Shakur Stevenson ne jouit peut-être pas d’une réputation de boxeur le plus spectaculaire, mais cela ne l’empêche pas d’être l’un des mieux payés de sa discipline. Il n’est donc pas étonnant que le champion WBC des poids légers affiche un certain scepticisme à l’idée de voir Dana White et TKO s’immiscer dans le monde de la boxe.
Ce samedi 12 juillet 2025, Stevenson affrontera William Zepeda lors d’un combat diffusé sur DAZN, et il devrait toucher entre 3 et 5 millions de dollars, une somme comparable aux revenus des plus grandes stars de l’UFC pour un seul combat. Pourtant, le boxeur craint que Dana White ne cherche à importer dans la boxe le modèle salarial en vigueur dans l’UFC, réputé pour sa rigueur à la baisse.
« J’aime bien Dana, c’est un type vraiment cool », confiait Stevenson lors d’une récente émission animée par Ariel Helwani, spécialiste reconnu du MMA. « Je ne l’ai jamais vraiment rencontré, mais je regarde tout ce qu’il dit. Je suis un observateur attentif. Ce que je peux dire, c’est : payez-moi. Simplement. Je ne cherche pas à perdre de l’argent. »
Shakur Stevenson on Dana White being involved in boxing:
“The only thing that I’ll say… Just pay me. I’m not trying to get a pay cut. I know these guys are trying to bring the pay back down, I’m not with that.” pic.twitter.com/x0mDUrwcpQ
« Je sais qu’ils essaient de réduire les salaires », ajoutait-il. « Je ne suis pas d’accord avec ça. »
Lorsqu’on lui a expliqué que l’UFC divise parfois les gains des combattants en deux entre le montant assuré pour combattre et un bonus en cas de victoire, Stevenson a réagi avec stupéfaction.
« Putain… Non, ça je ne peux pas », s’est-il exclamé. « Je suis en désaccord total. »
« Parce que si on veut que les gars montent sur le ring pour des combats équilibrés, et qu’on leur dit qu’ils ne toucheront pas un certain montant s’ils ne gagnent pas, ils ne monteront pas. Ça va créer un chaos, et personne ne voudra affronter personne. »
Il ne tient pas compte du fait que l’UFC a la mainmise sur ses athlètes et peut se permettre de sanctionner ceux qui refusent les combats. Mais difficile de lui reprocher de ne pas saisir toutes les ficelles du pouvoir quasi-monopolistique de la MMA pour maintenir les rémunérations basses. Il voit surtout les conséquences, et veut éviter que la boxe ne prenne la même voie.
L’impact que la nouvelle entreprise de Dana White et Nick Khan, TKO, aura sur la boxe reste à déterminer. D’un côté, TKO est connu pour ne jamais dépenser plus qu’il ne faut pour les salaires des boxeurs. De l’autre, sa collaboration avec Turki Alalshikh, grand manitou du noble art en Arabie Saoudite, connu pour sa générosité financière, pourrait changer la donne.
Stevenson combattra lors du troisième gala The Ring, la troisième numerotée organisée par Alalshikh. Attendons de voir quel sera le niveau des rémunérations à The Ring 13.
Points à retenir
- Shakur Stevenson est l’une des figures les mieux payées de la boxe, avec un salaire situé entre 3 et 5 millions pour son prochain combat.
- Le boxeur observe avec méfiance l’arrivée de Dana White, dont l’image dans le monde des sports de combat est soignée mais dont le modèle de rétribution à l’UFC suscite des réserves.
- Contrairement à l’UFC, où les combattants doivent souvent « gagner pour gagner » financièrement, Stevenson veut que chaque boxeur soit payé correctement, indépendamment de l’issue du combat.
- Le monopole de l’UFC permet d’imposer des règles strictes aux athlètes, un système que la boxe, plus fragmentée, ne connaît pas encore pleinement.
- TKO, financé par un mix d’économie prudente et d’investissement saoudien extravagant, pourrait perturber l’équilibre actuel des salaires.
En fin de compte, on ne peut que saluer la prudence de Stevenson, qui préfère se battre pour ses intérêts avant d’ouvrir la porte à un modèle qui pourrait bien plomber les rémunérations. Parce qu’on sait tous que dans le monde des sports de combat, il y a plus d’enjeux financiers que de coups portés. En attendant, gardons un œil sur The Ring 13 – on parie que ça va être instructif. Après tout, rien de tel qu’un bon combat… et un bon chèque en fin de soirée, n’est-ce pas ?