Ricky Hatton, qui a affronté des légendes comme Floyd Mayweather et Manny Pacquiao, confie pourtant que son combat le plus éprouvant ne fut pas contre ces deux champions reconnus mondialement.
Ce fier Mancunien, véritable icône de la boxe britannique, avait fait le voyage jusqu’à Las Vegas pour soutenir ses duels face à ces deux membres du Temple de la renommée, où il avait malheureusement été mis KO à chaque fois.
Cependant, lors d’un entretien accordé à talkSPORT avec Jim White et Simon Jordan, Hatton a révélé que la bataille la plus difficile qu’il a connue s’est déroulée lors d’un affrontement de douze rounds contre Luis Collazo, en mai 2006, pour le titre WBA des welters.
« C’était mon combat le plus dur. Bien sûr, la défaite face à Pacquiao a été très difficile à digérer, et Mayweather était exceptionnel techniquement. Mais sur le plan physique, c’est Collazo qui m’a vraiment mis à l’épreuve. Je ne me suis jamais facilité la tâche. J’allais toujours au combat. »
Mesurant seulement 1,68 m, Hatton n’était pas un poids super-léger imposant, si bien que monter de catégorie lui a causé encore plus de difficultés. Son entraîneur, Billy Graham, le lui avait déconseillé.
« Mais je voulais suivre les traces de mes héros. Je voulais devenir champion du monde dans deux catégories de poids. »
Hatton avait réussi à mettre Collazo à terre dès les dix premières secondes, mais ce dernier s’est relevé pour mener un combat acharné jusqu’à la décision des juges.
« Je pense que le seul avantage que j’ai eu, c’est ce knockdown initial. À 10 stones (environ 63,5 kg), je pouvais intimider mes adversaires, les pousser, les bousculer quand j’étais proche d’eux. Mais à 10 stones 7 livres (environ 67,5 kg), c’était une autre histoire. Je le frappais, mais ses coups semblaient me glisser dessus. J’ai essayé de le repousser, il ne bougeait pas d’un pouce. Je me suis dit : ‘Ça va être une longue soirée.’
« C’est la pire sensation que j’ai jamais eue après un combat. J’avais des sueurs froides, des tremblements, j’étais complètement à bout. J’ai même dû renoncer à la soirée d’après-combat. Chaque coup qu’il m’envoyait… Mayweather ne portait pas de coups puissants, il était simplement technique, mais Collazo, en tant que gaucher avec de gros poings, chaque impact me faisait vraiment mal. »
Hatton a pris sa retraite en 2012, mais il fera son retour sur le ring en décembre prochain à Dubaï face à Eisa Al Dah, qui a lui aussi 46 ans.
Points à retenir
- Les plus grands adversaires ne sont pas toujours ceux qu’on imagine : parfois, c’est le combat « ordinaire » qui vous épuise le plus.
- Monter de catégorie ne se fait pas sans conséquences, surtout quand on mesure moins de 1,70 m. Même un héros de la boxe peut se pincer le nez devant la réalité physique du ring.
- Une chute rapide, aussi spectaculaire soit-elle, ne garantit pas la victoire – Collazo a su encaisser et inverser la pression.
- Après un combat, parfois, on se sent tellement mal qu’on préfère zapper la fête – la vie de boxeur n’est pas qu’adrénaline et glamour.
- Le retour sur le ring après une longue retraite peut relever d’une douce preuve d’amour pour le sport ou d’une improbable envie de se donner des frissons à 46 ans.
En toute honnêteté, la boxe est un univers où la douleur, la technique et la détermination s’entrelacent comme nulle part ailleurs. Et puis, avouez : qui n’a jamais pensé, au moins une fois, que défier la logique et la balance était la meilleure idée du siècle ? Allez, on garde un œil sur ce come-back à Dubaï, parce qu’après tout, la nostalgie fait parfois les meilleurs coups… même pour les poids moyens.