Retentissant triomphe pour Scottie Scheffler lors de l’Open Britannique dimanche dernier, sur la côte nord-irlandaise. Le Texan inscrit ainsi un troisième majeur différent à son palmarès, totalisant quatre victoires majeures. Il se rapproche à un US Open d’un exploit que seuls les membres d’un cercle très fermé ont réalisé : le « Grand Chelem » des quatre tournois majeurs. Parmi eux, des légendes comme Gene Sarazen, Ben Hogan, Gary Player, Jack Nicklaus, Tiger Woods et Rory McIlroy.
Ce dernier, figure incontournable du golf et héros local, était naturellement sous le feu des projecteurs. Originaire d’Irlande du Nord, Rory McIlroy était le favori en terre natale, avec l’espoir de rattraper son contretemps de 2019 sur ce même parcours du Royal Portrush. Cette année, il a bel et bien bataillé jusqu’au dernier moment. Dimanche, il pointait même en seconde position, bien que distancé par Scheffler déjà au trou 4. Plus qu’une menace, il s’est néanmoins glissé sur les premières pages du leaderboard pour finir 7e, à sept coups du champion.
« C’était bien mieux que lors de mon passage il y a six ans. Je suis très satisfait de ma semaine. J’aurais aimé pouvoir mettre une vraie pression sur Scottie en étant plus proche, mais il a affiché un niveau à part cette semaine, et même ces deux dernières années, par rapport aux autres », a confié McIlroy, originaire de Holywood, à seulement 100 km de l’événement. Il n’a pas manqué d’encenser son adversaire : « Il est la référence que nous voulons tous atteindre en ce moment : un joueur et un champion incroyable, et également une belle personne. Pour moi, jouer ici devant ce public, ressentir ce soutien massif, c’était un moment incroyable que je n’oublierai pas de sitôt. »
Mais c’est un épisode pour le moins insolite lors du tour du samedi qui a retenu l’attention. Une situation rare dans le golf professionnel, et d’autant plus lors d’un majeur. Après son coup de départ à droite du fairway du trou 11, dans une zone foulée par les spectateurs, son coup de récupération a été perturbé de manière inattendue : une deuxième balle est sortie du gazon au moment de son swing.
La balle initiale s’est posée sur le fairway non loin du green, tandis que la seconde s’est retrouvée au pied de McIlroy. On ignore encore si cette boule supplémentaire a influencé le coup, mais le joueur était visiblement sidéré, peinant à croire ce qu’il venait de vivre.
« Mon Dieu ! » s’est-il exclamé, en réalisant qu’il avait délogé la balle enfouie dans l’herbe. Il a ramassé la balle magique, riant avant de la jeter de côté. « Vous aviez déjà vu ça ? » a-t-il demandé à Jim “Bones” McCabe, analyste de la NBC, en retournant au fairway.
Ce samedi, McIlroy, à -3 sur ce tour et -6 au total, n’a pas réussi à creuser l’écart au trou 11 où il concéda un bogey après cet incident. Entamée à sept coups du leader, sa partie avait pourtant bien démarré, avec trois birdies en quatre trous. Mais après quelques occasions manquées, cet épisode perturbant a un peu entaché son parcours. Heureusement, il a vite repris ses esprits en réalisant un eagle impressionnant de 17 mètres au trou 12, terminant sa journée en 66 coups (-5) avec quatre birdies, un eagle et un bogey. Il s’est hissé à la 4e place, à six coups de Scheffler, totalisant 205 coups (-8).

« Ce qui s’est passé au 11 était tellement étrange… Ma balle semblait prête à s’envoler, mais j’ai vu qu’elle tournait contre le vent. Je n’avais aucune idée qu’une autre balle était aussi proche. Je pouvais sûrement mieux jouer ce coup de chip. Ce bogey n’est pas la fin du monde », a commenté McIlroy à propos de cet étrange incident.
L’an passé déjà, le golfeur nor-irlandais avait défini trois objectifs majeurs pour sa carrière restante : remporter le Masters pour compléter le Grand Chelem, décrocher une médaille olympique, et triompher avec l’équipe européenne lors de la Ryder Cup à l’extérieur. Le premier défi est désormais accompli, grâce à son sacre en avril dernier à Augusta National. Pour l’or olympique, il lui faudra patienter jusqu’aux Jeux de Los Angeles en 2028. Mais dès cet été, il aura l’occasion de représenter l’Europe au Bethpage Black Course dans l’État de New York, pour tenter de défier les Américains sur leur terrain avec ses coéquipiers du Vieux Continent.
Points à retenir
- Scottie Scheffler rapproche un peu plus le « Grand Chelem » d’un cercle restreint de légendes.
- Rory McIlroy, même sans victoire, a su galvaniser son public sur ses terres natales.
- L’incident unique du trou 11 rappelle que même dans le golf, il y a parfois de la place pour les surprises.
- Le parcours Royal Portrush s’est montré aussi exigeant qu’inoubliable, témoin des fortunes variables des joueurs.
- McIlroy poursuit ses objectifs ambitieux, partagés entre défis individuels et collectifs.
Au fond, le golf nous rappelle qu’il n’est pas qu’une affaire de chiffres et de statistiques : même un swing malencontreux peut sortir une balle du sol et semer le trouble. Ce qui nous fait penser que, dans ce sport de précision, il y a forcément une part de magie — ou de malice — qui se glisse dans chaque partie. Et qui sait ? Peut-être qu’un jour, un coup aussi improbable deviendra la nouvelle légende qu’on racontera dans les clubs, autour d’un verre, entre passionnés… À condition que la balle ne s’envole pas, évidemment !