jeu. Août 13th, 2026
Adriá Pericas primo sul traguardo di Terme do Geres

Adriá Pericas a remis l’UAE sur le haut du podium cette saison, et ce, encore une fois lors de la Volta au Portugal. Une belle preuve de maturité : le jeune Espagnol “répare” son imprudence de la journée précédente à Torre, où il avait trop misé sur la poursuite de Guerin au prix d’une fin de course compliquée, avec une sortie du top 10. Cette fois, l’exercice est maîtrisé.

Sur la septième étape, il a été le seul à pouvoir rester dans les roues des deux premiers au classement : la tunique jaune Alexis Guerin et Artem Nych, déjà vainqueur de deux éditions de la Volta. L’étape a basculé avec un enchaînement rendu encore plus dur par la chaleur et par une montée inédite, l’Alto do Germil, plus rude que prévu. Et derrière eux… ce n’est plus vraiment la bagarre pour les premières places : quasi le vide. Pericas prend la troisième marche et, visiblement, le classement se resserre sérieusement : les trois premiers semblent au-dessus, tandis que Pedro Silva (Boavista) est le seul à afficher une vraie capacité à revenir.

Beaucoup d’équipes, à commencer par des coureurs comme Juaristi, Peña ou Gonzalez, peuvent déjà faire leurs comptes : l’ambition au classement général s’éloigne. Guerin perd quelques secondes dans les bonifications, mais sa gestion de l’étape d’aujourd’hui, avec une prestation solide, pèse directement pour la tunique jaune. À l’inverse, grosse déception pour Tiago Antunes et sa Efapel : capables d’inquiéter le maillot jaune hier sur terrain mêlé, ils se font sortir dès que la route commence à grimper, avec un scénario encore plus net que celui vu à l’arrivée en montée de Torre. Cela dit, quand il reste assez de coureurs insatisfaits (et encore à la recherche d’un coup d’éclat), on peut s’attendre à d’autres tentatives… dès demain.

La chronique de la septième étape

153 kilomètres au programme, avec un profil qui sent la montagne sans forcément dépasser les 900 mètres d’altitude. Le parcours traverse un parc national, riche autant côté faune que paysages. D’abord une montée de 1re catégorie, le GPM de Mata da Albergaira, à attaquer après 60 km. Ensuite, une longue descente ponctuée de faux-plats avant de découvrir une ascension inédite pour la Volta : l’Alto de Germil.

La montée fait 11 km à 6%. Sur le papier, la moyenne trompe : on alterne des passages durs et des séquences plus respirables, et le revêtement — en pavés — transforme chaque effort en supplément de travail. Le GPM arrive à 33 km de l’arrivée. Après, longue descente, très technique dans sa première partie, puis une route qui remonte doucement sur les 4 derniers kilomètres avant l’arrivée à Termas do Geres.

La course, avec un public nombreux autour de la Volta
Comme souvent, beaucoup de monde autour de la Volta.

Ils sont 108 au départ de Vieira do Minho, mais les abandons arrivent au fil des difficultés : altimétrie en hausse, température proche de 35°C. Six coureurs ne rallieront pas l’arrivée, et six autres, dont Luca Giaimi et le vainqueur de deux étapes Julius Johansen (UAE-XRG), seront hors délais.

Johansen tente la fugue tôt, avec Rúben Rodrigues (Boavista). Le duo est vite repris. Pendant ce temps, Rui Oliveira (UAE) accumule des points sur le sprint intermédiaire installé au km 25.

Une échappée se forme finalement à sept : Carlos Garcia Perna (Burgos-BH), Xabier Isasa (Euskaltel), vainqueur hier, Joaquim Silva (Efapel), Ailetz Lasa (Tavira), Daniel Viegas (Aviludo), Rui Carvalho et Gaspar Gonçalves (GI Group-Simoldes).

Sauf que l’échappée n’ouvre jamais vraiment un écart. Les “second couteaux” proches du classement cherchent une opportunité, notamment Fabio Costa (Boavista), 10e à seulement 3 minutes de Alexis Guerin. Il accélère au pied du premier GPM. Il grappille plus d’une minute, avant que Anicolor ne garde la main, presque jusqu’au sommet.

Le groupe se réduit ensuite à environ quinze coureurs. Et ça souffre, avec notamment Txomin Juaristi (Euskaltel) et quelques autres. Dans la descente vers la montée décisive, Fabio Costa regagne un peu de terrain, mais derrière ça se reforme : Anicolor le tient dans un temps raisonnable, autour d’une trentaine de secondes d’écart.

