Hassan a qualifié les raids d’« immoraux et inacceptables » dans un message publié sur X. Pourtant, elle soutient que la légitime défense armée contre une puissance occupante est autorisée par le droit international, même lorsqu’elle est menée par le Hamas, malgré son passé de terrorisme et d’attentats ciblant des civils.
Le ministre de l’Intérieur Bruno Retailleau a qualifié ces propos « d’inacceptables » et a annoncé sur X avoir saisi la justice afin qu’une enquête soit ouverte pour apologie du terrorisme.
Hassan fait également partie des rares responsables politiques français à rejeter la solution à deux États. Elle plaide en faveur d’un État unique binational, rassemblant Israéliens et Palestiniens, qui garantirait le droit au retour des Palestiniens ayant fui ou ayant été expulsés lors de la création d’Israël en 1948.
Israël s’oppose depuis longtemps à ce droit au retour, le considérant comme une menace pour son identité en tant qu’État juif.
Ces controverses ont contribué à faire de la députée européenne l’une des figures politiques européennes les plus commentées et suivies. Sur Instagram, elle compte même plus de followers que Jordan Bardella, le jeune leader incontesté de l’extrême droite, ou Gabriel Attal, l’ancien Premier ministre centriste âgé de 36 ans.
Après cette période difficile, Hassan est retournée cette semaine à Strasbourg pour une session plénière du Parlement européen, plus déterminée que jamais à placer les droits des Palestiniens au cœur des débats politiques français et européens. Elle entend, dans le cadre de son mandat, pousser l’Union européenne à suspendre son accord politique et économique avec Israël, tout en réclamant un embargo sur les armes à destination du pays.
Malgré son profil très médiatisé, Hassan confie préférer une vie à l’abri des regards permanents de la presse.
« C’est quelque chose que je ne maîtrise pas, dans un sens comme dans l’autre, » explique-t-elle. « Je ne suis ni un héros, ni un monstre. Je veux simplement rester fidèle à moi-même. »
Points à retenir
- Le positionnement d’Hassan bouleverse le paysage politique traditionnel en France, surtout en rejetant la solution à deux États, une idée pourtant largement partagée.
- Le débat sur le droit au retour des Palestiniens reste l’un des points les plus sensibles du conflit israélo-palestinien, opposant profondément les visions européennes et israéliennes.
- La France, fidèle à son historique diplomatique, voit ses représentants parfois s’exposer à des controverses sur ce sujet délicat.
- L’usage des réseaux sociaux est devenu une arme politique redoutable, capable de propulser une députée européenne au rang de personnalité influente bien au-delà des frontières nationales.
- La suspension des accords avec Israël ou un embargo sur les armes relèvent pour l’instant du vœu pieux, tant la géopolitique et les alliances européennes rendent ces décisions complexes.
En somme, si Hassan joue avec habileté le rôle de lanceuse d’alerte, ça ne l’empêche pas d’être sous le feu des critiques et des projecteurs. Il reste à voir si ses ambitions pourront réellement changer la donne ou si elles finiront englouties dans les méandres d’une diplomatie coincée entre pragmatisme et idéalisme. Mais bon, qui sait ? Peut-être qu’un jour, la politique ne sera plus ce terrible théâtre où chacun joue sa partition sous l’œil avide des caméras. En attendant, je garde un œil amusé, et un autre un peu inquiet, sur ces débats qui tournent en rond.