jeu. Juil 30th, 2026

Le plan de la FIFA d’imaginer une filiale de 20 milliards de dollars destinée à gérer la Coupe du Monde et à céder des participations minoritaires à des investisseurs externes met en lumière l’équilibre des pouvoirs dans le football mondial. Si la FIFA demeure l’instance dirigeante du football au niveau planétaire, une grande partie de la force commerciale du sport se concentre ailleurs — en particulier en Europe, où l’UEFA contrôle nombre des compétitions les plus lucratives. Voici comment le football est organisé, tel que l’a décrit l’agence Reuters.

Qui dirige le football mondial ?
La FIFA occupe le sommet de la gouvernance du football mondial. Fondée en 1904 et basée à Zurich, elle compte 211 associations nationales, chacune dotée d’une voix au Congrès de la FIFA, l’organe législatif suprême. Le Congrès élit le président de la FIFA et approuve les changements statutaires importants, tandis que le Conseil de la FIFA, composé de 37 membres, est l’organe décisionnel principal entre les réunions du Congrès. Chaque association nationale appartient aussi à l’une des six confédérations continentales de la FIFA : l’UEFA en Europe, la CONMEBOL en Amérique du Sud, la CONCACAF en Amérique du Nord et centrale et dans les Caraïbes, l’AFC en Asie, la CAF en Afrique et l’OFC en Océanie. Les associations nationales dirigent le football dans leurs pays respectifs, alors que les confédérations gèrent le football à l’échelle régionale.

Que fait la FIFA ?
La FIFA organise les compétitions mondiales, notamment les Coupes du Monde masculine et féminine, la Coupe du Monde des clubs et les tournois de jeunes. Elle supervise aussi le calendrier international des matches, qui détermine quand les clubs doivent libérer des joueurs pour les sélections nationales. L’organisme établit le cadre réglementaire global du football international — règles relatives à l’éligibilité des joueurs, aux transferts et aux questions disciplinaires dans les compétitions de la FIFA — tout en distribuant des fonds de développement via des programmes comme FIFA Forward. Politiquement, la structure de la FIFA confère à chaque association nationale un vote égal, quelle que soit la taille ou la richesse de son économie footballistique, ce qui rend la construction de coalitions à travers l’Afrique, l’Asie, les Amériques et l’Océanie centrale dans les élections et les grandes décisions politiques.

Quel rôle jouent les confédérations ?
Les six confédérations ne sont pas de simples antennes régionales de la FIFA. Elles constituent des organes dirigeants indépendants, avec leurs propres congrès, exécutifs, compétitions et programmes commerciaux. Elles organisent les tournois continentaux des équipes nationales — notamment l’Euro, la Copa América, la Coupe d’Afrique des Nations, la Coupe d’Asie, la Gold Cup et la Coupe des Nations de l’OFC — et elles administrent également les compétitions majeures de clubs dans leur région respective. Les statuts de la FIFA reconnaissent le droit des confédérations à organiser ces compétitions continentales, sous réserve des règlements de la FIFA et du calendrier international.

Pourquoi l’UEFA est différente ?
Même si l’UEFA ne rassemble que 55 associations sur les 211 membres de la FIFA, elle génère des revenus commerciaux bien supérieurs à ceux des autres confédérations et organise certaines des compétitions les plus lucratives du football. Sont notamment concernés la Ligue des champions, la Ligue Europa, la Conférence League et les compétitions européennes qui génèrent des milliards d’euros grâce aux droits de diffusion, au sponsoring et aux partenariats commerciaux. L’Europe abrite aussi nombre des plus grands clubs, ligues, diffuseurs et sponsors mondiaux. Cette force commerciale se traduit par une redistribution importante, les fonds passant par les primes, les paiements de solidarité et le financement du développement, renforçant l’importance de l’UEFA pour les clubs, les ligues et les associations nationales à travers l’Europe.

Pourquoi l’UEFA peut-elle défier la FIFA ?
La FIFA détient l’autorité suprême sur le football mondial, mais l’UEFA administre une grande partie de l’appareil économique qui fait tourner le sport. Les 55 associations européennes représentent un peu plus d’un quart des membres de la FIFA, mais l’UEFA organise les compétitions les plus riches et représente un vaste réseau de clubs, de ligues et de diffuseurs. Cette envergure économique donne à l’UEFA une influence considérable lors des propositions de la FIFA touchant les formats de compétitions, le calendrier international ou l’architecture commerciale du football. La relation est fondée sur une interdépendance mutuelle : la FIFA a besoin de l’Europe pour maximiser la valeur de ses grands tournois, tandis que l’UEFA opère dans le cadre réglementaire international fixé par la FIFA. Cette dynamique aide à comprendre pourquoi les différends entre les deux instances — sur les formats de compétition, le calendrier international ou les aspects commerciaux — revêtent pour le football une importance particulière.

(Reportage d’Angelica Medina et Janina Nuno Rios à Mexico, révision par Pritha Sarkar)

Bon à savoir
– Le modèle de la FIFA et les confédérations : le système repose sur une gouvernance partagée qui implique des votes et des revenus répartis entre fédérations à des niveaux mondiaux et continentaux, avec une importance particulière pour les grands marchés européens.
– Le poids économique de l’Europe : les droits de diffusion et les partenariats commerciaux alimentent une partie majeure des flux financiers du football mondial, influençant les priorités et les investissements dans les clubs et les ligues.
– Le calendrier international : les décisions qui régulent la libération des joueurs pour les compétitions internationales affectent directement les clubs et les ligues à travers le monde.
– Le financement du développement : des programmes comme FIFA Forward visent à soutenir le développement du football dans les pays en développement, mais leur distribution et leur efficacité font l’objet de débats.
– La transparence et la gouvernance : l’évolution des relations entre FIFA et les confédérations soulève des questions sur la transparence, la responsabilité et l’équilibre des pouvoirs au sein du football mondial.
– Ce qu’il faut surveiller : les implications potentielles d’une filiale FIFA de 20 milliards de dollars sur le contrôle des droits, la rentabilité et la répartition des investissements, ainsi que sur l’indépendance des confédérations et des fédérations locales.


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