lun. Juil 20th, 2026

Un pétrolier. Photo d’illustration : Getty Images

La France et la Belgique, principaux importateurs européens de gaz naturel liquéfié (GNL) russe, refusent de soutenir le plan proposé par la Commission européenne visant à interdire les approvisionnements en gaz russes.

D’après une récente enquête menée par la très réputée European Pravda, qui s’appuie sur des informations de Politico, ces deux pays réclament des garanties supplémentaires sur les conséquences économiques et juridiques avant de s’engager.

La France, première consommatrice de GNL russe, privilégie une stratégie consistant à diversifier ses sources d’approvisionnement plutôt qu’à couper immédiatement les ponts. Le ministre Franceis de l’Énergie, Marc Ferracci, a expliqué dans un entretien que Paris mise sur un remplacement progressif des volumes russes par du gaz qatari.

Par ailleurs, le ministre a soulevé la question des « certitudes juridiques » autour de la proposition bruxelloise, redoutant que les entreprises privées ne se retrouvent confrontées à des litiges avec la Russie pour non-respect de contrats. C’est notamment le cas de TotalEnergies, liée jusqu’en 2032 par un contrat avec Novatek et détentrice d’une participation dans le projet Yamal, opérant une usine de GNL en Sibérie.

De son côté, la Belgique, deuxième plus grand acheteur, souhaite obtenir un rapport détaillé sur l’impact économique avant toute décision. Le ministre belge de l’Énergie, Mathieu Bihet, a annoncé l’organisation prochaine de discussions techniques pour évaluer les conséquences sur les infrastructures gazières du pays. La Belgique prévoit de continuer à recevoir et stocker du GNL russe jusqu’en 2035.

Ce positionnement contraste nettement avec celui de l’Espagne et des Pays-Bas, également gros importateurs de gaz russe, qui ont déjà manifesté leur soutien à la future interdiction.

En 2024, ces quatre nations ont importé près de 17 millions de tonnes de GNL russe, soit 97 % des importations totales de l’UE et plus de la moitié des exportations mondiales de Moscou, pour un montant dépassant les 6 milliards d’euros.

Le soutien unanime de ces pays est essentiel pour la Commission européenne, d’autant que la Hongrie et la Slovaquie promettent de faire obstacle à l’interdiction afin de préserver leurs importations énergétiques russes.

Par ailleurs, plusieurs voix au sein de l’Union appellent à la reprise des achats russes une fois le conflit en Ukraine terminé, invoquant les prix élevés de l’électricité en Europe. La Commission prépare actuellement une étude d’impact économique et juridique approfondie, préalable indispensable à toute décision.

Points à retenir

  • La France et la Belgique préfèrent temporiser avant de couper les livraisons de GNL russe, craignant des complications économiques et juridiques.
  • La diversification énergétique se présente plus comme un choix pragmatique que comme un acte de défi face à la Russie.
  • Des contrats en cours, tels que celui de TotalEnergies, rendent toute rupture immédiate délicate.
  • L’Espagne et les Pays-Bas affichent plus de détermination à soutenir la commission européenne, montrant que l’union de vues n’est pas au rendez-vous.
  • La Hongrie et la Slovaquie restent les éléments dissidents, jouant les trouble-fêtes pour maintenir leurs approvisionnements.
  • L’ombre d’une possible reprise des importations russes plane dans les discours, notamment à cause de la hausse des coûts énergétiques.

En fin de compte, cette situation reflète parfaitement le dilemme européen : une volonté de réduction de la dépendance russe, vite tempérée par des intérêts économiques et politiques bien ancrés. On pourrait presque penser que l’Union européenne essaye d’avaler une pilule amère tout en espérant ne pas se casser une dent. Alors, rêvons un peu : une Europe énergétiquement souveraine où les choix stratégiques ne seraient pas dictés par des intérêts divergents ou par la peur des conséquences juridiques… Pour l’instant, il faudra se contenter du spectacle d’une diplomatie hésitante et de négociations sans fin. Qui a dit que sortir d’une dépendance énergétique était simple ? Pas moi, en tout cas.


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