Paula Martín Sampedro, à seulement 19 ans, a déjà accumulé en deux ans une expérience qui en étonnerait plus d’un. Depuis son arrivée en septembre 2023 à la prestigieuse Université de Stanford, berceau de légendes telles que Tiger Woods ou Tom Watson, sa carrière amateur de golfeuse a connu une fulgurante ascension, jusqu’à se hisser à la septième place du classement mondial.
Ce week-end dernier, la Madrilène s’est imposée lors de la 122e édition du Women’s Amateur Championship à Nairn, en Écosse. Après une finale épique de 36 trous contre l’Américaine Farah O’Keefe, connue pour sa puissance au drive, Paula a su faire preuve d’adresse et de stratégie. Les commentateurs britanniques n’ont pas manqué de souligner les fameuses « Spanish Hands », une expression popularisée par Seve Ballesteros, désignant sa capacité à placer la balle avec une précision redoutable, évitant ainsi les longs coups risqués.
Au-delà de son talent, Paula insiste sur l’importance capitale de sa coéquipière et porte-balle, Paula Francisco, qui l’a accompagnée depuis les demi-finales. « La tension d’une finale est toujours là, mais avec Paula, chaque coup était plus supportable. Entre deux coups, on riait beaucoup. Elle m’a aidée à planifier mes coups, ce qui a fait toute la différence. Le bon équilibre entre sérieux et détente permettait d’évacuer le stress et d’éviter les pensées négatives », explique la championne.
Avec Paula Francisco, tout est devenu plus agréable. Entre chaque coup, on riait. La moitié de cette victoire lui revient.
Quand on demande à Paula quelles ont été les clés de cette victoire, elle revient sur la notion d’endurance et de patience : « En plus d’avoir Paula dans mon sac, ce qui a été fondamental, la patience était essentielle, surtout dans une finale aussi longue de 36 trous. »
Un mois intense
Après cette victoire, Paula est rentrée brièvement en Espagne pour prendre un peu de repos. Malgré son énergie apparemment inépuisable, le rythme effréné exigeait une pause. « Je suis rentrée du US Open, passé mes examens à Stanford, préparé la fin d’année universitaire… Je suis arrivée en Écosse fatiguée, pressée et avec le décalage horaire, avoue-t-elle.
Le championnat comportait deux journées stroke play, puis cinq matchs en match play, la finale jouée sur deux tours. « Les premiers jours, j’ai pris le temps de m’adapter, puis j’ai abordé chaque rencontre comme une nouvelle occasion, un reset quotidien. À la finale, la fatigue mentale et physique se fait sentir. »
Paula ne retournera à Stanford qu’en septembre, mais son été est déjà bien programmé, avec notamment une invitation aux quatre prochains tournois majeurs. « Je ne participerai pas à l’Evian, car il coïncide avec le Championnat d’Europe par équipes, un engagement que j’ai tenu avec l’équipe d’Espagne. En revanche, je ferai mes débuts au British Open, ce qui sera mon deuxième Major », précise-t-elle en ajoutant, avec un sourire : « On dirait que mon été de vacances ressemble plus à un calendrier de compétition qu’aux Amériques ! » Elle part aussi à Cadix pour un tournoi caritatif, le « Invitational Golf Gasol Foundation ».
Je ne vais pas à l’Evian car ça tombe en même temps que le Championnat d’Europe par équipes, auquel je suis engagée. Par contre, j’ai hâte d’être au British Open.
Pas encore professionnelle
Malgré un talent évident qui pourrait l’orienter vers une carrière professionnelle, Paula privilégie encore ses études en « Science, technologie et société » à Stanford. « Je veux absolument obtenir mon diplôme avant de penser à devenir pro. Mon but est de me développer personnellement et sportivement à l’université, tout en jouant au plus haut niveau amateur. Plus tard, j’espère atteindre le LPGA Tour, le circuit professionnel le plus relevé. Ce sera un défi, mais j’ai de grandes ambitions. »
Je veux d’abord finir mes études avant de poursuivre mes rêves dans le golf professionnel.
Le chemin vers Stanford
Accéder à Stanford, c’était un rêve, mais loin d’être gagné. « Je suis arrivée grâce au golf, mais ils demandent un certain niveau académique. J’ai contacté l’université et vu que j’avais une chance. J’ai postulé et avec mes notes du lycée ainsi que mon niveau au golf, tout s’annonçait possible. Ça a pris un an environ. Je savais quels critères ils appliquaient, il fallait que je donne tout à l’école et aux entraînements. Être à Stanford est un rêve devenu réalité, cela me pousse à me dépasser. »
Pour intégrer Stanford, j’ai mis tout mon effort dans les études et l’entraînement.
Dès sa première année, elle a contribué à la victoire de l’équipe féminine de golf au championnat national NCAA, un exploit. Cette saison, elles ont frôlé le titre, s’inclinant au dernier trou. Paula, qui a commencé le golf à huit ans, retient un conseil important à la fois sportif et de vie : « Peu importe le succès, il faut garder les pieds sur terre, rester humble, ne jamais oublier ses origines ni ceux qui ont aidé sur ce chemin. C’est ainsi qu’on est respecté comme athlète. »
Peu importe la réussite, gardez les pieds sur terre et l’humilité.
Elle a déjà eu la chance de jouer sur deux parcours mythiques : Augusta National et Cypress Point, sans savoir choisir entre les deux. Elle rêve d’une partie avec Tiger Woods, mais en dehors du golf, c’est Rafa Nadal qui l’inspire profondément et avec qui elle aimerait partager un moment.
Points à retenir
- Paula Martín Sampedro, malgré son jeune âge, combine talent et maturité, jouant à un niveau international tout en menant des études exigeantes.
- Le rôle d’un coéquipier ou porte-balle, souvent oublié, peut s’avérer décisif : dans ce cas précis, Paula Francisco a été un soutien mental et stratégique essentiel.
- Le golf amateur, surtout à ce niveau, demande autant de patience et de gestion mentale que de performances physiques.
- Paula semble parfaitement consciente que précipiter une carrière professionnelle sans diplôme serait un faux pas ; elle mise sur l’équilibre entre sport et éducation.
- L’accès à des universités comme Stanford n’est pas un simple coup de chance mais le fruit d’un effort constant des deux côtés : académique et sportif.
- Les références à des légendes comme Seve Ballesteros, Tiger Woods ou Rafa Nadal illustrent à la fois l’aspiration et le respect qu’elle porte à ses prédécesseurs et idoles.
Alors, que penser de cette jeune prodige du golf qui jongle entre examens, compétitions et joutes sportives majeures ? On pourrait presque croire qu’elle veut nous prouver que les 24 heures d’une journée sont un concept flexible. Mais trêve de plaisanterie, au fond, elle nous rappelle que le succès se construit souvent dans la discrétion, avec un savant mélange de travail, patience, et un soupçon d’humour – parce que rire entre deux coups, c’est quand même plus sympa que stresser à chaque swing, non ? Allez, une chose est sûre, on n’a pas fini d’entendre parler de Paula. Alors, on parie qu’elle nous fera oublier que le golf, c’est parfois un peu… long ?