Jessica Pegula et Anna Kalinskaya se sont déjà retrouvées cinq fois sur le circuit WTA cette saison à l’occasion du tournoi Driven by Mercedes-Benz — et à chaque fois, la rencontre a tenu la distance. Après leurs victoires respectives, vendredi, elles ont une nouvelle occasion d’écrire un sixième chapitre identique : la Polonaise de talent (Kalinskaya) affrontera à nouveau l’Américaine, après s’être tirée d’un match compliqué à Washington.
Washington : résultats | déroulé des matchs | tableau
Malgré un avantage de 4-1 dans leurs confrontations directes, Pegula n’a pas exactement affiché une envie débordante de relancer tout de suite cette rivalité. Interrogée sur le court après sa victoire 3-6, 6-3, 6-0 contre Magdalena Frech, elle a expliqué que leur dynamique produit presque toujours des matchs à rallonge… et que le scénario finit même par devenir un peu familier.
« J’ai vu son score avant de sortir, et je me suis dit : “Désolée Anna”, mais j’espérais presque que je n’aurais pas à la retrouver. On joue toujours trois sets. On a des matchs fous. Ici, en demi-finale, j’ai gagné mon premier titre… et on a encore vécu une sacrée bataille. Après autant de rencontres, on finit par rire. On se dit : “Bon… encore une fois.” »
Elle s’est ensuite adressée au public.
« Donc voilà, je pense que vous êtes partis pour un bon spectacle. »
De son côté, Kalinskaya a signé une remontée impressionnante : 1-6, 6-3, 7-6 (7). Tête de série n°5, elle s’est relevée après une entame très difficile et a sauvé deux balles de match pour se qualifier. Au final, elle s’en sort contre Janice Tjen et rejoint un quatrième quart de finale en quatre participations à Washington.
Pegula démarre sur les chapeaux de roues… puis se remet en place
Pour lancer cette tournée sur dur, Pegula n’a pas exactement trouvé la version la plus propre de son tennis dès les premiers échanges à Washington. Elle a multiplié les erreurs directes (14 fautes non provoquées) et n’a converti que 36 % de ses premières balles au service.
« Mon pourcentage de première balle, c’était 36 %. Si vous n’êtes pas des gens du tennis : ce n’est pas bon. Je ne vais probablement pas gagner si ça reste comme ça. Donc j’ai surtout cherché à corriger et à attaquer. D’ailleurs, c’est difficile en début de semaine avec les nouveaux ballons : ils sont assez légers. »
« Quand ça va, tu peux servir fort. Mais si tu hésites un peu, les balles “partent” différemment, tu peux prendre deux double fautes… et après ça devient bizarre. »
Ce qu’elle cherchait, elle l’a trouvé : en ajustant au fil du match, Pegula a accéléré dans les deux derniers sets. Elle a remporté 12 des 15 jeux finaux et a balayé Frech dans le set décisif. Sur la fin, les statistiques racontent une histoire simple : 15 winners sur le dernier set contre seulement 3 erreurs non provoquées. Au total, Pegula a fini la journée avec 42 coups gagnants, et son pourcentage de premières balles a grimpé à 55 %.
Kalinskaya garde ses habitudes à Washington
Kalinskaya continue de faire ce qu’on lui reproche rarement : gagner. En quatre participations à Washington, son bilan affiche déjà 13 victoires pour 3 défaites. L’an dernier, elle avait atteint la finale avant de s’incliner contre Leylah Fernandez.
Cette fois, elle a prolongé l’aventure : contre Janice Tjen, elle a dû se battre après un début d’échanges délicat. À plusieurs reprises, elle n’était qu’à un point de la sortie, avant d’inverser la tendance grâce à des frappes opportunes au bon moment.
Son prochain rendez-vous s’annonce particulier : un remake de la demi-finale de 2019, quand Pegula s’était imposée 6-1 dans le set décisif, en route vers son tout premier titre. Cette fois, Kalinskaya aura l’occasion de retourner le scénario — et une deuxième victoire face à l’Américaine pourrait la propulser encore un peu plus vers un “breakthrough” qui reste à écrire.
Points à retenir
- Le duel Pegula–Kalinskaya ressemble à une série en plusieurs saisons : cinq matchs, cinq fois la distance, donc pas vraiment de surprise… sauf peut-être pour ceux qui aiment les résultats rapides.
- Pegula a connu un début hésitant (première balle à 36 %), avant de retrouver son rythme ensuite : parfois, le tennis, c’est aussi une affaire de réglage.
- Kalinskaya a sauvé deux balles de match et c’est souvent là que l’écart mental se fait : quand ça force, elle sait tenir.
- Washington reste une sorte de terrain de jeu pour Kalinskaya : 13-3 en quatre participations, et elle y revient avec une régularité qui force le respect (et un peu l’obsession des stats).
À mes yeux, ce que promet cette nouvelle rencontre, c’est un match où chaque détail compte : la précision au service, la capacité à se remettre d’un set “tombé par terre”, et ce petit supplément d’envie quand l’adversaire vous connaît déjà par cœur. Et en tant que journaliste, je trouve que c’est justement dans ces rivalités qui s’installent, match après match, qu’on voit le tennis féminin gagner en intensité — et en prise de pouvoir sur l’attention du public. Alors oui, je suis curieux : vendredi, on remet ça, et on verra qui aura le dernier mot.