Après l’abandon de la Tour de France de Jonas Vingegaard, déjà stoppé très tôt par une chute violente, le Danois a dû passer par la case opération. Reste à savoir s’il reviendra encore sur le bitume cette saison. Un commentateur TV estime toutefois que le principal intéressé aurait déjà commencé à tourner la page.
Au Danemark, la question fait beaucoup parler : Jonas Vingegaard sera-t-il au départ du championnat du monde de cyclisme à Montréal (du 20 au 27 septembre) ? Interrogé, l’ex-professionnel Brian Holm, analyste à la télévision danoise, n’encourage pas son compatriote à s’y rendre. Selon lui, il vaudrait mieux mettre le focus sur la récupération et la vie de famille.
Pour rappel, lors de la 15e étape de la Tour de France 2026, le coureur de Visma Lease a Bike, âgé de 29 ans, a chuté lourdement. Dans un rond-point, il aurait perdu le contrôle de son vélo, s’occasionnant une blessure à l’épaule si sérieuse qu’il lui a été impossible de poursuivre la course. À ce stade, l’état de Vingegaard après l’opération de la clavicule demeure flou.
Radsport : Vingegaard “a commencé mentalement à décrocher”
Brian Holm pense que l’ambition de Vingegaard ne serait pas de reprendre le calendrier en 2026. “Je crois qu’il est mentalement rincé. Quand il a arrêté le Tour, je me suis dit qu’il avait déjà commencé à décrocher dans sa tête”, estime l’analyste. Son message est clair : d’après lui, l’essentiel est de lui laisser du calme pour qu’il soit prêt pour les objectifs de l’année prochaine.
Bien sûr, l’hypothèse d’un Vingegaard champion du monde le 27 septembre serait un “scénario de rêve”. Mais Holm estime qu’il serait désormais trop tard pour espérer être compétitif à un tel niveau. “S’il appelle demain en disant qu’il veut absolument aller à la course et tenter de gagner, je lui dirais que c’est trop tard. On n’a pas assez roulé”, tranche-t-il.
Et selon lui, il n’y aurait pas non plus de signe évident que le coureur soit prêt pour une longue montée en puissance. “Je ne pense pas qu’il ait fait une grande sortie d’entraînement à vélo. Et pour viser un titre mondial, il faut plus que de la volonté. En cyclisme, il n’y a pas de miracles”, ajoute l’ancien coureur.
Points à retenir
- La question du championnat du monde à Montréal reste ouverte, mais l’avis d’Holm penche nettement pour l’abandon du projet à court terme.
- La chute sur la Tour a laissé des traces : blessure à l’épaule, opération de la clavicule, et donc une récupération à gérer avec méthode (pas avec la magie).
- L’argument clé n’est pas seulement physique : c’est aussi l’énergie mentale, souvent la première à rendre les armes en fin de saison.
- Le calendrier mondial demande un niveau de préparation spécifique : sans volume d’entraînement suffisant, viser le sommet relève plus du film que de la réalité.
À mon sens, cette histoire raconte surtout un classique du sport d’élite : on peut être champion, mais on ne “contourne” pas la récupération. Si Vingegaard choisit de se préserver, ce ne sera pas un renoncement, juste une décision lucide. Et en tant que journaliste, je trouve essentiel de rappeler que le corps n’est pas un détail : dans le cyclisme moderne, la sécurité et la santé devraient compter autant que les podiums. Maintenant, il reste une question qui mérite d’être posée : jusqu’où est-on prêt à pousser les champions après une chute ?