Open Championship à Royal Birkdale : Bryson DeChambeau s’accroche dans le sprint final
En plein dénouement, Bryson DeChambeau se retrouve presque dépourvu de marge dans le sprint final. À -5, à quatre coups du leader, huit trous restent à jouer et il n’a inscrit aucun birdie jusqu’ici. Pourtant, une lueur d’espoir persiste: en 2017, Jordan Spieth avait remonté quatre coups sur le back-nine ici pour arracher la Claret Jug. L’histoire pourrait-elle se refaire?
La troupe de Brysonites, enthousiaste, acclame l’entrée sur le par-4 numéro 11 où il sort son driver. Mais le rough de Royal Birkdale s’apprête à se montrer redoutable et à modifier le cours de la journée.
L’histoire d’un désastre débute lorsque le drive se perd dans les hautes herbes à gauche sur près de 301 yards. Le deuxième coup ne progresse que sur quelques mètres, et le troisième s’envole dans le fescue à droite. Après une longue recherche, sa progression est jugée injouable. Simultanément, il écoppe d’une pénalité d’un coup et doit revenir en voiturette sur les lieux du coup initial, à 138 yards. Le public entonne alors un chant en hommage à Rory McIlroy: « Rory ! Rory McIlroy ! »
C’est le théâtre, certes, mais la pique ne laisse pas indemne. Un triple-bogey 7 s’ensuit et signe l’arrêt de la course pour DeChambeau, laissant la paix au club et à l’organisation.
Tout cela contraste avec l’atmosphère entourant le départ quelques heures plus tôt. Malgré la controverse de vendredi autour de sa pénalité de deux coups — qui avait alimenté les débats sur le fait de “retenir” le tournoi —, l’accueil sur le parcours a été largement chaleureux. Le public était dense autour du 1er départ, avec une forte présence de jeunes et de familles; DeChambeau était accueilli par des encouragements et des plaisanteries, loin d’un accueil hostile.
De nombreuses personnes le suivent aussi sur sa chaîne YouTube, preuve que son style va au-delà des circuits traditionnels. Plutôt que de se retirer dans l’anonymat, il a continué à assumer le rôle de « joueur-contestataire » sur le terrain, sans se laisser définir uniquement par les polémiques extérieures.
À l’approche du tournant, son driver demeure capricieux: le 6e et le 7e permettent de sauver le par, mais un nouveau bogey au 8e relègue un peu plus le score. Lorsqu’il quitte Royal Birkdale, les journalistes ne retiennent que sept mots prononcés sur le départ: « Bonne nuit à tous. Merci ». Le bruit autour du 5e trou — et la manière dont cet épisode a été perçu au fil des jours — a surtout alimenté le débat autour des techniques et des réactions dans le golf moderne.
Plus tard, Scottie Scheffler a pris la parole pour rappeler son amitié de longue date avec DeChambeau, affirmant qu’il « n’est pas un tricheur » et qu’il n’a jamais vu Bryson tricher, soulignant que l’angle de vue peut prêter à confusion, mais qu’il ne croit pas à une action intentionnelle. De son côté, la R&A a précisé qu’il ne s’agissait pas d’un acte de triche, mais d’un changement involontaire des conditions de son coup dû au mouvement dans le fescue.
Cet épisode a marqué la journée par son bruit médiatique, bien plus que par la progression sportive elle-même. Le tournoi a continué, et la météo et la concurrence ont poursuivi leur cours, laissant place à une fin de journée studieuse et chargée de tensions évaluatives plutôt que de résultats spectaculaire.
Points à retenir
- DeChambeau est à -5 après huit trous restants, sans birdie enregistré jusqu’ici.
- Une succession d erreurs machine sur le 1er et le 2e trou mène à une pénalité d’un coup et à un retour de 138 yards.
- Le public soutient fortement le joueur; l’audience et l’engagement autour de sa personnalité numérique never endissent pas sa notoriété.
- Smith a déclaré que DeChambeau n’est pas un tricheur et que les angles de caméra peuvent créer des impressions trompeuses, sans accusation formelle de la part de la R&A.
- La plainte et les débats autour de cette pénalité ont dominé la couverture médiatique, mais l’épreuve sportive a continué.
En tant que témoin et narrateur de ce sport, je me demande comment ces épisodes façonnent notre façon de comprendre le fair-play et l’éthique sur le green. Le golf est peut-être plus riche quand il accepte une part d’imprévu et de controverse, tant que l’analyse reste claire et mesurée.
En définitive, cet Open rappelle que le golf n’est pas qu’un concours de précision; c’est aussi un théâtre où les gestes, les règles et les réseaux sociaux cohabitent pour écrire l’histoire. Je continue d’observer, d’expliciter les enjeux et d’apporter à nos lecteurs une information rigoureuse et nuancée, sans sensationalisme, avec un regard engagé sur le sport et ses codes.