Ce samedi, empreint d’une certaine monotonie typique du week-end, le parcours de Jon Rahm au LIV Chicago semblait s’essouffler. Le tournoi, qui se joue sur l’année, avait pourtant commencé sur les chapeaux de roues vendredi, notamment avec la déconfiture de Joaquín Niemann, leader du classement général. Mais un bogey dès le départ a rapidement sonné l’alarme pour le Basque, qui a ensuite enchaîné huit trous à égalité avant de retomber dans ses travers. Ses difficultés sur les greens et ses coups de fer imprécis ne lui laissaient pas beaucoup d’options intéressantes jusqu’à ce qu’entre les trous 12 et 15 du Bolingbrook Club, théâtre de son dernier succès, Rahm offre une séquence presque magique pour reprendre la tête de l’événement.
Un eagle suivi de trois birdies – dont l’un était un nouveau trou en un – ont balayé en un instant les doutes qui planaient sur Rahm. Sa réaction tardive a surpris ses adversaires qui n’ont pas eu le temps de réagir, et il a vite remonté les rangs pour s’approcher à nouveau du sommet. Repartie à zéro. Dimanche à partir de 16 heures, Rahm affrontera les 18 derniers trous du tournoi, à seulement deux coups du leader sud-africain Dean Burmester, qui affiche un score total de -9 (six sous le par).
Burmester a délogé Josele Ballester (-7), qui mène la danse depuis une bonne partie de la journée grâce à une belle qualité de jeu. Ce jeune joueur de Castellón, qui aura 22 ans en août, impressionne par son talent prometteur et, tout comme Rahm, il est ancien étudiant de l’Université d’Arizona. Ils joueront ensemble le match phare du tournoi, accompagnés de Burmester.
Rahm a rendu une carte à 67 coups, soit quatre sous le par, avec un total à -6, cherchant à mettre fin à une période creuse de onze mois sans victoire. Il a parfois semblé condamné à un dimanche compliqué, peinant à trouver son rythme. Dès le trou 2, il s’est embourbé dans le rough dense pour concéder un bogey. Puis, malgré plusieurs tentatives proches, ses putts n’ont pas trouvé la cible, notamment aux trous 5 et 9.
Malgré ses 14 greens en régulation, Rahm a manqué ses occasions habituelles de faire vibrer le public. Son passage au trou 11 a failli être fatal : après un bon drive, il a dû chipper d’une vingtaine de mètres, et sa balle est restée à quatre mètres du trou – un putt qu’il n’a pas réussi à convertir. Ce fut le point le plus bas de sa partie.
Mais Rahm s’est ressaisi, refusant de baisser les bras. Au 12, un coup sensationnel depuis 200 mètres lui a offert une chance d’eagle qu’il a parfaitement saisie. Son élan s’est prolongé au 13 avec un birdie, puis au 14 où une égalité au score l’a empêché de rééditer son eagle. Il a finalement signé un nouveau birdie au 15 en se montrant impressionnant dans le rough. Au 16, un par a suffi à éviter la catastrophe après deux mauvais coups. Au 17, un chip remarquable aurait pu faire basculer la partie, mais une nouvelle égalité au trou a tempéré ses espoirs. Rahm compte désormais quatre égalités à son actif, autant d’occasions manquées qui lui coûtent la première place. « J’ai bien joué. J’ai hâte de jouer avec Josele », a-t-il déclaré après cette performance.
Rahm a conclu sa journée en beauté, en jouant six coups sous le par sur sept trous. Un superbe dernier coup au 18 n’a malheureusement pas suffi à parfaire sa sortie, compliquée par un départ hors limite au trou 1.
De son côté, Joaquín Niemann a vécu une autre journée difficile, s’élevant à deux coups au-dessus du par et voyant sa place dans le top 24 s’éloigner à trois coups. Capable du meilleur comme du pire, l’athlète chilien pourrait jouer son va-tout dimanche, dans l’espoir de grappiller quelques points. Rahm, qui vise les 40 points attribués au vainqueur, tentera de réduire l’écart de 37 points qui le sépare du leader, afin d’aborder à armes égales la dernière étape à Indianapolis.
Points à retenir
- Jon Rahm a surmonté un départ laborieux pour terminer très fort, ce qui donne à penser que même les meilleurs ne sont pas à l’abri des journées sans.
- Le tournoi LIV Chicago, soutenu par des financements audacieux, maintient son attractivité grâce à des profils de joueurs jeunes et prometteurs.
- Les fameux trous en un et les birdies successifs du Basque montrent que dans le golf, comme dans la vie, les retournements de situation ne sont jamais loin.
- Joaquín Niemann, en dépit de ses hauts et ses bas, rappelle qu’il faut toujours compter sur les surprises de dernière minute dans ce circuit.
- L’université d’Arizona sait y faire pour former de jeunes talents prêts à briller sur la scène mondiale, que ce soit dans le golf ou ailleurs.
Alors, le golf nous démontre une fois de plus que la persévérance paie, même si ça veut dire passer par quelques trous d’eau ou se laisser piéger dans le rough. Entre égalités frustrantes et putts manqués, le suspense reste entier. Mais voyons les choses du bon côté : au moins, on ne s’ennuie pas ! Et si vous pensiez que ces compétitions manquent de rebondissements, il va falloir revoir votre jugement. Qui sait, peut-être que la prochaine bataille sur le green réservera encore quelques scènes dignes d’un thriller hollywoodien. Bon, en attendant, je vais m’entraîner moi aussi… ou pas.