Pour le tennis argentin Thiago Tirante, la défaite au premier tour du Masters 1000 de Cincinnati n’a pas été la seule mauvaise nouvelle. À son arrivée à l’aéroport de Cancún, au Mexique, accompagné de sa compagne, il a vécu une mésaventure qu’il qualifie de « corruption ».
Que s’est-il passé ? À l’aéroport, son bagage a été fouillé par la sécurité. En ouvrant ses valises, les agents ont trouvé des rouleaux de cordes pour cordage de raquettes. Tirante a naturellement expliqué qu’il s’agissait d’équipements professionnels indispensables à sa pratique.
Mais c’est là que le problème est apparu : les agents ont refusé de les considérer comme des « effets personnels » et ont exigé un paiement de 19 % de leur valeur sous forme de taxe.
« Ils ont trouvé des rouleaux de cordes pour raquettes (mon outil de travail). J’ai expliqué que c’est du matériel professionnel, mais ils ne l’ont pas reconnu comme bagage personnel. Ensuite, le traitement s’est très mal passé », raconte le joueur.
Face à cette situation, Tirante a demandé des explications sur la réglementation en vigueur, mais le personnel de l’aéroport de Quintana Roo a menacé de retenir son passeport, ce qui aurait immobilisé son voyage. « Face à cette menace et sans aucune justification légale, je n’ai eu d’autre choix que de payer », a-t-il expliqué sur Instagram.
« C’est de la corruption, un abus de pouvoir. On ne devrait pas avoir à subir cela », a-t-il dénoncé, à la fois indigné et résigné pour pouvoir continuer son périple.
Tirante était arrivé dans le tableau principal du Masters 1000 de Cincinnati après s’être qualifié, remportant deux matchs en une journée due à des suspensions liées à la pluie. Âgé de 24 ans et classé 135e à l’ATP, ce tournoi représentait sa deuxième participation dans cette catégorie, après Miami.
Le destin l’a mis face à l’Italien Luca Nardi (98e), entré dans le tableau en tant que « lucky loser », offrant à Tirante une belle opportunité pour avancer dans la compétition.
La frustration de Tirante après avoir perdu son service au deuxième set. 😳😡
Mais la rencontre ne tourna pas en sa faveur. Mené par un set, il remonta le niveau et réussit à briser le service de son adversaire, se donnant ainsi la possibilité de servir pour égaliser la rencontre. À 5-3, avec un break point à défendre, un échange mal géré se solda par une faute directe de Tirante, lui coûteuse.
Sa colère éclata alors : il fracassa sa raquette sur le béton, plusieurs fois, jusqu’à détruire le cadre sous les yeux du public.
Finalement, Nardi remporta le match 6-4, 7-6 (7-5) après une heure 57 de jeu, éliminant ainsi Tirante. Quelques heures plus tard, le joueur argentin connut ce désagrément supplémentaire à son arrivée au Mexique.
Points à retenir
- Un contrôleur zélé peut transformer une simple inspection en une expérience kafkaïenne, surtout si vous confondez corde à raquette avec sucre en poudre.
- Le matériel professionnel d’un athlète ne semble pas bénéficier du même traitement que votre trousse de toilette, même si c’est exactement ce qui lui permet de travailler.
- L’argument de la menace de retenue du passeport, bon moyen de convaincre quiconque de lâcher quelques pesos – ou plutôt des pesos-serrés.
- Le bon vieux « mauvais traitement » suivi du « il n’y a pas d’explication légale » arrive souvent quand la logique fait défaut à l’administration locale.
- Le petit coup de colère sur la raquette reste encore le meilleur moyen d’exprimer sa frustration… même si ça fait mal au portefeuille.
En somme, entre un match nerveux perdu et une confrontation avec des agents aéroportuaires hostiles, l’épreuve du feu était au rendez-vous. Cela soulève une question fondamentale : la vie d’un sportif professionnel vaut-elle moins qu’un paquet de chewing-gums passé en fraude ? Je me demande s’ils auraient aussi taxé son short et sa bouteille d’eau… À méditer, en espérant que la prochaine fois, les cordes à raquette soient reconnues comme épices précieuses et non comme contrebande.