ven. Août 14th, 2026
Mil kilómetros en bici para ver al Athletic en Bérgamo

À force d’y mettre un petit peu de bonne volonté, on pourrait demander à l’intelligence artificielle le sens du mot « bilbainada ». Et, même si la RAE ne l’a pas officiellement retenu, sa définition tombe pourtant juste : une chanson populaire enjouée de Bilbao, une exagération ou une fanfaronnade typique d’un caractère très local… et, surtout, une action menée de façon très directe et ostentatoire. Autant dire que la folle équipée de six amis, cinq Bilbains et un habitant d’Eibar, coche toutes les cases.

Tout ça pour une simple obsession : voir l’Athletic, même si c’est en match amical et, qui plus est, dans une ambiance un peu brumeuse (et en Italie). Et malgré un détail qui amuse tout le monde : le guipuzcoan, lui, est supporter du Valence. Réponse immédiate d’un des membres du groupe : « C’est qu’il a vécu là-bas ». Les explications sont parfois aussi vagues que la météo… et pourtant, ça avance.

Juste avant que l’horloge ne sonne 14 h 30, sous un soleil de plomb, avec jusqu’à 35 degrés et aucune brise pour sauver la mise, les six amis — Mikel Garzón, Unai Mendiguren, Ander Itza, Joseba Maruri, Iker Pascual et Suhar Gómez — pédalent sur une rue étroite de Bergame. Enfin, ils respirent : « On est arrivés ! » lancent-ils, euphorique… puisque DEIA les attend sur place, à côté de l’appartement qu’ils ont réservé pour la nuit dans la ville du nord de l’Italie. Là où l’Athletic dispute son dernier match amical de l’été contre l’Atalanta.

Les préparatifs et l’arrivée des six amis

Ce mois de janvier, aucun des six n’était présent au match de Champions. « Certains amis sont venus, mais nous, on n’a pas pu », regrettent-ils. La différence, c’est que ces « amis-là » sont arrivés par la voie classique : avion, train et arrivée directe à l’hôtel. Rien à voir avec l’option choisie par ces six « txirrikleteros », qui se sont envolés le mardi pour Budapest et ont ensuite parcouru, en seulement dix jours, la distance jusqu’à Bergame… en vélo.

La joie sur leurs visages est logique : elle se mélange au crachin de fatigue (sueur incluse). Ils font un calcul rapide, et Mikel — le porte-parole — annonce le chiffre comme on sort une pièce de monnaie trop précieuse : « On a fait 1 020 kilomètres ». Et comme leur route s’étire sur dix jours, la moyenne tombe presque d’elle-même : « En gros, une centaine de kilomètres par jour ».

La politique et l’organisation autour des déplacements

Le plan, au départ, n’était pas exactement celui-ci. L’étincelle, elle, vient de la passion pour l’Athletic et de l’envie de remettre les cuisses en mouvement après un autre trajet, plus lointain : de Bilbao jusqu’à Tarifa. À l’époque, ils avaient un véhicule pour les suivre. Cette fois, plus rien : « On a dormi où on a pu ». Et parfois, ça veut dire en plein air, sans tente : « Dans la rue, avec un tapis, en mode bivouac ».

Beaucoup de chaleur

Évidemment, tout ça sous des températures qui donnent envie de négocier. « C’était le pire : il faisait tellement chaud. On a essayé d’attaquer tôt pour rouler avec un peu plus de fraîcheur que les derniers jours, mais la chaleur n’a pas vraiment lâché prise. Même pour dormir… Bon, il y avait aussi les moustiques, il y en avait à la pelle », racontent-ils en riant.

Le point de vue sur le match

Le trajet en dix jours les a menés à travers les routes de Hongrie, Croatie et Slovénie. Ça montait, ça descendait, et les sacoches étaient pleines — nourriture et eau. Leur petite « galère » favorite ? « Le plus dur, ça a été d’arriver en Italie… parce qu’ils ne conduisent pas comme il faut », plaisantent-ils. Cela dit, ils ont vite fait la paix avec les automobilistes transalpins grâce à la gentillesse rencontrée dans un petit village.

« On était un peu excédés qu’ils roulent si près de nous. Mais ça nous a passé quand on est arrivés dans un petit village : ils nous ont vus et ils nous ont invités à une grillade », raconte Mikel.

Objectif : El Conquis

Le Bilbain, qui joue aussi le rôle de porte-parole, a même accroché sur son vélo une grande pancarte inspirée du programme El Conquis, comme un appel aux votes… ou plutôt un rappel obstiné. Il dit y penser depuis des années : avoir une chance de vivre l’aventure « de l’autre côté de l’océan », sans que ça arrive. « Si avec ça je ne l’obtiens pas… » plaisante un des amis. Et Mikel d’en remettre une couche : « J’espère que, avec autant de “boulots médiatiques”, ils finiront par m’appeler ».

Sans perdre espoir, il garde en tête que cette opportunité finira par tomber. Et, à la différence de l’Athletic — dont ils regrettent le manque de geste concernant des billets (qu’ils ont dû acheter eux-mêmes) — El Conquis, eux, restent convaincus que ce sera peut-être pour la prochaine édition. D’ailleurs, leur aventure ne s’arrête pas à Bergame : aujourd’hui même, ils doivent enchaîner la dernière étape, direction Milan, avec encore 60 kilomètres à parcourir.

Points à retenir

  • Leur marathon à vélo, c’est 1 020 kilomètres sur dix jours : le genre de chiffre qui fait sourire… puis qui fait mal aux jambes.
  • Leur hébergement improvisé a un nom : le bivouac. Pas de tente, juste un tapis et l’optimisme en bandoulière.
  • La chaleur a été leur principal adversaire, mais les moustiques ont pris la relève avec une persévérance digne d’un supporter le jour du derby.
  • Ils ont rencontré des conducteurs avec lesquels ils pensaient ne jamais faire la paix… avant une grillade dans un petit village qui a changé la donne.
  • Et pendant que l’Athletic occupe la tête, El Conquis occupe la pancarte : l’objectif, c’est aussi de transformer l’obstination en chance.

Au fond, je me dis que le vrai sport, pour ces six-là, ce n’est pas seulement le match de l’Athletic : c’est la capacité à transformer une idée un peu folle en plan concret, au milieu de la chaleur, des imprévus et des kilomètres. Et si on réfléchit deux secondes, on comprend mieux : tant qu’il y a un projet, on pédale. C’est précisément là que je veux insister, en journaliste engagé : ce genre d’histoires mérite d’être raconté avec respect, parce qu’elles rappellent que l’énergie populaire n’a pas besoin d’être parfait—juste sincère.


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