Israël a éliminé au moins 14 scientifiques iraniens dans une opération sans précédent visant les cerveaux derrière le programme nucléaire iranien, a révélé cette semaine l’ambassadeur d’Israël en France, Joshua Zarka. Il a également expliqué les raisons de ces assassinats ciblés.
Lors d’un entretien accordé lundi à l’Associated Press, l’ambassadeur a précisé que ces frappes israéliennes avaient visé des physiciens et ingénieurs nucléaires iraniens de premier plan, des figures scientifiques qui “avaient tout dans leur esprit”.
Selon lui, ces chercheurs ont été abattus “non pas parce qu’ils connaissaient la physique, mais à cause de leur implication directe dans la fabrication d’armes nucléaires”.
Joshua Zarka a tenu à distinguer la recherche nucléaire civile des individus ciblés. “Savoir comment fonctionne un noyau atomique ou maîtriser la physique de l’uranium, c’est une chose,” a-t-il expliqué.
“Mais transformer cet uranium en ogives balistiques, c’est une autre paire de manches. Ces personnes détenaient ce savoir-faire précis, et elles étaient en train de le perfectionner. C’est pour cela qu’elles ont été éliminées.”
Chimistes, physiciens, ingénieurs : des profils variés parmi les victimes
Sur les 14 scientifiques tués, neuf ont péri lors de la première vague de frappes israéliennes, le 13 juin, a indiqué l’armée d’Israël.
Ces experts possédaient plusieurs décennies d’expérience dans le développement des armes nucléaires, avec des spécialistes en chimie, matériaux, explosifs et physique.
Mardi, la télévision d’État iranienne a rapporté la mort d’un autre scientifique nucléaire, Mohammad Reza Sedighi Saber, touché lors d’une nouvelle frappe israélienne, quelques jours après le décès de son fils de 17 ans lors d’une attaque précédente.
Ces frappes freineront-elles le programme nucléaire iranien ?
Dans une interview à l’Associated Press, l’ambassadeur a affirmé que ces éliminations rendent “quasiment impossible” la fabrication d’armes nucléaires par l’Iran, malgré les infrastructures et matières qui auraient pu survivre à près de deux semaines de bombardements israéliens intensifs, appuyés par des bombardiers furtifs américains.
“La disparition complète de ce groupe entraîne un retard de plusieurs années pour le programme nucléaire iranien”, a estimé Joshua Zarka.
Cependant, les analystes en nucléaire tempèrent cet optimisme en rappelant que l’Iran dispose d’autres scientifiques capables de prendre le relais. Selon eux, ces attaques ne font que ralentir, mais pas stopper, les progrès du programme.
Une solution négociée préconisée
Les gouvernements européens insistent sur le fait que la force militaire seule ne peut effacer le savoir-faire nucléaire iranien, d’où leur préférence pour une solution diplomatique afin de calmer les inquiétudes autour du programme iranien.
“Les frappes ne détruiront pas le savoir accumulé par l’Iran durant des décennies, ni la volonté du régime de s’en servir pour construire une arme nucléaire”, a averti le secrétaire britannique aux Affaires étrangères, David Lammy, devant la Chambre des communes.
L’Iran affirme que son programme nucléaire est pacifique, et les agences de renseignement américaines estiment que Téhéran ne cherche pas activement à se doter de la bombe. Cependant, les dirigeants israéliens insistent sur le fait que l’Iran pourrait assembler rapidement une arme nucléaire.
Points à retenir
- Quatorze cerveaux iraniens de la science nucléaire ont été éliminés en ciblant directement la partie la plus sensible du programme.
- Ces experts réunissaient des compétences allant de la chimie aux explosifs, confirmant la nature complexe de la course aux armes nucléaires.
- Malgré ce coup dur, d’autres scientifiques pourraient rapidement combler le vide laissé, rendant ce coup d’arrêt temporaire.
- La communauté internationale penche toujours pour une solution diplomatique plutôt qu’un recours exclusif à la force, même si cela fait souvent penser à une belle utopie.
- L’Iran maintient sa posture pacifique, tandis qu’Israël joue la carte de la menace imminente, un classique dans ce jeu de poker nucléaire.
En fin de compte, on pourrait presque s’amuser à imaginer que ces frappes ne font que repousser le problème sans jamais vraiment l’éteindre. À ce rythme, le programme iranien vaudra bientôt un feuilleton télévisé : suspense, rebondissements, et des experts qui tombent comme des mouches. Reste à savoir si la prochaine saison sera celle de la paix ou de la guerre… Mais bon, soyons lucides, cela ressemble plutôt à un éternel remake qui nous tient tous en haleine – une histoire sans fin où la diplomatie est souvent la seule chose qui fait illusion.