Non loin de là, la cabane ostréicole La Cabane d’Hortense illustre parfaitement ce qui peut émerger lorsque la jeunesse locale est soutenue à Cap Ferret. Partageant son nom avec Chez Hortense, l’un des établissements les plus emblématiques de la presqu’île, cette cabane se niche au cœur d’un petit bosquet surplombant la paisible baie de la Conche du Mimbeau. J’y suis arrivé alors que le soleil déclinait, baignant l’atmosphère d’une lumière presque magique. Le propriétaire, Khalid Zamrani, vêtu tout en blanc, riait avec quelques habitués. Khalid entretient une relation chaleureuse avec ses clients et m’a gentiment chambré quand, un peu trop formellement, j’ai demandé à commander (“Non, maintenant dégage,” a-t-il lancé avec humour). Il m’a expliqué avoir créé un « espace zen » où la frontière entre serveur et client devient floue. Pendant que je savourais mes huîtres, il s’est assis à ma table pour discuter, ce qu’il faisait déjà à d’autres clients.
“Mon père était imam, mais il m’a envoyé dans une école catholique. Ça m’a habitué à mélanger les cultures. Quand je suis arrivé ici, j’étais le seul avec la peau brune. J’ai commencé en bas de l’échelle, en plongeur chez Chez Hortense, et honnêtement, je crois que certains me regardaient de haut. Mais je pense aussi qu’on peut attirer de bonnes énergies, et c’est précisément celle que l’on ressent ici. J’ai des clients qui viennent depuis des années, et je ne sais toujours pas ce qu’ils font dans la vie, car ça ne m’intéresse pas. Ce qui compte pour moi, c’est que l’équipe puisse être libre d’être elle-même. Ici, pas de hiérarchie.” Après avoir gravi les échelons, les propriétaires de Chez Hortense lui ont permis d’utiliser leur nom pour sa cabane. “C’est gagnant-gagnant,” sourit Khalid.

Ma dernière soirée à Cap Ferret a coïncidé avec la fête du village, traditionnellement considérée comme la fin non officielle de la haute saison. C’est un moment convivial où locaux et habitués se retrouvent pour boire, danser et célébrer après un été bien rempli. Sur la piste de danse, entouré de Khalid, Estelle, Benoît et d’autres, bercé par le bruit de la mer et les rythmes inattendus de Boney M, je me suis senti un instant intégré à cette communauté hétéroclite, oubliant presque que je devais repartir.
Où loger
Le Collectionist Villas
Le Collectionist propose une sélection de villas modulables selon vos envies, avec possibilité de faire appel à des chefs, guides ou concierges. À proximité de La Pointe et des plages, la Villa de la Pointe, avec ses six chambres, est idéale. Pour plus de style et d’intimité, choisissez la Villa Dorea. Si le budget n’est pas une contrainte, la vaste Villa Omnia offre une bibliothèque, une salle de sport et même un passage secret menant à la forêt et à l’océan. Chaque salle de bains est équipée d’un système audio intégré.
La Coorniche
Une courte traversée en bateau à travers le Bassin d’Arcachon mène à la charmante station de Pyla-sur-Mer. La Coorniche, installée dans un ancien pavillon de chasse des années 1930, affiche un intérieur signé Philippe Starck et offre une vue imprenable sur l’eau. Son restaurant jouxte une terrasse avec piscine à débordement. Les chambres, réparties entre la maison principale et plusieurs lodges inspirés des cabanes ostréicoles locales, arborent des décors blancs et jaunes ou blancs et roses. La carte propose naturellement des fruits de mer, avec un ceviche de bar et un lotte rôti, mais aussi des raviolis tom yum et une palette de glaces multicolores. Avec les dunes pour décor, le lieu est spectaculaire. Juste un peu plus loin, l’hôtel Haaïtza, également signé Starck, complète l’offre.


Points à retenir
- Cap Ferret accueille une nouvelle génération qui, comme Khalid, apporte un regard moderne tout en respectant les traditions locales.
- La convivialité prime, et parfois une répartie un peu franche comme chez Khalid fait partie du charme du lieu.
- Entre plages, pinèdes et villages pittoresques, le Bassin d’Arcachon et ses alentours offrent une parenthèse unique, loin du tourisme de masse.
- L’hôtellerie locale mise parfois sur le luxe discret, avec des villas modulables et des hôtels design, tout en valorisant le patrimoine naturel.
- La fête du village illustre bien cette ambiance où toutes les générations se mêlent pour un moment de joie simple — même si la musique de Boney M reste une énigme intergénérationnelle.
Au final, Cap Ferret donne l’impression d’être un havre à part, où chacun peut trouver sa place, à condition d’accepter un peu d’impertinence et beaucoup de simplicité. Mais entre nous, est-ce qu’un tel équilibre peut durer ? Ou bien le charme finira-t-il par s’effriter sous le poids de nouveaux visiteurs moins charmants ? Seul l’avenir nous le dira, même si je n’aurais pas trop d’illusions à me faire…