La saison de Joaquín Niemann s’est révélée particulièrement contrastée, marquée à la fois par des victoires éclatantes et de cuisantes déceptions. D’un côté, il a dominé la première moitié de l’année sur le circuit LIV Golf, remportant plusieurs tournois prestigieux en Australie, à Singapour, Mexico, en Virginie, ainsi que ce week-end en Grande-Bretagne.
Mais ce brillant parcours reste à nuancer face à son irrégularité dans les tournois majeurs. Cette année, il a signé une huitième place au PGA Championship et une 29e au Masters d’Augusta, sans parvenir à franchir le cut lors de l’US Open ni de l’Open britannique.
Avec seulement un top 10 en 26 participations dans les tournois majeurs, le golfeur originaire de Talagante cherche toujours à trouver son équilibre, et doit composer avec des critiques acerbes, notamment venues des médias américains et d’anciens champions.
Dans une interview donnée en mai dernier, Niemann évoquait son besoin de « dédramatiser » ces moments clés. « J’ai le jeu, j’ai les scores… Je vois que je peux réussir partout où je joue. Mais quand je suis arrivé au LIV, il m’a fallu du temps pour m’adapter et trouver mon rythme. Je suis quelqu’un qui s’adapte vite, et je considère cette phase comme une nouvelle étape. Ce n’est pas encore évident, mais je continue de chercher des réponses, je sais qu’elles viendront. Je suis assez bon pour que mon décollage soit imminent », expliquait-il alors.
Ce week-end, il a reconnu que ses dernières performances l’avaient frustré. « Oui, ça m’a beaucoup frustré de ne pas bien jouer dans les majeurs, mais je sais que je vais y arriver. C’est un jeu très frustrant, on le sait tous. Parfois, on le prend un peu trop personnellement, comme si le jeu nous jouait un mauvais tour », avouait-il.
« Toutefois, à ma place, je considère que chaque erreur, chaque mauvais résultat enseigne quelque chose. Je suis patient, et les résultats finiront par arriver. Je n’ai qu’à attendre », ajoutait-il.
Nouveau caddie, nouvelle dynamique
Les difficultés récentes de Niemann dans les deux derniers majeurs ont provoqué un véritable tremblement dans son équipe. Lors de l’Open britannique, on l’a même vu perdre son sang-froid au point de heurter son sac de golf alors que son caddie sud-africain, Gary Matthews, se baissait pour le prendre. Ce geste a surpris autant son binôme que le public de Royal Portrush.
Cette tension a mis fin à une collaboration commencée au US Open 2020. Désormais, c’est le Chilien Diego Salinas qui porte le sac du golfeur, et le début de cette nouvelle association a été couronné de succès lors du LIV Golf britannique, où Niemann a remporté le tournoi.
« Quand j’ai travaillé pour la première fois avec Diego, je dois avouer que j’étais un peu nerveux. C’était une nouvelle configuration, une nouvelle façon de communiquer ; je devais clairement lui dire ce que je voulais pour qu’il me comprenne », a confié Niemann après sa victoire.
Le départ de Miquel
La semaine dernière, l’annonce est tombée : Eduardo Miquel, qui dirigeait la carrière de Niemann et de Mito Pereira, a mis fin à son rôle d’entraîneur. Ce dernier vit par ailleurs une période compliquée, ayant lui aussi rompu avec son coach il y a un peu plus d’un mois, avant de s’entraîner avec de nouveaux préparateurs venus d’Argentine et du Royaume-Uni.
« À Valderrama, j’ai décidé de me retirer. J’ai arrêté de travailler avec Joaco et les autres joueurs car j’ai quelques affaires personnelles à régler, et je prendrai le temps nécessaire », a expliqué Miquel à El Deportivo.
Cette décision affecte aussi d’autres golfeurs en dehors du LIV, comme Cristóbal del Solar, Álvaro Ortiz, et d’autres jeunes espoirs en pleine ascension.
Interrogé après sa victoire à Rochester sur ces changements, Niemann a répondu : « Je pense que chaque décision que je prends est toujours pour le mieux. La vie te met face à des situations où il faut tout donner, ou rien. »

Il a ensuite partagé une réflexion plus profonde : « Je veux toujours m’améliorer à 100 %. Chaque décision que je prends cherche à faire de moi un meilleur golfeur et une meilleure personne. Si une décision n’est pas la bonne, j’apprends et je progresse. »
Quant à savoir si ces bouleversements dans son équipe expliquent sa récente victoire, il a été clair : « Bien jouer cette semaine ne signifie pas forcément que c’est grâce à cette décision. J’essaie de progresser chaque semaine et je n’ai pas à me justifier. Chaque décision est la bonne. Je préfère ça plutôt que d’avoir à me défendre. »
« Je reste très reconnaissant envers les personnes qui ne font plus partie de mon équipe, mais cela fait partie du jeu », a-t-il conclu.
Concernant l’avenir, Carlos Rodríguez, manager de Torque, a confirmé que Niemann n’a actuellement pas d’entraîneur de swing et travaille désormais avec Diego Salinas comme caddie.
Lors de la prochaine étape à Chicago, Joaquín Niemann pourrait bien remporter le titre de la saison, renforçant ainsi son statut d’athlète le plus titré dans la courte histoire du circuit lucratif LIV Golf.
Points à retenir
- Joaquín Niemann évolue dans un univers où succès et échecs se mêlent souvent, surtout entre le LIV Golf et les tournois majeurs plus traditionnels.
- Son récent changement de caddie illustre que même les champions ont droit à leurs petits caprices de star – ou simplement à un bon coup de frais dans leur équipe.
- Le départ d’Eduardo Miquel soulève la question existencielle : vaut-il mieux changer de coach ou persister dans ses erreurs ? Apparemment, les deux sont possibles.
- Le golfeur reste positif malgré les critiques et semble prêt à transformer ses frustrations en force, au moins en paroles, ce qui est déjà pas mal.
- Enfin, avec l’accession potentielle au titre de la saison LIV, on pourrait presque croire à un happy end à l’américaine… ou du moins un bon scénario Netflix.
Alors, globalement, que penser de cette saga Niemann ? Une chose est sûre, le golf professionnel n’est jamais ennuyeux, surtout quand le stress et les coups bas font partie du package. Reste à voir si Joaco va vraiment réussir à décoller, ou s’il continuera de nous offrir ce suspense digne d’une série dramatique. Moi, j’ai pris mon pop-corn, et vous ?