Il s’avère qu’ils ont menti. Après s’être réunis à huis clos sans publier les comptes rendus, la CSAC a annoncé une réunion pour aujourd’hui, révélant en amont leur intention de soutenir le projet de loi. Nick Khan de TKO a ouvert le bal des commentaires publics, suivi de l’arbitre vétéran “Big” John McCarthy, qui a accusé les critiques d’être motivés financièrement. L’ancien UFC Chris Leben ainsi que l’employé actuel Forrest Griffin, des médecins et les promoteurs Tom Loeffler et Cory Rapacz ont également apporté leur soutien au projet.
À l’opposé, des anciens combattants de l’UFC tels que Kajan Johnson, Tarec Saffiedine, Sara McMann et plusieurs autres ont exprimé une opposition virulente. Plusieurs ont évoqué la politique de l’UFC qui impose un ultimatum lors des négociations, obligeant ainsi les athlètes à se battre blessés. Duffee a souligné qu’il avait gagné 10 000 dollars pour son premier événement principal, alors que l’interdiction de sponsors personnels par l’UFC lui avait coûté plus de 100 000 dollars.
Grey Johnson de BoxRec a tenu une liste des intervenants, y compris moi-même. Je ne me suis pas montré aussi éloquent que je l’aurais souhaité, car l’hypocrisie ambiante a fait monter mon rythme cardiaque au point de perturber mes émotions.
Malgré les histoires édifiantes sur les épreuves que ces athlètes ont subies sous la direction de Dana White, la CSAC a voté à l’unanimité pour soutenir le projet de loi.
Pour être clair : le projet de loi n’a pas encore été soumis à un vote. Aucun progrès n’a été fait depuis son introduction il y a trois mois, ce qui signifie qu’il doit d’abord passer en commission, puis à la Chambre, avant d’obtenir au moins 60 voix au Sénat pour atteindre le bureau du Président. La Chambre a été absente pendant presque 3 mois, ne siégeant que 12 jours, et au vu des délais d’approvisionnement imminents et du dysfonctionnement flagrant qui touche le Congrès, il est très probable que ce projet ne franchisse jamais le cap.
Cela ne rend pas la situation moins risible pour Andy Foster. La Commission athlétique de l’État du Nevada a longtemps été mon exemple privilégié de capture réglementaire, ayant été la première à approuver le projet controversé Power Slap, mais la CSAC rattrape rapidement son retard.
Je ferai de mon mieux pour vous tenir informés des avancées du projet de loi et de ce que vous pouvez faire pour en freiner la progression.
Points à retenir
- La CSAC a voté pour soutenir le projet de loi, malgré les témoignages d’anciens athlètes.
- Les luttes financières des combattants souvent ignorées par les instances dirigeantes.
- Le projet de loi doit encore surmonter plusieurs étapes législatives avant d’être effectif.
- La situation au Congrès invite à se questionner sur l’efficacité de la régulation dans le sport.
En observant cette situation, je me demande jusqu’où les organismes de régulation peuvent aller avant de perdre toute crédibilité. Les luttes des athlètes, souvent exposées comme des cas isolés, témoignent d’un problème systémique plus large. C’est alors notre rôle, à nous en tant que journalistes et citoyens, de rester vigilants et d’exiger des comptes. Ne laissons pas cette information sombrer dans l’oubli, car chaque voix, même la nôtre, a le pouvoir de secouer les fondations de l’injustice dans le monde du sport.