GENÈVE — La pression s’intensifie autour du président de la FIFA, Gianni Infantino, et de son plan controversé visant à vendre les profits de la Coupe du Monde à du capital-investissement privé. Cette crise grandissante touche désormais l’entourage même d’Infantino: son conseiller de longue date, qui siégeait sur le groupe de travail de la Maison-Blanche consacré à la Coupe du Monde, a démissionné, et la Confédération asiatique de football (AFC) a rejoint l’Europe et l’Amérique du Nord dans l’opposition au projet. Selon Newsday, l’affaire met en évidence les tensions et les enjeux autour de la gouvernance du football mondial.
Carlos Cordeiro, ancien banquier chez Goldman Sachs et désormais conseiller principal officiel d’Infantino, a affirmé publiquement qu’il n’était pas impliqué dans ce plan d’investissement secret qui a secoué le monde du football depuis que des médias en ont divulgué les contours mardi. « Je ne peux pas rester sans agir alors que la FIFA envisage de vendre une participation dans la Coupe du Monde », a-t-il déclaré en annonçant sa démission, quelques heures après que la FIFA avait réaffirmé: « Personne ne vend le football ».
Le départ de Cordeiro — et son appel à d’autres cadres à s’exprimer — a renforcé l’attention sur Infantino, un jour après que l’Union des associations européennes de football (UEFA) a menacé de boycotter l’ensemble des matches et événements de la FIFA tant que le plan ne serait pas abandonné. La CONCACAF, pour l’Amérique du Nord et les Caraïbes, a elle aussi rejeté l’offre de la FIFA d’un paiement unique de 20 millions de dollars à chaque fédération membre, avec une échéance fixée à la mi-septembre.
Cordeiro accompagnait fréquemment Infantino lors de ses visites de travail à la Maison-Blanche pour rencontrer l’ancien président américain Donald Trump, et prenait part aux réunions du groupe de travail sur la Coupe du Monde dirigé par Andrew Guiliani.
« Pour être clair, je n’ai aucune implication dans cette proposition, et je m’y oppose catégoriquement », a déclaré Cordeiro, ancien président de la fédération américaine de football.
L’Asie rejoint l’Europe et l’Amérique du Nord
Sur un autre jour sismique de la politique du football, l’instance continentale asiatique — longtemps alliée clé du mandat d’Infantino — s’est opposée au plan d’investissement et a appelé à une révision urgente du mode de gestion de la FIFA. L’AFC a déclaré « être solidaires » avec l’UEFA et la CONCACAF, qui représentent à elles seules près d’un tiers des 211 associations membres de la FIFA.
« Le football n’aurait jamais dû être placé dans une telle position », a déclaré l’AFC, qui compte 46 fédérations sur les 211 affiliées à la FIFA. Infantino propose de scinder les activités commerciales de la FIFA — y compris la Coupe du Monde masculine et féminine, ainsi que la Coupe des clubs — en une filiale valant 20 milliards de dollars et dont 20% seraient détenus par des investisseurs privés.
La AFC a ajouté que le « plan d’ancrage » décrit par la FIFA « ne peut pas raisonnablement obtenir le consensus et l’unité nécessaires pour avancer » et doit être reconsidéré. Cette déclaration ne nomme pas Infantino explicitement mais critique directement la FIFA pour des problèmes qui vont au-delà du contenu du plan de capital-investissement et pour l’absence de consultations sur une proposition secrète. « Par conséquent, l’AFC appelle la FIFA à entreprendre un examen urgent de son cadre de gouvernance et de prise de décision », a précisé l’organisme basé à Kuala Lumpur.
Infantino, menacé sur son poste?
Il y a peu, Infantino semblait — onze jours après la finale de la Coupe du Monde disputée à East Rutherford, dans le New Jersey — avoir une voie claire vers une réélection sans opposition pour un quatrième et dernier mandat jusqu’en 2031. Lors du tournoi, la FIFA aurait indiqué disposer de lettres de soutien d’environ 200 membres, malgré la polémique autour d’un éventuel appel à Balogun, l’attaquant américain, pour jouer contre la Belgique malgré un carton rouge reçu dans son match précédent. Trump a reconnu avoir demandé à Infantino de réexaminer l’interdiction d’un match de Balogun.
La FIFA a fixé au 18 novembre la date limite pour les candidatures à l’élection présidentielle des 211 membres, prévue lors d’un vote en mars prochain à Rabat, au Maroc.
La FIFA rejette la faute sur les médias
Dans le même temps, la FIFA a imputé les critiques et les maux au traitement médiatique et a réaffirmé son engagement à poursuivre le processus de consultation, afin que chaque fédération puisse voter sur la base des faits. « Notre processus de consultation prévu a été perturbé par des informations médiatiques inexactes », a déclaré l’organisme vendredi. « Nous poursuivrons ce processus de consultation pour que chaque membre puisse s’exprimer sur la base de faits ».
Le prochain événement FIFA potentiellement visé par un boycott européen est la Coupe du Monde féminine des moins de 20 ans, organisée en Pologne à partir du 5 septembre. Les quatre fédérations britanniques restent les seules candidates à organiser la Coupe du Monde féminine 2035, dont la décision sera rendue le 23 novembre.
Bon à savoir
– Contexte et enjeux du plan FIFA Forward Enterprise: un véhicule supposé externaliser les activités commerciales de la FIFA pour lever 20 milliards de dollars, avec 20% détenus par des investisseurs privés, et les implications potentielles sur les revenus et la gouvernance du football.
– Réactions des confédérations: UEFA et CONCACAF s’opposent fermement au projet; l’AFC a exprimé une position de solidarité et appelé à une réforme en profondeur de la gouvernance.
– Prochaines échéances clés: fin octobre et novembre voient des étapes cruciales (candidatures présidentielles à la FIFA, décision sur l’organisation de la Coupe du Monde féminine 2035, et poursuite éventuelle des discussions sur le plan commercial).
– Gouvernance et consultation: le débat public met en lumière des fragilités des procédures de consultation et de prise de décision au sein de la FIFA, point qui sera scruté par les fédérations globales.
– Points à surveiller: l’équilibre entre les perspectives de financement du football et les risques de perte de contrôle des fédérations nationales sur leurs compétitions et revenus; les prochaines déclarations des confédérations et les éventuels ajustements du plan si une majorité se forme contre lui.
– Source et contexte médiatique: l’article de fond souligne que l’information et les réactions ont été largement relayées par les médias internationaux; la couverture peut influencer les perceptions et les décisions des fédérations en amont des votes.
Liens utiles
– UEFA: Communications et positions publiques relatives au plan (tranche d’alertes potentielles et réponses institutionnelles).
– AFC: Position officielle exprimant la solidarité avec UEFA et CONCACAF et appel à une révision des mécanismes de gouvernance.
Note: pour la version intégrale, les noms de médias et les déclarations officielles ont été adaptés afin d’assurer une lisibilité fluide en français et une approche éditoriale adaptée à LesNews. Les mentions spécifiques au média source ont été intégrées avec une contextualisation respectueuse et discrète.