurs.

Le combat pour l’égalité des primes a également marqué l’histoire. La veille de cette finale de 2005, Venus Williams avait discuté avec les organisateurs de Wimbledon de la disparité des gains. Cette année-là, Roger Federer, champion masculin, avait empoché 630 000 £, alors que Williams recevait 600 000 £. Sa finale face à Davenport montrait à elle seule l’injustice de cet écart. Deux ans plus tard, Wimbledon adoptait l’égalité des prize money, rejoignant ainsi les trois autres tournois du Grand Chelem.

Davenport, aujourd’hui âgée de 49 ans et analyste pour Tennis Channel, garde un souvenir amer de cette finale. Elle avait pourtant dominé ce jour-là, mais l’exploit de Williams a annulé ses efforts. L’échange décisif sur un revers gagnant, sauvant un point de championnat, symbolise la légende que Williams est devenue, tout en soulignant la révolution technique portée par elle-même, sa sœur Serena et leurs contemporaines.

“C’est la défaite la plus difficile de ma carrière,” confie Davenport, qui compare cette douleur avec celle d’Andy Roddick, triple finaliste à Wimbledon chez les hommes. “Il m’a dit, ‘au moins toi, tu as un titre à Wimbledon’.” Mais ce qui rendait la défaite encore plus dure, c’est la qualité du match lui-même. “On se rappelle ces moments. Parfois, perdre lourdement est presque plus simple à digérer. Là, c’était vraiment ‘ma’ journée, et je n’ai pas pu gagner. C’est plus compliqué à accepter.”

Davenport a aussi expérimenté le format en cinq sets lors des finales des WTA Tour Finals dans les années 1990, soulignant combien un changement de format en plein tournoi peut être déstabilisant. Elle reste sceptique quant à une transition partielle vers le cinq sets dans les Grands Chelems :

“Je ne crois pas à un format qui change en cours de route. Soit on joue tout dans un format, soit on ne le fait pas.”

Si cette idée semble sensée, elle ne fait pas consensus chez les joueuses. Aryna Sabalenka, numéro un mondiale, évoque le risque accru de blessures et préfère que ce soit un problème “pour les garçons”. Iga Świątek, finaliste cette année à Wimbledon, reconnaît qu’elle pourrait tenir physiquement, mais ne se réjouit pas non plus d’un tel défi.

Cette position est largement partagée parmi les meilleures joueuses. Coco Gauff, Jessica Pegula ou Madison Keys estiment que le format actuel en trois sets est plus adapté, notamment pour préserver la fraîcheur et le spectacle. Certaines, comme Emma Navarro, semblent curieuses d’un essai, mais la prudence domine.

L’écart des formats entretient donc une inégalité persistante. Cela se ressent aussi dans la valorisation commerciale : les billets pour les finales hommes se vendent ainsi quatre fois plus cher que ceux pour les finales femmes à Wimbledon. Une différence fondée sur la durée et la fréquence d’exposition, plutôt que la qualité du jeu.

La finale féminine de cette année, entre Świątek et Anisimova, pourrait bien être à la hauteur des plus grands souvenirs, mais son impact restera limité par un cadre qui ne permet pas de briller totalement, faute de temps d’exposition. Quand on y repense, cela paraît aussi absurde que d’avoir interdit les longues distances aux femmes aux Jeux Olympiques il y a plusieurs décennies.

(Crédit photo : Andrew Parsons / PA Images via Getty Images)

Points à retenir

  • Les finales dames en Grand Chelem sont limitées à trois sets, alors que les messieurs jouent en cinq sets, créant une inégalité structurelle difficile à gommer.
  • La durée plus courte des matchs féminins réduit leur exposition médiatique et commerciale.
  • Venus Williams a illustré en 2005 vivement l’injustice des primes entre hommes et femmes, un combat qui, fort heureusement, aboutit depuis à une égalité dans les Grands Chelems.
  • Certaines joueuses redoutent le format cinq sets, notamment pour le risque accru de blessures et l’impact sur leur calendrier déjà chargé.
  • La valorisation commerciale des événements masculins reste nettement supérieure, alimentant une perception biaisée de la popularité et de la qualité du tennis féminin.
  • Des propositions comme un format hybride, combinant trois sets en début et cinq sets en phases finales, restent discutées mais divisent les joueuses.
  • Il est parfois plus simple de perdre un match médiocre que de perdre une finale intense… allez comprendre.

En résumé, le tennis féminin continue de se débattre entre performance et reconnaissance, au sens large du terme. Alors que les hommes s’accrochent à leurs cinq sets mythiques, on pourrait se demander si ce sont vraiment ces heures interminables qui forgent la légende, ou simplement une bonne excuse pour prolonger le suspense. Enfin, qui suis-je pour juger ? Après tout, s’asseoir tranquillement devant une finale trois sets bien rythmée, c’est un plaisir tout aussi délicieux – et ça fatigue nettement moins.


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By Jordan Jarson

Entrepreneur passionné par le business web et le webmarketing, j'ai mon propre site e-commerces et je m'occupe d'améliorer sa visibilité en ligne. À temps perdu, je fouille le net à la recherche de pépites que je partage à la communauté.

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