mar. Juil 21st, 2026

Père de quatre enfants et entraîneur dévoué, Ismael Khan dirige depuis plusieurs années sa salle de sport, l’Untouchable Boxing Academy. Mais ici, on ne se contente pas d’apprendre à donner des coups de poing ou à bouger sur le ring : c’est un véritable lieu d’éducation et de transformation.

Ancien détenu, Ismael connaît les affres de la vie carcérale et s’est donné pour mission d’orienter les jeunes vers une voie plus saine et constructive.

Une jeune fille s'entraîne au club de boxe d'Ismael sur Croft Lane
Une jeune fille s’entraîne au club de boxe d’Ismael sur Croft Lane (Photo : Newsquest)

Certains adolescents rencontrent des difficultés à la maison ou à l’école, et d’autres risquent de tomber dans la criminalité. « Beaucoup de jeunes qui venaient ici avaient déjà des démêlés avec la justice, certains étaient même passés par la prison, » explique Ismael, lui-même condamné à quatre ans de détention suite à une bagarre.

« Nous avons réussi à changer leur vie en les faisant venir à la salle, en leur inculquant de la discipline, en leur montrant une autre façon de vivre plutôt que celle de la délinquance. »

« Leur montrer les possibilités qu’offre la boxe, comme devenir champion, intégrer England Boxing – là où Anthony Joshua s’est formé –, voire même participer aux Jeux Olympiques, c’est un moteur puissant. »

Des policiers et élus au club d'Ismael sur Croft Lane
Des policiers et élus au club d’Ismael sur Croft Lane (Photo : Newsquest)

Mais le sport ne suffit pas : « Nous travaillons aussi sur le plan éducatif, car je ne souhaite pas que les jeunes retournent dans la rue et reprennent de mauvaises habitudes. »

« Je leur transmets un état d’esprit : porter un couteau, même sans s’en servir, vous envoie directement en prison pour cinq ans. »

« J’ai connu cette vie quand j’étais plus jeune. Je l’ai vue de près. Ce n’est pas une route à suivre. »

Matériel prêt à être utilisé par les jeunes boxeurs
Matériel prêt à être utilisé par les jeunes boxeurs (Photo : Newsquest)

« Beaucoup pensent que la prison est facile. Ce n’est pas vrai. J’ai pleuré, j’étais au fond du désespoir, je suppliais mes parents de me pardonner. À ma sortie, j’ai compris que ce n’était pas la vie pour moi. J’ai changé radicalement. »

« Si les jeunes passent du temps à la salle, ils se concentrent sur leur forme, leur santé, leurs projets. »

Son fils, Khunais, triple champion de boxe du Yorkshire, lui prête main forte dans ce combat.

Ismael Khan avec son fils Khunais au début de sa carrière
Ismael Khan avec son fils Khunais au début de sa carrière à six ans (Photo : Newsquest)

« Cela aide un enfant dès le départ à montrer qu’il a de la discipline et qu’il est sérieux dans ce qu’il fait. »

Après des mois de recherches, la salle a enfin pris ses quartiers dans un local de Mr T’s, situé sur Croft Lane. Les séances attirent une jeunesse diversifiée du district.

Intérieur du gymnase
Intérieur du gymnase (Photo : Newsquest)

En plus des cours réguliers, Ismael organise un camp d’été pendant les vacances scolaires, offrant des repas gratuits aux enfants éligibles.

« La situation des parents de certains enfants est très difficile. Je puise dans mes propres ressources pour aider ces jeunes, » confie-t-il.

Points à retenir

  • Le sport, ici la boxe, est utilisé comme un levier d’insertion sociale et d’éducation, loin de toute simple compétition.
  • Ismael Khan, ancien détenu, joue le rôle de mentor en transmettant son expérience pour éviter aux jeunes de répéter ses erreurs.
  • Discipline, éducation et esprit d’équipe remplacent ici les chemins dangereux de la délinquance.
  • La collaboration familiale est un atout, avec un fils triple champion régional qui porte l’image positive du club.
  • Le gymnase est un lieu ouvert à tous, reflet d’une communauté qui cherche à se reconstruire et à retrouver un sens à la vie.
  • Les aides financières personnelles d’Ismael montrent que l’engagement citoyen ne se limite pas aux belles paroles.

En somme, voici un exemple lumineux (si l’on fait abstraction de la douce imperfection de la réalité) d’une politique sociale à base de jabs et d’uppercuts contre le système. Décidément, quand on cherche un antidote sérieux à la délinquance juvénile, oublier une salle de boxe dans son arsenal, c’est comme oublier ses gants en plein round : ça serait un sacré coup dans l’eau, non ?


Partager : X Facebook WhatsApp LinkedIn Reddit

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *