Tadej Pogacar a dû laisser le maillot jaune après la 4e étape du Tour de France, disputée sous une chaleur particulièrement éprouvante. À l’issue de cette journée marquée par les températures, le favori a expliqué qu’il souffrait déjà avant le départ.
Sur le parcours menant vers Foix, Pogacar n’a pas réussi à tenir la distance et a cédé la tête du classement. Désormais, c’est Torstein Träen (Uno-X Mobility) qui occupe la première place au général.
Interrogé après l’étape, Pogacar a été très transparent sur son état : « Au moment du départ, j’avais vraiment mal à la tête et je me suis dit : “Ce sera une longue journée”. »
Pogacar lâche le jaune… et en tire aussi un avantage
La chaleur a rapidement pris le contrôle des débats. Avant de lancer l’étape, Pogacar évoquait des températures « proches de 40 degrés ». Les organisateurs ont alors adapté le dispositif, notamment avec des zones supplémentaires consacrées à la ravitaillement. Dans le peloton, l’équipe UAE a aussi déployé une stratégie de refroidissement : eau, glace, et assistance régulière des équipiers.
Le Slovène résume la méthode en une phrase : « On a gardé tout ça au frais dans cette chaleur. »
Mais perdre le maillot jaune a aussi eu, selon lui, un côté très concret. Sans maillot de leader, l’effort logistique diminue après l’arrivée : moins de protocole, moins de temps médiatique, et donc une récupération potentiellement plus rapide. « Aujourd’hui, c’est une heure et demie de moins en engagements, et ça aide clairement à récupérer », a-t-il indiqué.
« C’est un écart assez conséquent »
Face à la nouvelle tête d’affiche, Pogacar reste dans un registre prudent, tout en gardant l’objectif en ligne de mire. Il affirme vouloir « récupérer le maillot jaune », mais ajoute aussitôt : « Je pense qu’ils peuvent le garder longtemps dans l’équipe. »
Avec un avantage de 7 minutes 53, Uno-X Mobility dispose d’une marge confortable, même si le Tour va bientôt s’orienter vers un terrain plus ardu. Träen, réputé pour ses capacités en montée, pourrait ainsi défendre intelligemment cette avance. Pogacar ne s’illusionne pas : « Mais tu ne sais jamais. Ils sont vraiment forts, et là, c’est un écart assez conséquent. »
Points à retenir
- Le maillot jaune a changé de mains après une étape fortement influencée par la chaleur, ce qui n’aide personne à rester “frais”.
- Pogacar avait déjà mal avant le départ, un détail qui donne une autre lecture à la journée… et au narratif de la performance.
- Le refroidissement dans UAE a été central : glace et eau, parce qu’en plein été, la tactique commence aussi par la température.
- Moins de protocole pour le leader “en moins” : sans jaune, la récupération peut sembler moins compliquée (au moins sur le papier).
- Träen avance avec une marge qui offre du souffle, surtout tant que le terrain ne devient pas immédiatement impossible.
Au fond, ce que raconte cet épisode, c’est que le Tour ne se gagne pas seulement contre les autres, mais aussi contre les conditions. En tant que journaliste, je trouve intéressant que Pogacar parle autant de son ressenti : ça remet l’humain au centre, là où on aimerait parfois n’avoir que des chiffres. Et si on veut un vrai sujet de réflexion, on peut se demander : dans une course extrême, à quel moment la “guerre mentale” contre la fatigue devient aussi importante que la puissance dans les jambes ? Une chose est sûre : il y a du combat, et je suis prêt à le suivre de près, avec exigence et esprit critique.