Une ambiance de folie a rapidement envahi le Royal Melbourne, jeudi, avec l’arrivée de Rory McIlroy à l’Open d’Australie. Dès 6h30, deux mille fans faisaient la queue, impatients de voir le Nord-irlandais faire son premier swing dans ce prestigieux tournoi, une décennie après sa dernière participation.
Alors que l’excitation grandissait, les portes ont été ouvertes pour accueillir les spectateurs en ce jour ensoleillé et venteux. La « McIlroymania » était lancée.
La foule de spectateurs se pressait autour des greens, notamment une mère et sa fille qui, ayant infiltré la masse masculine en polos, s’étonnaient des bogeys de McIlroy, dont l’un est survenu lors de ses trois premiers trous.
Une mère, en proie à la panique, cherchait son fils Benji, l’ayant tiré de l’école pour cette “matinée spéciale”. Tandis que McIlroy réussissait son putt, de nombreux spectateurs s’éclipsaient déjà vers le prochain tee, ignorant que l’ultime putt d’Adam Scott restait à effectuer.
Les responsables de Golf Australia se remémorent avec nostalgie l’Open d’Australie de 2011 à Royal Sydney, où la foule avait atteint 100 000 personnes. Les passionnés se rappellent également des performances légendaires de Jack Nicklaus dans les années 60 et 70. Ils espèrent que cette édition redonnera ses lettres de noblesse à lOpen. Les billets pour le week-end sont déjà épuisés, et le club s’attend à dépasser le nombre de spectateurs de l’édition 2011.
Avant sa session, McIlroy a souligné l’importance historique de ce tournoi dans le calendrier des golfeurs. Bien qu’un cachet de 2 millions de dollars ait probablement influencé ses mots, il semblait sincèrement heureux d’être à Melbourne. Toutefois, il a admis préférer le parcours de Kingston Heath, qu’il considère meilleur, même si Royal Melbourne n’est pas loin du top 10 mondial.
Contrairement à d’autres stars qui se re posent après une longue saison, plusieurs golfeurs ont fait le déplacement en Australie, grâce à l’attraction McIlroy.
Ce dernier, déjà vainqueur de l’Open d’Australie en 2013, y revient comme l’une des plus grandes figures du golf, même si Scottie Scheffler reste l’un des plus constants.
Sa présence a permis à Golf Australia d’attirer Crown en tant que sponsor principal, garantissant une visibilité mondiale pour le tournoi. Lundi, il a d’ailleurs joué un trou dans cinq parcours de golf à Melbourne pour alimenter les réseaux sociaux, alors que les marquages évoquant les tramways de la ville ajoutent une touche locale à l’événement.
McIlroy attire également des talents locaux comme Cameron Smith et Min Woo Lee, qui aident le golf australien à captiver un public plus jeune. En effet, le vieillissement de la base de participants au golf représente un défi majeur pour la sport. Des figures sociales attrayantes et le succès des golfeuses telles que Minjee Lee et Hannah Green contribuent à faire perdurer l’intérêt.
Bien que Smith ait été surpris par l’affluence à son tee time matinal, Lee a souligné que c’était la plus grande foule à laquelle il ait jamais joué. Étonnamment, il a reconnu avec humour que la plupart des fans n’étaient pas là pour lui.
Pour nombre d’entre eux, l’événement tournait autour de McIlroy. Entre les cris des jeunes supporters et les distractions variées, il restait le centre de toutes les attentions, même si une question subsiste : le golf continuera-t-il d’évoluer avec sa base de fans vieillissante ?
Points à retenir
- La passion des fans pour McIlroy dépasse les simples performances sportives.
- Le tournoi pourrait bien surpasser les records de foule, mais à quel prix pour la logistique ?
- Les jeunes golfeurs cherchent une manière de se démarquer dans un milieu de compétition accroissant.
- La tension entre tradition et modernité dans le golf mérite réflexion.
Puis je me demander : combien de temps le golf continuera-t-il à séduire les jeunes dans un contexte où les loisirs évoluent ? L’immobilisme dans un monde changeant pourrait mener à des questions sur la pertinence même de ce sport. Il est impératif que le golf trouve un juste équilibre entre sa riche histoire et les exigences d’une audience moderne, tout en préservant son âme. Je reste engagé à suivre ces évolutions de près.