Chez LesNews, nous préférerions éviter de trop nous pencher sur la Copa Gianni, mais notre devoir professionnel nous y contraint, et nous n’avons jamais fui nos responsabilités. Pour faire simple, nous considérons ce tournoi comme une compétition à part entière, qui se déroule entre la fin d’une saison et le début de la suivante. Cela dit, le fait qu’il oppose des clubs plutôt que des nations ouvre un large champ de débats. Par exemple, voir Kingsley Coman « sprinter » après une passe de Harry Kane lors de la défaite du Bayern Munich contre le PSG, avec une énergie comparable à celle d’un coureur dans un marécage… Un joueur qui portait déjà le maillot de la saison à venir, mais qui semblait épuisé par les efforts fournis lors d’une saison qui, peut-être, n’était pas encore officiellement terminée quand le tournoi a commencé. Alors, le but qu’il n’a pas marqué, faut-il l’intégrer dans les stats de la saison passée, de la prochaine ou dans aucune ?
Si, comme tout porte à le croire, la Copa Gianni est comptabilisée dans les archives de la saison écoulée, elle se retrouvera chevauchée avec la nouvelle saison européenne, qui débute officiellement ce mardi. Ce tournoi, en partie conçu par la FIFA pour brouiller les pistes et rabaisser le prestige de la compétition phare de l’UEFA, aura donc cette particularité historique : la finale de la Copa Gianni 2024 se jouera la même semaine que le coup d’envoi de la nouvelle Ligue des Champions. Dans les deux prochains jours, pas moins de 28 équipes disputeront les phases qualificatives, avec The New Saints, Shelbourne et Linfield représentants respectivement du Pays de Galles, de la République d’Irlande et de l’Irlande du Nord. Si la qualification pour la phase finale de la Ligue des Champions semble un rêve lointain pour ces clubs, Shels et Linfield vont s’affronter pour une place en tour suivant, garantissant au moins un qualifié parmi eux.
Jusqu’à très récemment dirigé par Damien Duff, qui a remporté la Ligue d’Irlande avec Shelbourne la saison dernière avant de démissionner il y a quelques semaines, suite à une critique publique cinglante de ses joueurs, le club est désormais entraîné par Joey O’Brien, ancien assistant devenu son successeur. « Il a pris sa décision, puis c’est à moi de faire la mienne, et je l’ai fait, » a confié l’ex-Bolton Wanderer. « J’espère qu’on va créer de nouveaux souvenirs. On a un très bon groupe, de super gars. C’est pour ça que j’ai voulu rester. » Si les supporters espéraient une destination plus exotique qu’un aller-retour de deux heures en bus entre Belfast et Dublin, la bonne nouvelle, c’est que les vainqueurs iront défier Qarabag à Bakou, en Azerbaïdjan, un autre adversaire bien connu de Linfield et son entraîneur David Healy.
Du côté gallois, The New Saints, anciennement baptisés Total Network Solutions, pourraient bien danser dans les rues s’ils parviennent à éliminer Shkendija de Macédoine du Nord, et ainsi décrocher un second tour qualificatif probable contre le FCSB, anciennement Steaua Bucarest. Leur entraîneur Craig Harrison, conscient des difficultés d’un tel déplacement, notamment à cause de la chaleur et de l’humidité, reste confiant. « Ce sera un match très difficile, surtout dans ces conditions, » a-t-il déclaré, évoquant une expérience similaire à celle contre Decic au Monténégro la saison dernière…Enfin, ou peut-être l’avant-dernière, allez savoir.
Points à retenir
- La Copa Gianni, ce tournoi mystérieux à cheval entre les saisons, est source de nombreuses questions identitaires – saison précédente ou saison à venir ? Suspense.
- Les clubs modestes comme The New Saints ou Shelbourne jouent leurs chances dans les parcours de qualification européens, parfois sur des trajets en car plutôt qu’en jet privé.
- Les changements d’entraîneurs apportent leur lot de drames locaux, plus intenses que certaines finales internationales, comme chez Shelbourne avec le départ de Duff.
- Les déplacements à Bakou et dans les Balkans, entre chaleur tropicale et adversaires coriaces, ne manquent ni de piment ni de saveur pour ces équipes.
- Les discussions statistiques sur les buts (à quelle saison attribuer un but… ou un non-but ?) rappellent que le football contemporain est parfois un vrai casse-tête pour les archivistes.
En somme, la saga de la Copa Gianni illustre parfaitement les péripéties parfois absurdes des compétitions de football modernes. Et si l’on se demandait vraiment qui sanctionne quoi, à quel moment, avec quel maillot, on finirait probablement par courir dans des marécages aussi profonds que ceux où Coman semblait s’embourber ! Mais vous savez quoi ? Il faut bien un peu de chaos pour que le football reste amusant… ou du moins intéressant à suivre depuis son canapé.