ven. Juil 31st, 2026

C’était notre jeu, pas le leur, et Klopp prend la parole au nom de millions de fans dans le monde en dénonçant l’intervention apparente de Donald Trump pour obtenir l’annulation de la suspension de la vedette américaine Folarin Balogun, à quelques pas d’un match crucial de la Coupe du Monde.

Le regard du nouveau sélectionneur national allemand sur la psychologie des passionnés de football devient l’un des meilleurs fils conducteurs pour comprendre la tempête qui secoue le football: le projet de la FIFA de vendre des parts des futures éditions de la Coupe du Monde.

Cette proposition aurait été disputée, mais elle entre en résonance dans le contexte émotionnel des finales de Coupe du Monde spectaculaires en Amérique du Nord. Le retour de bâton est d’autant plus sensible qu’il est renforcé par un élément extérieur: le facteur Trump.

On affirme que Joshua Kushner, frère du gendre du président, est mêlé à cette affaire; son nom transforme une question purement sportive en nouveau chapitre d’un tollé politique éclaté cet été. L’image entourant cette affaire montre un mélange de capital et de pouvoir qui alimente les débats sur l’avenir même du sport-roi.

Pour l’instant, aucune confirmation n’indique l’implication de Trump. Et, même si certains pays européens évoquent une menace de boycott de futures Coupes du Monde, plusieurs fédérations mondiales, notamment celle qui organise le football en Amérique du Nord, s’opposent aussi au projet. Le football n’est pas encore plié, mais les soupçons restent palpables.

Les fans ont toutefois une raison d’être méfiants: les frictions autour de Balogun, les retentissements d’un échauffement politique sur l’élite du football et la proximité croissante entretenue par la relation entre le président et Gianni Infantino — qui a même reçu le FIFA Peace Prize — nourrissent un sentiment d’inquiétude chez certains supporters.

La Une de L’Equipe a même titré: « Où s’arrêteront-ils ? », illustrant une inquiétude croissante sur les directions que pourrait prendre le football dans le futur.

FIFA affirme que son dispositif permettra de dégager des flux financiers importants, notamment grâce à des investisseurs américains, pour le développement du football amateur — en particulier dans des pays modestes comme le Cap-Vert, qui a connu une “nouvelle vie” grâce à la Coupe du Monde. Dans les pays émergents d’Afrique et d’Asie, ce schéma pourrait être accueilli plus favorablement qu’en Europe.

La FIFA prévoit de créer une filiale distincte — impliquant des investissements de capitaux privés — pour contrôler les droits commerciaux et opérationnels de ses compétitions. L’UEFA, organisation du football européen, soutient que ce montage est moralement discutable et conteste que la FIFA puisse vendre ce qu’elle détient « en fiducie » pour les générations futures.

Le bras de fer a plongé le football dans une sorte de guerre civile à l’échelle mondiale: les opposants craignent que de nouveaux investisseurs puissent influencer le sport, accélérer la fréquence des Coupes du Monde et même modifier les règles dans un but purement lucratif. Une telle dérive pourrait affecter les prochaines éditions féminines de la Coupe du Monde et menacer les prestigieux rendez-vous masculins avec des nations comme l’Espagne, l’Italie, la France, l’Allemagne et l’Angleterre.

Pourtant, la FIFA a insisté ce vendredi: « Personne ne vend le football. Ce que nous proposons n’est pas envisageable », a-t-elle déclaré, appelant à une meilleure compréhension du projet.

Les valeurs qui restent dans les terres du football

Les valeurs qui restent dans les terres du football

Former Liverpool head coach Jürgen Klopp takes a selfie...
Jürgen Klopp, alors qu’il guidait Liverpool, est reconnu pour son sens de l’émotion et du patrimoine du football.

Il n’est pas surprenant que Trump demeure impopulaire en Europe. Infantino se montre parfois prétentieux; il a récemment décrit la Coupe du Monde comme « le plus grand événement humain, social et culturel que l’humanité ait jamais connu ». Mais de nombreux fans qui détestent Infantino ne sont pas pour autant exempts de contradictions: certains admirent les oligarchies et les nations du Moyen-Orient qui possèdent des clubs quand ils dépensent des montants mirobolants pour attirer les meilleurs joueurs.

Le clivage dépasse le simple rejet de Trump et d’Infantino. Il puise surtout dans la psychologie et les insécurités des amateurs du beau jeu. Dans une époque où les forces financières mondiales modernisent un sport populaire qui enrichit quelques-uns tout en laissant les masses sur le bord, le sentiment d’un déclin de ce qui était autrefois « à nous ».

Certains supporters ont l’impression que le football cherche à « americaniser » le jeu. Et ces forces qui redéfinissent le football ne sont pas uniques: elles reflètent les mêmes dynamiques qui remodèlent les sociétés à l’ère des oligarques, des hommes forts et des élites dont les décisions influent sur la vie de millions sans qu’ils aient leur mot à dire.

Klopp semble vouloir dire que le football est profondément ancré dans l’imaginaire collectif: il a su capter, notamment lors de son passage à Liverpool, l’esprit du jeu et son rapport émotionnel. Beaucoup de fans, dans l’imaginaire collectif, estiment que quelque chose de sacré — quelque chose qui appartient à chacun — se voit menacé par des intérêts financiers qui pourraient gagner en puissance.

Cette perception est nourrie par l’héritage social et civique du football: dans des villes comme Rome, Madrid, Buenos Aires, Mexico, Manchester, Athènes, Glasgow, Marseille, Munich et ailleurs, les clubs incarnent l’identité régionale, sociale et parfois religieuse.

L’idée que l’on choisit son club n’est pas universelle. Beaucoup disent que le choix se transmet de génération en génération, comme l’évoque l’écrivain Nick Hornby dans Fever Pitch: le football appartient, à la fois, à ceux qui le partagent et à ceux qui l’éveillent chez les nouveaux admirateurs. Cette notion d’identité est particulièrement marquée dans l’Europe du football: des stades séculaires surplombent des quartiers ouvriers et reflètent les inégalités qui s’accentuent face à la croissance des salaires des joueurs et à la commercialisation massive du sport.

Pour autant, les fans possèdent un pouvoir collectif lorsqu’ils se mobilisent. Le mouvement populaire qui a entraîné l’échec d’un European Super League en 2021 montre que la passion peut encore influencer les décisions autour du football.

Et Bill Shankly, figure emblématique de Liverpool avant Klopp, rappelait que « certains pensent que le football est une affaire de vie ou de mort; c’est bien plus important que cela ». Cette phrase illustre l’ampleur de l’attachement des supporters, même si le football demeure régi par des intérêts privés et des décisions télévisuelles.

Cette histoire est en cours d’actualisation avec des informations supplémentaires.

Bon à savoir
– Les enjeux financiers autour des événements majeurs du football nécessitent un équilibre entre développement du football amateur et accès populaire à la Coupe du Monde.
– Le rôle des supporters dans la préservation des traditions du football demeure crucial, même si les dynamiques économiques et médiatiques continuent d’évoluer.
– Les hydratations et autres interruptions durant les matchs font débat: certaines évolutions cherchent à répondre au changement climatique, mais elles peuvent affecter le rythme du jeu.
– L’identité locale et la mondialisation du football coexistent: la passion des supporters peut être un contrepoids à la logique commerciale, mais le sport est aussi façonné par des propriétaires privés, des joueurs vedettes et des diffuseurs internationaux.
– Le football a une capacité historique à mobiliser les foules; cette puissance peut être canalisée pour influencer positivement les politiques autour de l’accès au sport et à l’éducation par le biais du football.


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