Cela fait déjà presque une douzaine d’années que Hull a surgi sur la scène professionnelle en 2013, enchaînant cinq deuxièmes places consécutives sur le Ladies European Tour (LET), une performance aussi étonnante qu’inattendue.
Depuis, elle a remporté six victoires combinées entre le LPGA Tour et le LET, s’imposant comme une pièce maîtresse des six dernières éditions européennes de la Solheim Cup. Pourtant, ses meilleures performances dans les grands tournois restent ces trois fois où elle s’est classée deuxième.
« Pour moi, être deuxième, c’est être le premier perdant », confie la joueuse anglaise la mieux classée actuellement.
« Mais je suis bien placée, car si on ne me demande pas quelles sont mes chances, c’est que je ne fais pas les choses correctement. »
Ces dernières années, dans les tournois majeurs, Hull a alterné le bon et le moins bon. Sur ses 24 dernières participations, elle a raté le cut huit fois mais a décroché quinze top 25, dont une deuxième place à ce même championnat lorsqu’il se tenait à Walton Heath, dans le Surrey, en 2023.
À la différence du British Open masculin toujours disputé sur des links en bord de mer, l’équivalent féminin se joue aussi sur des parcours d’intérieur.
Si Hull avoue préférer les parcours de type « parkland », elle garde de bons souvenirs des links, notamment à Porthcawl.
« J’ai gagné ici quand j’avais 14 ans, c’est un souvenir précieux », rappelle-t-elle à propos de la première Junior Vagliano Trophy en 2011 — un duel amateur à la manière de la Solheim Cup, opposant Grande-Bretagne et Irlande à l’Europe continentale.
« Les links seront un défi, j’espère avoir du vent, j’aime quand c’est difficile. »
Sur ses 59 apparitions en majeurs, elle s’est donc inclinée trois fois juste derrière la gagnante, et compte six autres places dans le top 10.
« Je ne m’attarde pas trop sur ces statistiques », explique-t-elle.
« Je n’ai aucun intérêt à ça. Comme dans la vie, une fois que j’ai fini, je passe à autre chose. »
Quand on lui demande ce qu’elle doit faire pour franchir un palier, sa réponse est claire : « Je dois arrêter de mettre trop de pression sur mon golf, ne pas trop m’obséder. »
« Quand j’étais plus jeune, j’étais loin d’être aussi obsédée. »
Peut-être que le vent à Porthcawl lui rappellera les jours insouciants passés à Turnberry, balayée par les bourrasques.
Points à retenir
- Hull a entamé sa carrière pro en 2013 de façon spectaculaire avec cinq deuxièmes places consécutives sur le LET.
- Elle compte six victoires entre les circuits américain et européen et a été un pilier des équipes européennes à la Solheim Cup.
- Malgré ses succès, elle reste à la recherche de sa première victoire dans un majeur, avec trois places de dauphine en 59 tentatives.
- Hull préfère les parcours parkland mais apprécie les links, notamment grâce à ses souvenirs positifs de Porthcawl.
- Elle prône un équilibre entre performance et décontraction, évitant l’obsession excessive du golf.
- Le vent, ami ou ennemi, fait partie intégrante de son challenge préféré sur les links.
Finalement, on pourrait se demander combien de fois être « premier perdant » pousse vraiment à se surpasser… Ou s’il ne vaudrait pas mieux cultiver un petit grain de folie en perdant parfois aussi pour mieux savourer la victoire. En tout cas, si Hull continue à prendre tout ça avec autant de philosophie et ce petit brin d’humour, son prochain triomphe pourrait bien être aussi inattendu que mémorable. Allez, vent debout, on croise les doigts et les clubs !