James Toney, triple champion poids lourd et intronisé au Hall of Fame, a récemment relativisé le statut légendaire de Muhammad Ali, souvent surnommé « The Greatest ». Pour lui, Ali n’aurait brillé que durant les premières années de sa carrière.
Ali, figure emblématique de la boxe poids lourd, avait fait ses débuts professionnels en 1960 et s’était rapidement imposé comme un adversaire redoutable. Originaire de Louisville dans le Kentucky, il décrocha son premier titre mondial en 1964 en stoppant Sonny Liston au sixième round. Après avoir repoussé Liston lors de leur revanche l’année suivante, il défendit avec succès son titre à huit reprises avant de s’absenter trois ans, refusant de participer à la guerre du Vietnam.
En 1974, Ali reprit le titre mondial en battant George Foreman lors du mythique combat surnommé « The Rumble in the Jungle ». Ses exploits sur le ring, ainsi que son impact hors des cordes, ont forgé son image de héros universel. Cependant, cette grandeur n’est pas une vérité partagée par tous.
Sur le podcast Wise Nuts, James Toney n’a pas hésité à qualifier Ali de « médiocre », tout en lui reconnaissant un talent certain au début de sa carrière. Selon lui, le véritable meilleur boxeur de tous les temps est Sugar Ray Robinson :
« Ali n’est pas le plus grand boxeur de tous les temps. Quand il s’appelait Cassius Clay, il était bon, mais Ali, c’est du vent. Le plus grand, c’est Sugar Ray Robinson, ce mec était magnifique, élégant au combat. Ali voulait lui ressembler, c’était son idole. Il a essayé de boxer comme lui, mais ça n’a jamais marché. »
Sugar Ray Robinson est en effet considéré par beaucoup comme le plus grand boxeur, toutes catégories confondues. Six fois champion du monde, il régna sur la catégorie welterweight entre 1946 et 1951 avant de conquérir cinq fois le titre middleweight sur une période de neuf ans.
Au cours d’une carrière professionnelle s’étalant sur 25 ans, qui prit fin en 1965, Robinson monta sur le ring pas moins de 201 fois, un record qui souligne la longévité et l’endurance d’une époque révolue.
Points à retenir
- Le respect pour Muhammad Ali est largement partagé, mais certains champions de la boxe comme James Toney ne considèrent pas son titre de « plus grand » universellement établi.
- L’admiration d’Ali pour Sugar Ray Robinson montre que même les légendes ont leurs références et leurs modèles.
- Robinson a connu une carrière impressionnante par sa longévité et sa polyvalence, changeant de catégorie et raflant les titres à plusieurs reprises.
- Les débats sur la grandeur dans la boxe sont aussi vieux que le sport lui-même, chacun apportant sa nuance, souvent teintée de nostalgie ou de style personnel.
- L’époque, le style et le contexte historique jouent un rôle énorme dans l’appréciation des performances, difficile donc de trancher définitivement.
En définitive, ce genre de discussions nous rappelle que la « grandeur » est un concept aussi insaisissable que le dernier crochet d’Ali. Et moi, je me demande : dans ce grand cirque qu’est la boxe, ne serait-ce pas finalement le spectacle et le storytelling qui importent le plus, plutôt que de réunir tout le monde autour d’un seul nom ? À vos gants… et que le meilleur blagueur gagne !