La septième Conférence internationale sur les infrastructures résilientes face aux catastrophes (ICDRI) s’est ouverte samedi à Nice, en France. Plus de 350 délégués issus de gouvernements, d’agences de l’ONU et de banques de développement se sont réunis pour discuter de la construction d’infrastructures capables de résister aux aléas dans les zones côtières et les petits États insulaires en développement (PEID).
La question est d’autant plus cruciale que 37 % de la population mondiale vit à moins de 100 kilomètres des côtes, et que 90 % du commerce mondial s’effectue par voie maritime. Les économies côtières généreraient annuellement 1,5 milliard de dollars, un chiffre amené à doubler d’ici 2030.
Cette édition 2025 de l’ICDRI, placée sous le thème « Façonner un avenir résilient pour les régions côtières », est la première organisée en Europe. Elle est co-organisée par la Coalition pour des Infrastructures Résilientes aux Catastrophes (CDRI) et le gouvernement français. Trois axes principaux ont été retenus : faciliter l’accès au financement, exploiter les données et technologies pour les systèmes d’alerte précoce, et renforcer les normes pour des infrastructures durables et résistantes.
Le Premier ministre indien Narendra Modi, intervenu par visioconférence, a souligné l’urgence d’une action collective mondiale, rappelant la vulnérabilité accrue des communautés côtières et insulaires face aux catastrophes et au changement climatique. « Construisons des infrastructures capables de résister au temps et aux marées, pour un avenir plus solide et plus résilient », a-t-il exhorté.
Il a également présenté cinq priorités internationales, comprenant notamment le développement des compétences de la main-d’œuvre, le financement innovant et la constitution d’une base de données digitale des meilleures pratiques.
Les dirigeants des PEID ont réaffirmé ce besoin impératif d’aide rapide. Le président de Guyana, Mohamed Irfaan Ali, a qualifié les infrastructures résilientes face au climat de « question de survie », tandis que le président de Nauru, David Adeang, a insisté pour passer « du dialogue à l’action » afin que nul pays ne soit laissé pour compte.
Les Premiers ministres d’Antigua-et-Barbuda, Gaston Browne, et d’Haïti, Alix Didier Fils-Aimé, ont rappelé que la résilience n’était pas un luxe mais une nécessité et un impératif moral pour la solidarité mondiale.
Amit Prothi, directeur général de la CDRI, a mis en avant le programme IRIS, qui soutient actuellement 24 projets dans 25 PEID, et annoncé de nouvelles bourses pour 53 projets répartis dans 21 pays. La conférence a également renouvelé l’engagement de la coalition à promouvoir la résilience climatique et face aux catastrophes en Afrique, en lançant un appel à intensifier les investissements dans les petits États insulaires.
Alors que les risques liés au climat se renforcent, l’ICDRI 2025 se veut un catalyseur pour transformer les débats mondiaux en actions concrètes, en équipant les communautés côtières vulnérables pour un avenir plus sûr et durable.
Points à retenir
- Les régions côtières concentrent une part majeure de la population mondiale et de l’activité économique, ce qui les rend particulièrement exposées aux catastrophes naturelles.
- L’ICDRI 2025 marque un tournant en Europe, rassemblant des acteurs clés autour du partage de solutions pragmatiques et technologiques.
- Le financement reste une priorité majeure, avec un appel à des modes novateurs pour doter les infrastructures des moyens nécessaires à leur pérennité.
- Les petits États insulaires expriment leur préoccupation urgente : face à l’élévation du niveau des mers, ils ne peuvent plus se permettre d’attendre.
- Des projets comme IRIS démontrent que la mobilisation existe, mais leur nombre et leur étendue restent encore modestes par rapport à l’ampleur du défi.
En somme, cette conférence illustre la complexité du terrain : on parle ici d’équiper des territoires exposés à un monde en mutation rapide, où les discours doivent – enfin – se muer en mesures tangibles. Mais bon, on sait comment ça fonctionne parfois avec ces grandes réunions internationales, entre belles paroles et réalité économique… Restons optimistes, même si le pessimisme a parfois l’avantage d’être lucide.