Sur l’Alto de Germil, les scénarios tactiques foisonnent… mais le maillot jaune choisit le plus simple : attaquer. Après le travail de Ferreira, Guerin roule à un haut rythme sur le pavé dès les premières rampes. Il ne reste que trois hommes : Artem Nych, Adriá Pericas (UAE) et Pedro Silva (Boavista).

Les autres décrochent, dont Tiago Antunes (Efapel). Dans le même temps, certains candidats à un meilleur classement, comme Jesús David Peña (Efapel), explosent. Derrière, le groupe avec José Neves (GI Group-Simoldes) se retrouve davantage isolé.

Au fil des mètres, Guerin n’a pas besoin de faire semblant : il avance. Pericas se défend correctement, Pedro Silva fait l’élastique — et finit par lâcher. Le basque Jokin Murguialday (Euskaltel), lui, parvient à revenir sur Neves, mais le trio de tête a toujours plus de carburant.

Pedro Silva décroche définitivement. Artem Nych passe en premier sur le GPM de catégorie. Les écarts deviennent cruels : 25 secondes pour Silva, 1’10 pour Murguialday et Neves, puis 1’40 pour le petit groupe des autres. La descente, très technique au début, devient ensuite plus roulante : Anicolor et Pericas trouvent un rythme d’entente, laissant Silva revenir à proximité sur la fin… mais la montée reprend et le portugais n’a plus assez de marge. Il aurait fallu un peu plus de descente, et le “presque” aurait peut-être basculé.

Le paysage autour de la zone d’arrivée
Un décor magnifique, à l’approche de l’arrivée.

Pas d’accord “spécial” pour gagner, mais aucune tentative Anicolor pour bousculer Pericas à quelques centaines de mètres du finish. Les 200 derniers mètres sont une volée. Nych cherche à passer Pericas, mais l’Espagnol reste en contrôle : il fête la victoire d’étape et surtout la troisième place au classement, avec un statut de solide prétendant à trois jours de la fin.

Silva finit à 28 secondes, le duo Neves-Murguialday à 2’21, et Tiago Antunes avec Carvalho jusqu’à 3’26.

Au général, Guerin reste premier : 47 secondes d’avance sur Nych, et 1’57 sur Pericas, qui prend au passage la maillot blanc du meilleur jeune. Le maillot de meilleur grimpeur change également : il passe à Alexis Guerin. Enfin, Oliveira consolide son leadership au classement par points.

La journée de demain

Jusqu’à dimanche, pas de répit réel : il reste 96 coureurs encore dans la course. La huitième étape part de Melgaço et rejoint Fafe après 166 km, une destination qui revient souvent dans le calendrier portugais. Ce n’est pas une journée de montagne “pure”, mais les reliefs sont là : la montée la plus piquante se situe à seulement 15 km de l’arrivée, avec 6 km à 6,3% de moyenne.

Ce n’est pas une menace massive, mais ça peut suffire à secouer le classement — et surtout à provoquer des attaques. Les favoris pourraient aussi conserver les roues à ce moment-là. Dans le rôle des perturbateurs potentiels : Tomas Contte (Aviludo).

Les horaires de diffusion annoncés par le diffuseur local portugais permettent de suivre l’étape à partir de 16h.

Points à retenir

  • Pericas a enfin “choisi le bon moment” : pas d’emballement inutile, et une présence constante dans le trio décisif.
  • Guerin ne se contente pas de défendre : sur les pavés d’Alto do Germil, il a imposé un tempo qui a nettoyé la course.
  • La chaleur et le revêtement ont fait leur travail : même quand la pente reste “raisonnable” sur le papier, ça casse quand même.
  • Le classement ne semble pas s’effondrer… mais il n’est pas non plus “figé” : demain peut créer des écarts, surtout si l’équipe de devant se met à jouer moins au calendrier et plus à la réalité.
  • On a vu une différence nette entre ceux qui savent gérer l’intensité et ceux qui ont besoin d’une respiration qui n’arrive jamais sur une portion en pavés.

À mes yeux, cette septième étape dit une chose assez claire : la Volta ne pardonne pas l’à-peu-près, et le “plan parfait” existe surtout dans les phrases qu’on écrit avant le départ. Je regarde ce genre de course avec un mélange d’enthousiasme et de vigilance : parce que quand l’écart se creuse ainsi, ce sont aussi des choix de rythme, de courage et de solidarité qui s’exposent. Et ça mérite d’être discuté — avec un regard d’amateur exigeant, mais surtout avec l’envie de défendre un cyclisme qui ose vraiment, pas juste celui qui attend que ça se passe.


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