Rafa Jódar, jeune talent du tennis masculin espagnol, impressionne à 19 ans. Actuellement étudiant à l’université de Virginie, il a remporté son deuxième tournoi de catégorie challenger ce dimanche à Lincoln. Cette semaine, il est déjà en huitième de finale à Sioux Falls. Depuis les États-Unis, Jódar partage avec nous son parcours.
P : Les résultats confirment-ils que vous avez eu raison de vous lancer dans l’aventure américaine ?
R : Je suis très satisfait de ma saison. Les résultats sont au rendez-vous, ce qui prouve que le travail effectué est fructueux. Je joue à un bon niveau, même s’il me reste encore des progrès à faire. J’apprécie chaque étape du processus.
P : Qui est votre entraîneur actuellement ?
R : Mes entraîneurs universitaires me soutiennent lors des tournois. Mon père a toujours été mon entraîneur, mais il ne peut pas me suivre ici à cause de la distance.
P : Avez-vous eu des difficultés à jongler entre les études et le tennis ?
R : Ils rendent les choses plus simples en comprenant que je peux voyager pendant trois semaines d’affilée. J’étudie même lors des tournois, dans les hôtels ou pendant mes moments libres. Continuer mes études est essentiel, car passer tout mon temps sur le tennis n’est pas forcément bon. Avoir une activité à côté aide à me concentrer davantage lors des matchs.
P : Que faites-vous comme études en Virginie ?
R : Les deux premières années, ce sont des matières communes, et ensuite, je choisis ma spécialisation. Actuellement, je suis les mêmes cours que mes coéquipiers.
P : Envisagez-vous de rester aux États-Unis ou de passer au circuit professionnel ?
R : Mon objectif est de participer à des tournois jusqu’en décembre comme je le fais depuis le début. Après mon semestre, je rentrerai en Espagne pour les fêtes. Je n’ai pas encore décidé si je reviendrai aux États-Unis, cela dépendra d’une discussion avec mon père.
P : Vous avez le classement (210) pour entrer en qualification pour l’Open d’Australie.
R : Je n’étais pas au courant, mais je suis content de ma progression.
Ce serait quelque chose de spécial pour moi de me qualifier pour les ‘Next Gen Finals’
Rafa Jódar
P : Regardez-vous le classement pour les ‘Next Gen Finals’ de Jeddah ?
R : Je ne suivais pas ce classement, mais si cela se présente, j’en discuterai avec mon équipe.
P : Quel est le niveau dans la ligue universitaire de tennis ?
R : De août à janvier, je ne participerai pas aux tournois universitaires car je préfère les challengers. J’ai cependant joué de janvier à avril, et il y a effectivement un très bon niveau, avec de nombreux joueurs que l’on retrouve dans les challengers.
P : Avez-vous des adversaires notables ?
R : Il y a un joueur américain à Columbia qui joue très bien. L’année dernière, un jeune de l’université de l’Arizona s’est aussi démarqué.
P : Quelles améliorations avez-vous constatées cette dernière année ?
R : J’ai évolué, je pense que je suis plus mature face aux matches, notamment grâce à l’expérience accumulée. Analyser les matchs et y faire face devient plus facile. Le chemin est encore long, mais j’apprécie chaque moment.
Quand je serai à Madrid pour Noël, j’espère rencontrer Álvaro Morata pour un match de tennis.
Rafa Jódar
P : Avez-vous des objectifs de classement pour l’année prochaine ?
R : Je n’avais pas d’objectifs précis en début de saison. Je n’ai même pas joué de challengers avant fin mars.
P : Álvaro Morata continue-t-il de liker vos publications sur les réseaux sociaux ?
R : Je n’ai pas parlé avec lui depuis un moment. J’espère que lors de mon retour à Madrid, nous pourrons enfin jouer ensemble.
P : Qu’aimeriez-vous accomplir l’année prochaine ?
R : Continuer à savourer les tournois à travers le monde, rencontrer de nouvelles personnes et progresser en tant que joueur. Si je fais bien les choses, les résultats suivront. Mon objectif est de m’améliorer progressivement.
Représenter l’Espagne serait un honneur.
Rafa Jódar
P : Avez-vous été sparring pour la Coupe Davis ? Souhaitez-vous participer ?
R : Représenter l’Espagne est toujours un privilège. J’ai apprécié mon expérience comme sparring l’année dernière, et j’ai beaucoup appris. J’espère avoir un jour l’opportunité de faire partie de l’équipe.
P : Encouragez-vous la prestation de votre compatriote Martín Landaluce, proche du top 100 ?
R : Voir émerger de jeunes talents, comme Alcaraz et Nadal par le passé, reflète bien la dynamique actuelle en Espagne. Cela montre que le travail porte ses fruits.
P : Suivez-vous le parcours de votre équipe madrilène depuis les États-Unis ?
R : Suivre le Real Madrid est essentiel pour moi. Je suis satisfait du début de saison, même si je regrette de ne pas être là pour aller au Bernabéu. J’espère pouvoir assister à un match lors de mon retour. Je suis en confiance pour le Clasico de dimanche, et je me lève tôt pour suivre les rencontres ici.
Points à retenir
- Rafa Jódar met un point d’honneur à concilier études et tennis, un véritable défi pour de nombreux athlètes.
- Il est conscient de la nécessité de se diversifier en dehors du tennis pour maintenir un équilibre.
- Le purgatoire des choix : rester aux États-Unis ou rentrer en Espagne, une décision qui pèse.
- Jodar est bien positionné pour les futures compétitions, bien qu’il semble ne pas se laisser submerger par la pression du classement.
En regardant l’évolution de jeunes talents comme Rafa, je ne peux m’empêcher de réfléchir : sommes-nous en train d’assister à un renouveau du tennis espagnol ? Peut-être que cette nouvelle génération apportera fraîcheur et créativité à un sport qui en a bien besoin. En tant que journaliste, je me sens privilégié de suivre ces récits, témoins des efforts et des passions qui animent nos jeunes sportifs.