Lorient grimpe au classement de Ligue 1, mais la perte de leur entraîneur pourrait tout compromettre !

« Pourquoi ne pouvons-nous pas battre tout le monde ? », c’est ce qu’a déclaré le propriétaire de Lorient, Bill Foley, plus tôt ce mois-ci. Ce n’est pas le type de discours que l’on attend d’une équipe nouvellement promue, mais après avoir déjà battu Lens, Lyon, Monaco, Rennes et désormais Marseille à domicile, cela semble justifié.

Lorient a dominé Marseille lors de leur victoire 2-0 samedi, suscitant des « olés » de la foule qui admirait la circulation du ballon. Les supporters au Stade du Moustoir sont habitués à ce genre de plaisir, avec seulement deux défaites à domicile au cours des deux dernières saisons. Même le PSG n’a pas réussi à repartir avec les trois points lors de leur visite plus tôt dans la campagne. Le directeur sportif de Marseille, Medhi Benatia, a exprimé sa frustration après le match en qualifiant la performance de ses joueurs de « scandale », mais il aurait dû faire preuve de plus de respect envers des adversaires qui défient les attentes cette saison.

Cela a toujours été une saison spéciale pour Lorient, mais peu s’attendaient à ce qu’ils soient plus proches des places de Champions League que de la zone de relégation avec quatre matchs à jouer. En cette année de centenaire, les regards sont tournés vers le haut plutôt que vers le bas.

Loïc Fery, ancien actionnaire majoritaire jusqu’en janvier, a vendu ses parts au Black Knight Football Club (BKFC), qui détient également Bournemouth en Premier League ainsi que l’Auckland FC en Nouvelle-Zélande et le club portugais de Moreirense. Avant de devenir le propriétaire exclusif, BKFC détenait déjà 40 % du club. Cet investissement a permis aux Cherries de signer Eli Junior Kroupi, qui s’est distingué lors de sa première saison en Premier League.

Foley est arrivé avec de grandes ambitions, affirmant que le rachat rendrait le club « plus agressif » dans la poursuite de ses objectifs. « L’objectif a toujours été le football européen », a-t-il déclaré. « Je ne sais pas si cela sera la Ligue des Champions. C’est un objectif ambitieux, mais je ne vois pas pourquoi nous ne pourrions pas nous retrouver en Ligue Europa ou en Ligue Europa Conférence. Je ne suis pas satisfait de rester dans un rôle secondaire. Mes ambitions sont élevées. Nous jouerons en Europe et nous ferons les investissements nécessaires pour faire de Lorient un acteur sérieux en Ligue 1. »

Les paroles c’est bien, mais l’inaction peut être problématique. Lorsque Ineos a racheté Nice en 2019, Jim Ratcliffe avait promis que le club se battrait bientôt contre le PSG, mais ils n’ont pas encore réussi et se retrouvent en danger de relégation cette saison. Un exemple à méditer pour Lorient.

C’est pourquoi Fery, qui reste président du club, et le directeur sportif Laurent Koscielny parlent souvent de « durabilité » ; Fery a ajouté que l’évolution de BKFC en propriétaire unique serait la garantie de cela. La décision de vendre ses parts à Foley et BKFC n’a pas fait l’unanimité auprès des supporters de Lorient. Un petit drapeau « Foley out » est affiché dans les tribunes. Dans un pays aussi diversifié culturellement que la France, les identités régionales sont souvent imbriquées avec leurs clubs, ce qui peut provoquer des tensions dans un modèle de multi-clubs. Strasbourg en est un exemple frappant.

Foley essaie de rassurer les sceptiques. « Nous ne sommes pas de ces Américains affreux qui veulent tout détruire. » déclare-t-il. « Lorient n’est pas un club satellite de Bournemouth. Je n’aime pas cette expression. Ce n’est pas ma vision. À mes yeux, ce sont des égaux. Lorient existe par lui-même. » Bien qu’il ne souhaite pas « tout détruire », des changements sont à attendre cet été. Olivier Pantaloni, qui a quitté Ajaccio en 2024 après dix ans au club, a ramené Lorient en Ligue 1 du premier coup et est l’architecte de la récente ascension du club.

Malgré sa longévité dans le football français, il a su s’adapter aux évolutions modernes. Lorient, très conservateur sans ballon, fait preuve d’innovation lorsqu’il l’a, avec des défenseurs centraux souvent situés sur la dernière ligne de la défense adverse. Les opposants ont eu du mal à interrompre la construction de Lorient. Leurs trois défaites en 23 matchs toutes compétitions confondues en sont un témoignage. Certains joueurs se sont distingués, comme Pablo Pagis, Arsène Kouassi et Bamba Dieng, mais aucune figure n’est aussi essentielle au succès que l’entraîneur.

On pourrait penser que Lorient serait désespéré de conserver Pantaloni, mais il n’a pas ressenti cette volonté brûlante de la part du club. « J’ai signé sous des conditions qui indiquaient clairement qu’il y avait de nombreux doutes à mon égard – je ressens toujours cette méfiance, et c’est pourquoi je refuse de travailler dans de telles conditions », a-t-il déclaré ce mois-ci, confirmant qu’il partirait à la fin de la saison. Will Still, ancien entraîneur de Southampton, Lens et Reims, est évoqué comme un potentiel remplaçant.

Le club pourrait également connaître des changements au sein de sa hiérarchie cet été. Si Lorient conserve sa neuvième place en Ligue 1, ce sera leur meilleur classement depuis plus de dix ans. Foley présente également un avenir prometteur. Malgré la situation financière précaire du football français, il parle de Lorient comme d’un acheteur plutôt que d’un vendeur et souhaite faire du club une école de formation pour les talents bretons.

Un tableau idyllique, que Pantaloni a contribué à dessiner. Le laisser partir semble être une erreur, mais Lorient s’est renforcé après leur succès récent. Reste à savoir si leur confiance dans la durabilité du nouveau projet plutôt que dans l’entraîneur corse sera la bonne décision.

Points à retenir

  • Bill Foley, nouveau propriétaire de Lorient, affiche de grandes ambitions pour le club.
  • La victoire contre Marseille a renforcé la position de Lorient dans le haut du tableau.
  • Les choix de gestion et les changements à venir pourraient avoir un impact significatif sur la direction du club.
  • Les supporters réagissent face à la vente du club et à l’engagement du nouveau propriétaire.
  • Olivier Pantaloni, créateur de cette dynamique, quittera le club à la fin de la saison.

Il est vrai que la situation actuelle de Lorient suscite autant d’enthousiasme que d’interrogations sur l’avenir. L’ambition de rivaliser avec les plus grands est louable, mais la transition vers une durabilité à long terme poses de nombreux défis, surtout dans un climat aussi volatile que le football. Le choix de privilégier un projet structurel plutôt que de se reposer sur un entraîneur emblématique pourrait s’avérer audacieux, mais pas sans risque. La véritable question qui s’impose est : Lorient saura-t-il naviguer ces eaux troubles tout en préservant son identité ? En tant que journaliste, je reste attentif à cette évolution passionnante.


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