Il reste 23 jours avant le départ de la Vuelta a España, prévu à Monaco, et l’identité du prochain visage vedette n’est pas encore actée. Tadej Pogačar (UAE Team Emirates-XRG) pourrait bien faire son retour sur le Grand Tour espagnol, mais pour l’instant, les annonces officielles tardent et les rumeurs, elles, continuent de circuler.
Le Slovène a déjà connu la Vuelta lors de ses débuts sur un Grand Tour, il y a sept ans. À l’époque, il avait terminé troisième du classement général et décroché trois victoires d’étape, avant de s’installer durablement dans la catégorie des coureurs capables de tout changer à n’importe quel moment.
Depuis, Pogačar a empilé les performances : cinq succès au Tour de France, un Giro d’Italia, et une présence régulière dans quasiment toutes les grandes épreuves du calendrier. Autrement dit, le mystère autour de son programme n’a rien d’un hasard : quand il s’agit de lui, chaque choix devient un mini-suspense.
Guillén y croit : la Vuelta comme étape logique
Pour Javier Guillén, directeur de course, l’idée est simple : “si Pogačar arrive à la Vuelta, c’est pour la gagner”. Interrogé sur ses intentions, il s’appuie sur les informations disponibles et sur le contexte post-Tour, où la forme et la fatigue peuvent encore être ajustées.
Guillén explique que le calendrier et l’organisation sportive jouent en faveur d’un retour : la Vuelta, après la Grande Boucle, permet de gérer la récupération tout en offrant un terrain où Pogačar peut exprimer son style. Et surtout, il estime que les circonstances sont réunies pour qu’il vienne.
Le directeur veut aussi un spectacle à la hauteur : “on veut voir les performances dont il est capable”, et il ajoute que l’enjeu ne se limite pas à la star. Pour que la Vuelta soit intéressante, il faut des rivaux capables de compliquer la tâche au champion.
Un dossier qui n’a jamais été totalement refermé
Un an plus tôt, l’équipe UAE avait indiqué que Pogačar ne disputerait pas la Vuelta 2025, comme cela avait été initialement envisagé. Le choix s’était alors porté sur le repos et la préparation des Championnats du monde, au Rwanda, où il a remporté un deuxième “rainbow jersey” consécutif en course sur route.
Mais cette année, le dossier a pris davantage d’ampleur pendant le Tour : le prince Albert de Monaco laissait entendre que Pogačar avait évoqué une présence au départ, avec une formule qui, en pratique, ressemble à une porte laissée entrebâillée.
À l’issue de la course, Pogačar s’est montré prudent, sans confirmer ni totalement fermer la discussion. Sa réponse a été claire sur un point : il n’était pas question d’écrire la décision dans le marbre dès le lendemain du Tour.
Du côté de l’équipe, non plus, le message n’était pas “non” catégorique. Le manager sportif Joxean Fernández Matxin a notamment souligné qu’il fallait savourer ce qui a été construit après trois semaines de travail, avant de trancher. Selon les informations qui ont circulé, une réunion était programmée afin de décider du programme.
Le timing : décision officielle… après quelques rendez-vous
Le scénario le plus probable serait le suivant : un accord serait déjà acté, mais l’annonce officielle attendrait des moments clés à venir. Parmi eux, un événement caritatif “Pogi Challenge” organisé ce week-end, puis la présence attendue lors de la prochaine édition du Tour de France Femmes, où Pogačar pourrait soutenir Urška Žigart.
En clair : même si la réponse se prépare, elle risque de ne pas tomber immédiatement. Les équipes aiment parfois garder le suspense jusqu’au bon moment, surtout quand il s’agit du moment où tout le monde regarde.
Points à retenir
- La présence de Pogačar n’est pas encore confirmée, mais les signaux n’ont rien d’un “stop” : on parle plutôt d’un dossier en cours de validation.
- Guillén insiste sur un point : si Pogačar vient, c’est pour gagner. Traduction journalistique : pas pour faire de la figuration.
- Le débat ne concerne pas seulement la star slovène. Le directeur veut des rivaux suffisamment forts pour rendre la course moins “prévisible”.
- Le post-Tour et la fatigue comptent autant que la motivation : la décision se joue aussi sur la récupération.
- S’il y a annonce, elle pourrait arriver après des rendez-vous médiatiques et personnels déjà prévus. Les calendriers, c’est parfois un puzzle… avec des morceaux qui refusent de rentrer tout de suite.
À mes yeux, ce qui rend cette histoire vraiment passionnante, ce n’est pas “Pogačar ou pas Pogačar”. C’est la question derrière : est-ce que le peloton peut produire des rivalités assez nettes pour transformer une arrivée probable en vrai bras de fer ? Je pense que la Vuelta a besoin de son grand numéro… mais elle a surtout besoin d’une audience de coureurs prêts à rendre la scène plus dangereuse que brillante. En journaliste engagé, je dirais donc : on attend des émotions, pas seulement un calendrier. Et si le suspense se referme bientôt, j’espère que la route, elle, ne se contentera pas de confirmer ce qu’on pensait.