La victoire de Scottie Scheffler au British Open ne surprenait guère tant sa montée en puissance semblait inévitable.
Dès le début du dernier tour à Royal Portrush, le Claret Jug semblait promis au numéro 1 mondial, qui a dominé la compétition du premier au dernier trou.
Arrivé dimanche avec une avance de quatre coups, Scheffler savait qu’il avait réussi à conclure ses neuf précédents tournois majeurs dans cette position. Personne n’a pu le rattraper, lui offrant un quatrième titre majeur en autant d’années.
« Personne n’a pu rivaliser avec Scottie cette semaine », a confié Rory McIlroy, septième ex-aequo sur son terrain. « Il est incroyable. Il a dominé le tournoi – comme il le fait depuis plusieurs années. »
« C’est la référence que nous essayons tous d’atteindre. Historiquement, seuls deux ou trois joueurs ont réalisé un parcours comparable au sien sur 24 à 36 mois. »
Scheffler est le premier numéro 1 mondial à remporter l’Open depuis Tiger Woods en 2006. Âgé de 29 ans, il pourrait rejoindre Woods et McIlroy dans l’histoire en décrochant le Grand Chelem au prochain US Open, le jour de ses 30 ans.
« On ne s’attendait pas à voir quelqu’un dominer le golf comme Tiger si rapidement, et voilà Scottie qui prend ce trône », s’est enthousiasmé Xander Schauffele, à sept coups du vainqueur.
Comment Scheffler a confirmé son succès majeur
Le signe avant-coureur de sa domination est apparu dès le premier tour avec un 68 malgré seulement trois fairways touchés. Son sept-under 64 vendredi, avec un nombre record de birdies pour lui sur un majeur, a scellé son statut de favori.
« J’ai joué avec lui les deux premiers jours, et honnêtement, j’avais l’impression qu’il allait birdier chaque trou », a commenté Shane Lowry, champion en 2019.
Un samedi sans bogey en 67 lui a permis de mener après 54 trous, avant d’enchaîner dimanche trois birdies dès les cinq premiers trous, assurant la victoire.
« Ce qui impressionne, c’est à quel point il est un excellent meneur », a déclaré Harris English, deuxième à deux reprises derrière Scheffler en 2025. « Son putting s’est amélioré, aucune statistique ne lui est défavorable. Comment battre un joueur comme lui ? »
« Il travaille dur, je le croise souvent à la salle de sport, je le vois pratiquer, c’est l’un des plus acharnés », a ajouté English. « Avec un numéro 1 aussi travailleur, c’est encore plus difficile de le rattraper. »
Depuis mai 2023, Scheffler conserve sa place de leader mondial et compte déjà 17 titres sur le PGA Tour en un peu plus de trois ans et demi.
« Scottie évolue dans une autre galaxie », a affirmé Bryson DeChambeau. « En fac, il n’était pas aussi bon, il a clairement beaucoup progressé. »
Jon Rahm, son prédécesseur au sommet du classement mondial, a salué son exploit : « Peu de joueurs ont fait ce qu’il a accompli, neuf victoires la saison dernière, et il continue. »
« Ce qu’il faut retenir, c’est son incroyable progression mentale : il sait maintenant conclure, là où il avait des difficultés auparavant. »
Sa force mentale rappelle celle de Tiger Woods, même s’il avoue ne pas toujours se sentir pleinement satisfait, s’appuyant aussi sur sa foi et sa famille pour avancer.
DeChambeau souligne aussi le rôle essentiel de la famille dans l’équilibre du joueur : « Il respecte énormément sa famille et parvient à concilier vie privée et performance. »
Schauffler sera sans doute favori à nouveau pour le FedExCup et jouera un rôle crucial pour l’équipe américaine à la Ryder Cup de septembre avant de viser le Grand Chelem en 2026.
Tommy Fleetwood prédit qu’on parlera de Scheffler dans les mêmes termes que les légendes du golf, à condition qu’il maintienne ce niveau.
McIlroy, qui sera son rival direct en Ryder Cup et dans les tournois majeurs l’an prochain, conclut :
« On peut juste admirer ce qu’il fait, avec sobriété et efficacité. Il fait le job mieux que personne en ce moment. Alors on ne peut que lui tirer notre chapeau. »
Points à retenir
- Scottie Scheffler tourne bien et s’impose comme le nouveau roi du golf; un numéro 1 mondial qui transforme ses avantages en victoires majeures, on voudrait tous en faire autant.
- Sa progression mentale et son travail acharné font de lui un adversaire redoutable ; les autres joueurs peuvent toujours courir, ou du moins, prier pour une panne d’inspiration.
- La comparaison avec Tiger Woods revient souvent, ce qui flatterait sûrement le principal intéressé, ou lui donnerait une bonne raison pour continuer à bosser.
- Son équilibre vie pro/vie perso est salué, preuve qu’on peut briller sur un green sans sacrifier son canapé familial.
- À 29 ans, il a déjà une carrière bien remplie et les portes grandes ouvertes pour un Grand Chelem, la cerise sur le gâteau – s’il ne fait pas l’erreur de manger trop de cerises avant le tournoi.
Alors, entre la dynastie Scheffler qui s’installe doucement mais sûrement et les espoirs de voir le golf changer de visage, on se demande si le reste du peloton va un jour trouver la recette miracle pour le rattraper ou s’ils préfèrent déjà planifier leur prochain barbecue d’après-tournoi plutôt que de réviser leur swing.